Qohéleth souligne sa recherche intense et infructueuse en disant « ce que mon être (נֶפֶשׁ nèfèš) a encore cherché encore et je n’ai pas trouvé ». Le texte qui suit explique plus précisément ce qu’il cherche. L’utilisation du mot נֶפֶשׁ nèfèš renforce l’ardeur de ses recherches. Qohéleth y met tout son être ou, dans certaines langues, tout son cœur. Mais la majorité des versions modernes rendent le mot נֶפֶשׁ nèfèš par le pronom « je », ce qui est acceptable, mais atténue cette déclaration. Pour chercher, voir Ecc 3.6, et surtout 7.25.
Maintenant Qohéleth met au clair ce qu’il a cherché et trouvé :
Un homme sur mille, je l’ai trouvé,
mais une femme parmi elles toutes,
je ne l’ai pas trouvée.
Qohéleth cherche, semble-t-il, une personne digne de confiance, mais il est bien déçu. Après toutes ses recherches, il déclare ne trouver qu’un homme sur mille digne de respect – et aucune femme ! Le chiffre un qualifie le mot אָדָם ʾâdâm, ce qui justifie « un seul être humain ». La Nouvelle Français courant propose « J’ai découvert un être humain sur mille digne de ce nom, mais sur ce nombre, pas une seule femme ».
Bien que Qohéleth ne rende pas explicite quelle qualité il est en train de chercher chez ces personnes, beaucoup de versions parlent d’un homme « digne de ce nom » (Bible en français courant, Parole de Vie). Bien sûr, Qohéleth est en train d’exagérer ici, et dans le verset prochain, il déclarera que tout être humain est « tordu ».
En fait, Beaucoup prennent ces propos comme misogynes, c’est-à-dire, contre les femmes. Nous ignorons sur quel ton Qohéleth aurait prononcé ces propos. L’homme qui se met à la place de Solomon avec tant de femmes, est-il sarcastique ou ironique ? Certains proposent qu’il est en train de faire de l’humour « entre hommes », comme les jeunes hommes semblent son audience principal. Romerowski (354) remarque à propos de ce verset : « Les hommes ont tendance à chercher la femme idéale, alors qu’ils se contentent d’un homme un peu moins idéal comme ami… Notre sage dira plus loin : “jouis de la vie avec ta femme” [9.9] ». Alors même si ces propos sont gênants pour certains, les traducteurs devraient les rendre tels quels.
Source: Zogbo, Lynell. L’Ecclésiaste – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
