8.38-39
Dans ces derniers versets, selon la note de la Traduction œcuménique de la Bible « Paul énumère une liste de forces (angéliques, démoniaques, astrologiques) considérées comme pouvant être hostiles à l’homme ». La liste de Rom 8.38 continue en Rom 8.39 avant de répéter l’un des thèmes principaux de cette section : « rien ne pourrait nous séparer de l’amour de Dieu manifeste en Jésus-Christ… » Dans la majorité des versions, Rom 8.38 termine par une virgule et la pensée se termine à la fin de Rom 8.39.
Oui, j’en ai l’assurance : est litt. en grec « car je suis convaincu que… » La conjonction γάρ gar peut introduire une raison (Nouvelle Bible Segond, « car ») ou servir d’une particule d’emphase. C’est pourquoi plusieurs versions ont Oui : « Oui, j’ai la certitude que » (Bible en français courant), et « Oui, j’en suis sûr » (Parole de Vie). La conjonction grecque (ὅτι hoti) rendue par « que » dans certaines versions, introduit le contenu de cette certitude. Dans d’autres versions, la conjonction est, par contre, représentée par les deux points, comme dans la Traduction œcuménique de la Bible. La Bible en français courant (et la Good News Bible) anticipe sur ce qui suit en Rom 8.39 en introduisant « que rien ne peut nous séparer de son amour » (Bible en français courant). Il y a plusieurs manières de rendre le verbe en avoir l’assurance. L’expression choisie doit exprimer une certitude forte.
La liste contient certaines paires de mots opposés, en commençant par la vie et la mort. Selon Rom 5.12, Rom 5.14, la mort est entrée dans le monde comme conséquence du péché d’Adam et peut donc être considérée comme une puissance hostile. Mais les croyants mettent leur espérance en Jésus-Christ, qui a vaincu la mort (1 Cor 15.54-57). Dans ce contexte, le mot vie évoque tout ce qui, dans l’existence humaine, peut mettre à l’épreuve la foi des croyants. Les traducteurs devront réfléchir sur la façon d’introduire ces noms. La Traduction œcuménique de la Bible reflète bien le grec ni la vie ni la mort, qui peut servir de modèle.
ni les anges ni les dominations représentent toute la gamme de pouvoirs spirituels. C’est la première fois que le mot anges apparaît dans cette lettre. Les anges, en grec, ἄγγελος angelos sont les envoyés ou messagers de Dieu. Rien n’est dit dans le Nouveau Testament sur l’aspect physique de ces créatures. Ils apparaissent souvent aux humains en rêve (Matt 1.20). Ils servent le Seigneur et font sa volonté (Matt 13.41). Par le passé, ils ont aidé Jésus-Christ (Matt 4.11) et de tout temps, ils s’opposent aux œuvres de Satan. Certaines langues utilisent des mots d’emprunt pour désigner les anges, mais dans d’autres on parle des « envoyés de Dieu ». Les traducteurs devraient, cependant, veiller à ce que la traduction du mot « ange » soit distincte de celle du mot « apôtre », car les deux ternes communiquent le sens d’« envoyés de Dieu ». Les dominations se rapporte aux puissances ou autorités célestes. Paul ne qualifie pas celles-ci mais il semblerait qu’il s’agisse de l’opposé des anges, donc des forces spirituelles mauvaises et invisibles dont on estimait qu’elles pouvaient avoir une influence négative sur la destinée des humains. En citant ces deux sortes de forces spirituelles, Paul insiste sur le fait qu’aucune de ces créatures ne peuvent nous séparer de l’amour de Dieu ( Rom 8.39).
ni le présent ni l’avenir : selon Viard (p. 198), il s’agit probablement de « réalités présentes et futures (qui) représentent l’ensemble des forces qui, tout au long de la vie présente, pèsent et peuvent encore peser sur les croyants pour les détourner de Dieu ». On pourrait dire, « ni aujourd’hui ni demain », ou plus précisément, « ni les choses d’aujourd’hui, ni celles de demain ».
ni les puissances : il s’agit du dernier mot du verset, mais la pensée continue en Rom 8.39. Ce mot grec, δύναμις dunamis, parle de ceux qui « ont un pouvoir » (Parole de Vie). Certains préféreront rattacher ce mot aux anges et dominations.
Dans certaines langues, on pourrait restructurer tout le verset pour dire « Car je suis certain que rien ne peut nous séparer de celui qui nous aime : que nous mourions ou que nous vivions, cela ne fait pas de différence ; les anges, les autorités et les puissances célestes ne peuvent nous séparer de cet amour. Ce qui arrive maintenant ou ce qui arrivera à l’avenir ne pourrait non plus jamais nous en séparer ».
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
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