livrée au pouvoir du néant : la Traduction œcuménique de la Bible présente cette proposition comme étant dépendante, mais la phrase est indépendante en grec, litt. « Car à la vanité la création a été soumise ». La conjonction grecque γάρ gar est omise dans la Traduction œcuménique de la Bible, mais celle-ci est rendue par « Car » dans plusieurs versions (Bible en français courant, Segond Révisée, La Bible du Semeur) et « En effet » dans d’autres (Nouvelle Bible Segond, Osty-Trinquet). Cette conjonction établit une relation de cause à effet entre Rom 8.19, une relation qui pourrait être exprimée dans la traduction. Notez bien que la Traduction œcuménique de la Bible met deux points à la fin du Rom 8.19, ce qui semble rendre γάρ gar ici.
livrée rend un verbe qui signifie « soumettre à ». Voir « a été soumise » (Segond Révisée, Nouvelle Bible Segond, La Bible du Semeur, Osty-Trinquet) ou « fut assujettie » (Bible de Jérusalem). La Bible en français courant et la Parole de Vie utilisent une expression dynamique, disant que la création « est tombée sous le pouvoir de forces qui ne mènent à rien ». Les commentateurs y voient une allusion à Gen 3.17 où Dieu maudit le sol à cause du péché d’Adam. Dans ce cas, on pourrait dire « Car Dieu l’a livrée… » ou « a laissé tomber la création sous le pouvoir de forces qui ne mènent à rien ».
au pouvoir du néant : le mot rendu par néant (ματαιότης mataiotês) est mis en relief au début du verset. Certains le rendent par « vanité » (Segond Révisée, Bible de Jérusalem, Osty-Trinquet), et d’autres par « futilité » (Nouvelle Bible Segond). Dans le NT, ce terme n’apparaît qu’ici et en Éph 4.17 (« intelligence futile ») et en 2 Pi 2.18. Par contre, dans l’ancienne version grecque de l’AT (Septante), l’adjectif de même racine (ματαιός mataios) est souvent utilisé en rapport avec les idoles païennes ou les faux dieux. La Parole de Vie parle de « forces qui n’ont aucune valeur ». Beaucoup de langues auront un mot pour parler d’un élément qui ne vaut rien.
non de son propre gré se rapporte à la création, exprimant le fait qu’elle n’a pas pu ou voulu se soumettre.
mais par l’autorité de celui qui l’a livrée est litt. « mais à cause de celui (la) soumettant », commençant par la conjonction de contraste fort ἀλλά alla, mais. Au lieu d’insérer cette proposition entre tirets (comme la Traduction œcuménique de la Bible), la majorité des versions lient ces mots à ce qui précède.
livrée par l’autorité de celui : l’identification du référent du pronom celui pose un problème pour les traducteurs et les exégètes. Certains y voient une référence à Adam ou à l’homme en général, qui, en raison de sa faute, est responsable de cette situation. D’autres pensent à Satan. Cependant, la plupart des commentateurs pensent que celui renvoie à Dieu, ce qui est rendu explicite dans plusieurs versions (Bible en français courant, Parole de Vie, Good News Bible, Die Gute Nachricht). Voir aussi la note de la Traduction œcuménique de la Bible : « Il s’agit sans doute de Dieu (cf. Gen 3.17) ». On pourrait dire « ce n’est pas ce que la création a voulu, mais c’est ce que Dieu a décidé » ou « ce n’est pas ce que la création a décidé, mais ce que Dieu a décidé ».
elle garde l’espérance rend deux mots en grec, « avec l’espérance », mais dans plusieurs langues il va falloir rendre explicite qui espère. Ainsi la Traduction œcuménique de la Bible dit elle (la création). Il reste aussi à déterminer le rapport de cette proposition avec son contexte. Quelques versions mettent un point après « à cause de celui qui l’a soumise » (Bible en français courant, La Bible du Semeur, Parole de Vie, Good News Bible), en reliant l’idée d’espérance directement à ce qui suit en Rom 8.21. La Traduction œcuménique de la Bible va dans ce sens, introduisant une précision qui sera apportée dans le verset suivant. Mais d’autres versions relient « avec une espérance » directement à ce qui précède en disant, par exemple, « par la volonté de celui qui l’y a soumise dans l’espérance » ou « …avec une espérance ». Plusieurs versions terminent par les deux points pour introduire le verset suivant. Il y a plusieurs manières d’exprimer l’idée ici : « Toutefois la création garde une raison d’espérer », « Pourtant, il y a encore de l’espoir pour ce monde » (Parole de Vie), « Il [Dieu] lui a toutefois donné une espérance », (La Bible du Semeur).
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
Leave a Reply
You must be logged in to post a comment.