3.9-20
La Traduction œcuménique de la Bible ne divise pas le texte ici, mais la Bible en français courant choisit de mettre un sous-titre, Personne n’est juste, qui anticipe sur la citation de l’AT qui suit ( Rom 3.10). Les traducteurs pourront opter pour la division du texte qui convient le mieux dans leur langue.
Mais quoi ? est litt. « Quoi donc ? » (Nouvelle Bible Segond, Bible de Jérusalem, Osty-Trinquet). Cette formule de transition est typique du procédé du genre littéraire, diatribe, une « forme de dialogue » (Michel, p. 84) engagée avec des interlocuteurs supposés. Voir aussi « Quoi donc ? » ou « Que dirons-nous donc ? » ( Rom 3.1) et aussi Rom 4.1 ; Rom 6.1, Rom 6.15 ; Rom 7.7 ; Rom 8.31 ; Rom 9.14, Rom 9.19, Rom 9.30 ; Rom 11.7. La La Bible du Semeur propose une expression plus longue : « Que faut-il donc conclure ? » qui semble un peu trop formelle dans ce contexte.
avons-nous encore, nous Juifs, quelque supériorité ? : le grec exprime par un seul verbe ce que la Traduction œcuménique de la Bible traduit en sept mots et la Bible en français courant en huit mots, litt. « excellons nous ». Voir Rom 3.1. L’expression grecque peut être comprise de trois façons différentes. À l’actif, elle peut signifier « avons-nous… [une] supériorité », « sommes-nous… supérieurs » (Traduction œcuménique de la Bible, Bible en français courant). Mais la forme du verbe peut aussi être celle du passif en grec, ainsi « sommes-nous surpassés », c’est-à-dire, « sommes-nous dans une position inférieure », une interprétation qui n’est presque jamais adoptée. Une dernière possibilité serait de voir dans le verbe le sens de « prétexter », en faisant de « Quoi donc » le complément de ce verbe, ce qui donnerait, selon certains, « Quelle excuse pouvons-nous présenter ». Cependant, ces dernières suggestions sont peu probables et il est recommandé de suivre l’interprétation de la majorité, par exemple, « Nous Juifs, sommes-nous dans une meilleure situation que les non-Juifs ? » Comme en Rom 3.1, il vaut mieux éviter le mot « supérieur » et parler plutôt d’« avantage ».
nous Juifs est sous-entendu dans le texte original mais plusieurs versions le rendent explicite.
Absolument pas, litt. « non tout », réponse à la question que Paul pose. On pourrait dire « Pas du tout » (Bible en français courant, Bible de Jérusalem, La Bible du Semeur, Parole de Vie) ou « Certes non ». Voir aussi Rom 3.4, où une expression similaire est utilisée.
Car nous l’avons déjà établi : tous, Juifs comme Grecs, sont sous l’empire du péché. Paul a déjà évoqué les avantages d’être Juif, y compris le fait que Dieu leur a confié sa loi et ses promesses ( Rom 3.2). Mais maintenant il montre quelque chose qui unifie les Juifs et les non-Juifs : le fait que tous, Juifs comme Grecs, sont sous l’empire du péché.
Car nous l’avons déjà établi : la phrase commence par gar qui semble introduire une raison. Comme en Rom 2.8, Paul utilise probablement le pluriel nous pour se désigner lui-même. Il a établi les faits qui précèdent. Certaines versions disent « J’ai déjà démontré » (Bible en français courant).
Le verbe établi ne se trouve qu’ici dans tout le NT. Il veut dire « démontrer d’avance », ainsi, « Nous avons, en effet, déjà démontré… » (La Bible du Semeur) ou « puisque nous venons de prouver » (Osty-Trinquet). Quand Paul dit qu’il l’a déjà établi, il parle de ce qu’il a dit dans ses propos figurant en Rom 1.18– Rom 2.24.
tous, Juifs comme Grecs, sont sous l’empire du péché : en parlant des deux groupes : les Juifs et les Grecs, Paul pense certainement à la distinction Juif et non-Juif. Voir Rom 1.14, Rom 1.16. Ces deux groupes, c’est-à-dire l’humanité réunie, sont litt. « sous péché ». Beaucoup de versions suivent l’image en grec qui présente une personne comme « sous la domination » (Bible en français courant) ou sous l’empire du péché (Traduction œcuménique de la Bible). La Parole de Vie utilise une expression idiomatique qui rend bien l’idée : « sont tous sous le pouvoir du péché ». Si ce type d’expression n’existe pas dans la langue cible, on pourrait opter pour d’autres expressions, par exemple, « le péché domine tous les gens, les Juifs comme les non-Juifs ». C’est la première fois que le nom péché apparaît dans cette lettre, mais pour le verbe, voir Rom 2.12. Dans beaucoup de langues, il faudra parler de « faire le mal » ou du « désir du faire le mal ».
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
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