8.12-17
Un autre paragraphe commence, marqué par deux conjonctions ἄρα οὖν ara oun, et le vocatif frères. Dans cette section, Paul souligne le fait que nous sommes enfants de Dieu, tout en gardant les oppositions importantes entre l’Esprit et la chair, la vie et la mort. La Bible de Jérusalem y voit une autre division, un paragraphe constitué de Rom 8.12, et un autre de Rom 8.14 à Rom 8.17.
Avec les mots Ainsi donc (Ἄρα οὖν ara oun) Paul introduit une conclusion à son argumentation présentée en Rom 8.1. Il utilise les mêmes mots pour clore sa discussion en Rom 7.25. Les traducteurs devraient trouver une manière de marquer celle-ci. La Parole de Vie dit « C’est pourquoi », mais Ainsi donc semble mieux convenir ici. Paul veut insister sur le devoir des croyants de ne plus mener une vie dominée par leur « propre nature ».
frères, nous avons une dette : au début de ce nouveau paragraphe, Paul interpelle ses lecteurs-auditeurs, en disant frères, voir Rom 1.13. Paul réagit à ce qu’il vient de dire. Dieu a agi en notre faveur. Il dit que les chrétiens (un nous inclusif) ont une dette envers Dieu, ou, considérant ce qui précède, à l’Esprit de Dieu. Le mot une dette rend un mot qui parle de quelqu’un qui doit une dette financière (Matt 18.24) ou quelqu’un qui a offensé un autre et lui doit quelque chose (Matt 6.12). Dans le contexte de ce verset, Paul utilise le mot au sens figuré pour parler de nos « obligations », (Bible en français courant). Certaines versions (Nouvelle Bible Segond, Bible de Jérusalem) parlent des croyants qui sont « débiteurs » à l’égard de l’Esprit de Dieu.
mais non envers la chair pour devoir vivre de façon charnelle : le verset dit litt. « nous sommes débiteurs non à la chair pour vivre selon la chair ». La Traduction œcuménique de la Bible ajoute « mais » ici. En grec, le mot « chair » se trouve deux fois et désigne dans les deux cas la « nature humaine ». La Bible en français courant réduit la répétition en disant « nous avons des obligations, mais non envers notre propre nature pour vivre selon ses désirs ». Dans de nombreuses langues, il va falloir reformuler, par exemple, « Nous avons une dette/obligation mais cette dette/obligation n’est pas envers nous-mêmes… »
pour vivre de façon charnelle (litt. « vivre selon la chair ») : étant donné ce que Dieu a fait pour nous, Paul exclut la possibilité de continuer de vivre « pour la chair ». On sera tenté de rendre explicite le contenu de notre dette (« nous devons vivre comme l’Esprit de Dieu nous dit de le faire et non pas comme désire notre propre nature ». Mais si possible, il vaut mieux suivre le texte, car Paul développera son argument par la suite. On pourrait parler de « nos désirs humains » mais il est bon d’être systématique et rendre le terme clé « chair » d’une même manière là où c’est possible.
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
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