Paul introduit son raisonnement avec deux conjonctions grecques, ἄρα οὖν ara oun « ainsi donc » que la majorité des versions rendent par Donc ou « Si donc ». Le reste de la proposition est constitué d’un participant verbal et d’un nom « vivant du mari », ainsi « Si donc, du vivant de son mari » (Segond Révisée, Nouvelle Bible Segond).
elle appartient à un autre, elle sera appelée adultère : en grec, les propositions sont inversées, mais elles peuvent être ordonnées selon ce qui convient dans la langue cible. elle appartient à un autre est litt. « si elle devient à un autre homme ». On pourrait dire, « (si) elle devient la femme d’un autre homme » (Bible en français courant, Segond Révisée, Nouvelle Bible Segond, Parole de Vie), « si elle vit avec un autre homme » (Good News Bible), « si elle se donne à un autre » (Die Gute Nachricht), etc. selon les expressions idiomatiques dans la langue des traducteurs. Paul parle en termes généraux ici et il vaut mieux suivre le texte que d’être trop spécifique.
elle sera appelée adultère : il s’agit d’un passif qui, dans beaucoup de langues, sera exprimé par un passif impersonnel : « on la considère comme adultère » (Bible en français courant), « on la dira adultère » (Nouvelle Bible Segond).
En grec, le mot adultère est un adjectif féminin, mais dans plusieurs langues, on dira « ils l’appelleront une femme adultère ». Dans la majorité des langues, il y a plusieurs expressions idiomatiques qui pourront servir. Les traducteurs devront chercher un terme qui convient aux circonstances, en évitant des expressions trop grossières.
mais, si le mari vient à mourir cette deuxième partie est aussi introduite par deux conjonctions ἐάν δὲ ean de, « si mais ». Dans certaines langues, il est bon de marquer le contraste comme la Traduction œcuménique de la Bible le fait.
si le mari vient à mourir est simplement en grec « si le mari meurt ». Mais dans certaines langues, des expressions plus longues conviendront : « s’il arrive que le mari meurt ». La Parole de Vie reformule autrement « mais en cas de mort du mari ».
Pour elle est libre à l’égard de la loi, voir Rom 7.2. On pourrait dire « elle est libérée de la loi » (Segond Révisée, Nouvelle Bible Segond) ou « elle est légalement libre ». On pourrait aussi rendre explicite, « elle est libérée de la loi qui la liait à lui ».
en sorte qu’elle ne sera pas adultère en appartenant à un autre : la Traduction œcuménique de la Bible introduit une conjonction de subordination en sorte que qui n’est pas en grec. Dans le texte, il s’agit d’une phrase indépendante, litt. « elle n’est pas adultère en appartenant à un autre mari ». Dans plusieurs langues, les propositions seront inversées : « et si elle se lie à un autre mari (ou devient la femme d’un autre homme), elle ne sera pas adultère ». On pourrait aussi dire « Et si elle devient la femme d’un autre homme, on ne la considéra pas comme une femme adultère ».
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
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