Comme en Rom 2.8, la source de la punition n’est pas rendue explicite, mais le texte désigne qui subit l’action (tout homme). Mais il est évident que, pour Paul, Dieu est derrière chacun de ces faits. Certaines versions ont ajouté « Dieu » en disant « Dieu enverra détresse et… » ou « Dieu frappera de souffrance… », mais si possible, il vaut mieux suivre le texte tel quel.
Détresse et angoisse présente une autre série de noms, une liste qui continuera jusqu’en en Rom 2.10. Détresse est une affliction d’une souffrance extrême. Dans les Évangiles il est souvent associé au mot « persécution » (Matt 13.21). Il décrit aussi la situation terrifiante à la fin du monde (Matt 24.21).
angoisse rend un mot plutôt rare qui ne se trouve que dans les écrits de Paul ( Rom 8.34 ; 2 Cor 6.4 ; 12.10). Il renvoie à ce qui serre, comme un endroit où il est difficile de passer, et par extension il exprime les troubles ou les difficultés. Les traducteurs chercheront deux expressions et si cela n’est pas possible, ils devront combiner ces notions. La traduction de la Parole de Vie « malheur et peur » n’est pas très exacte. Les traducteurs pourraient certainement trouver des mots plus précis.
pour tout homme qui commet le mal est litt. « pour toute âme d’homme commettant le mal ». « Toute âme d’homme » est une façon sémitique de désigner tout être humain. L’expression a une valeur collective, rendue par le pluriel dans la Bible en français courant et la Parole de Vie : « tous ceux qui font le mal ». Le verbe commettre (κατεργάζομαι katergazomai) signifie « faire » dans le sens d’« accomplir », sous-entendu en produisant des effets. La Nouvelle Bible Segond dit « qui produit le mal ».
Le mot κακός kakos, le mal décrit toutes sortes de maux : moraux, psychologiques et physiques. C’est l’opposé de « bon », en attitude et en acte.
pour le Juif d’abord et pour le Grec : les singuliers Juif et Grec ont une valeur collective, d’où le pluriel dans plusieurs versions. Voir Bible en français courant, Parole de Vie.
Pour Juif… Grec, voir Rom 1.16. Les mots d’abord et ne devraient pas être compris au sens d’une succession chronologique, comme si les Juifs devaient souffrir d’abord, et les non-Juifs plus tard, ou comme si les Juifs étaient les premiers à faire le mal, et les non-Juifs ensuite. Ce que le texte met en évidence est sans doute un rappel de la priorité adoptée par Dieu dans sa révélation historique à l’humanité : il a commencé par les Juifs, puis il a étendu sa révélation à tous les êtres humains. Tout en utilisant cette expression, Paul met en valeur « l’égalité devant Dieu de tous les croyants, Juifs et Grecs… » (Viard, p. 74).
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
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