Dans les versets précédents, Paul a traité de l’analogie et du contraste entre Adam et le Christ. Adam a introduit le péché dans le monde et a été responsable de la chute de l’humanité. Par contre, le Christ, par sa mort, a ouvert le chemin pour l’être humain d’être justifié. Il a rendu ainsi possible le salut de l’humanité. La question qui se pose maintenant est la suivante : quel rôle la loi joue-t-elle dans ce processus ?
La loi, elle, est intervenue : il y a une légère rupture exprimée par la conjonction δέ de en grec. La Traduction œcuménique de la Bible essaie d’exprimer ceci par un petit arrêt : la loi, elle,… Pour la loi, voir Rom 2.12. Il s’agit de la Loi de Moise.
est intervenue rend le verbe grec παρεισέρχομαι pareiserchomai. Leenhardt dit en note (p. 87) « la loi… n’était pas prévue dans le plan originel de Dieu ; c’est la désobéissance d’Adam qui a rendu nécessaire sa promulgation ». Ainsi on pourrait dire « La Loi s’est introduite… », presque d’une manière furtive. Le terme a été spécialement choisi pour montrer, d’une part, que la loi a un statut inférieur : elle n’a pas été donnée avant l’époque de Moïse, et la venue du Christ a signifié la fin de son rôle (voir aussi Rom 4.13 ; Gal 3.24). Si nécessaire, on pourrait dire « Dieu a introduit la loi ».
pour que prolifère la faute : selon Paul, la raison pour laquelle la loi est intervenue est pour que la faute soit évidente. La loi a « multiplié » le péché en révélant quelles étaient les mauvaises actions. Mais à côté de ceci, la loi suscitait dans l’esprit des gens le désir de se révolter contre ses commandements. Voir à ce sujet Rom 7.17. proliférer parle d’une augmentation de la faute.
mais là où le péché a proliféré, la grâce a surabondé : Paul commence cette proposition par une conjonction de contraste léger δέ de, que la Traduction œcuménique de la Bible et beaucoup de versions rendent par mais. Le mot péché remplace ici le mot faute, presque comme synonyme. Le verbe proliféré est répété. La fonction de la loi s’est réalisée en « multipliant le péché » ou « les fautes ». Dans certaines langues, on sera obligé de parler des gens qui pèchent, c’est-à-dire, « pour que les gens fassent plus de mal ».
Mais parallèlement à l’augmentation du péché, la grâce de Dieu a aussi augmenté. Le verbe surabonde rend un verbe apparenté aux verbes précédents, mais précédé du préfixe ὑπέρ huper, qui rend le sens de surabondance. Les traducteurs pourront rendre la phrase naturellement dans leur langue, par exemple, « la grâce de Dieu a été bien plus abondante encore » (Bible en français courant).
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
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