15.1-13
Ce passage est directement lié à ce qui précède. Paul continue sa discussion sur ceux qui sont forts et ceux qui sont faibles dans la foi. Certains manuscrits anciens placent la louange de Dieu, c’est-à-dire, la doxologie de Rom 16.25 à la fin du Rom 14.23. Ceci laisse entendre que certaines copies s’achevaient à Rom 14.23. La Good News Translation mentionne cette variante en note, mais adopte le texte sans la doxologie à cet endroit. En effet, étant donné que Rom 15.1 suit de près ce qui est dit dans la section précédente, il est préférable de considérer qu’à l’origine la doxologie ne figurait pas à la fin du ch. 14.
La Traduction œcuménique de la Bible n’a pas de sous-titre pour Rom 15.1, tandis que la Bible en français courant propose pour ces versets Plaire à son prochain et non à soi-même. Si les traducteurs désirent mettre un sous-titre, ils pourraient dire « Chacun doit plaire aux autres et non à soi-même » ou « Chacun doit agir pour le bien des autres ». Mais étant donné que Rom 15.1 parle de la responsabilité des forts de porter les faibles, ce texte est étroitement lié aux passages précédents et un sous-titre n’est vraiment pas nécessaire.
Ce nouveau paragraphe débute par la conjonction δέ de que la Traduction œcuménique de la Bible traduit par Mais. Cependant, plusieurs versions omettent ce qu’elles considèrent comme une simple transition. Le changement de la troisième ( Rom 14.23) à la première personne nous ( Rom 15.1) indique aussi le début d’un nouveau paragraphe.
c’est un devoir pour nous, les forts : le grec a « nous les forts sommes obligés de porter l’infirmité… » Le nous est inclusif. Paul s’intègre dans le groupe de ceux qui sont forts dans la foi.
les forts sous-entend « forts dans la foi » (Bible en français courant). Mais on n’est pas obligé de rendre explicite cette idée car le contexte rend le sens assez clair. La Parole de Vie dit « Nous qui sommes forts, nous devons… ». La Nouvelle Bible Segond reformule la proposition comme une condition : « Si nous sommes forts, nous devons… »
de porter l’infirmité des faibles : le verbe grec pour porter renvoie d’abord à l’acte de porter un objet physiquement. Le verbe se trouve, par exemple, en Jean 19.17, à propos de Jésus qui porte sa croix. Ailleurs il a un sens figuré : « Portez les fardeaux les uns des autres » (Gal 6.2). Ici aussi le sens est figuré. Selon la note de la Traduction œcuménique de la Bible, porter l’infirmité signale qu’on est en train d’aider ces gens « à porter leurs faiblesses ». Le mot infirmité a aussi un sens figuré, se référant non pas à une infirmité physique, mais à une « faiblesse spirituelle ». La Parole de Vie parle de « porter la faiblesse de ceux qui n’ont pas cette force », renvoyant à leur foi. D’après certains, le sens est que les forts devraient « prendre à cœur les hésitations de celui qui est faible dans la foi », mais d’autres y voient un autre sens : « nous devons aider les faibles à porter leurs fardeaux » (Good News Bible). Le but ultime est de faire en sorte que les faibles persévèrent dans la foi.
et de ne pas rechercher ce qui nous plaît est litt. « et non nous-mêmes plaire ». Plusieurs versions commencent une nouvelle phrase : « Nous ne devons pas rechercher ce qui nous plaît » (Bible en français courant).
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
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