Comme ce qui précède, ces vers soulignent que Dieu est souverain. Rappelant le poème en Ecc 3.1 (« un temps pour toute chose »), Qohéleth exprime sa croyance que c’est Dieu qui a fait les bons et les mauvais jours. Il répète aussi l’idée déjà évoquée en Ecc 3.11 que l’être humain est limité dans ses connaissances, surtout quant à l’avenir.
Qohéleth présente deux propositions grammaticalement parallèles :
Au jour du bonheur, sois heureux,
et au jour du malheur, regarde.
La première ligne présente une sorte de jeu de mots, litt. « Au jour du bien (טוֹבָה ṭôvâh), sois dans le bon (טוֹב ṭôv) ».
Dans la deuxième ligne, l’opposé du bonheur, le רָעָה râʿâh, malheur, figure. L’impératif ראה rʾh, regarde, correspond à l’impératif sois heureux dans le premier vers. Ce verbe apparaît aussi en Ecc 7.13. Dans ce contexte, il semble avoir le sens de « réfléchis ».
celui-ci autant que celui-là, Dieu les a faits de façon que l’homme ne puisse rien découvrir de ce qui sera après lui : d’une manière assez emphatique, Qohéleth déclare que c’est Dieu qui a fait le jour de bonheur (celui-ci) ainsi que le jour du malheur (celui-là).
Le dernier vers dit que הָאֱלֹהִים hâʾèlôhîm, Dieu a fait ces jours pour que הָאָדָם hâ-ʾâdâm, l’être humain, « ne puisse pas trouver après lui quelque chose », de façon que l’homme ne puisse rien découvrir de ce qui sera après lui. Voir Ecc 3.22 et Ecc 6.12. Qohéleth croit que Dieu a mis des limites à ce que l’être humain peut connaître dans cette vie, surtout en ce qui concerne l’avenir. Et il semble encourager les gens à accepter le fait que dans cette vie, il y a les bons et les mauvais jours. En effet, cette pensée rejoint ce que Job a dit à sa femme : « Nous acceptons le bonheur comme un don de Dieu. Et le malheur, pourquoi ne l’accepterions-nous pas aussi ? » (Job 2.10).
7.15-22
Qohéleth change de thème et comme c’est souvent le cas dans ce livre, un nouveau paragraphe ou une nouvelle strophe est marquée par une longue proposition avec l’expression j’ai… vu. Plusieurs thèmes et mots clés reviennent : juste, justice, méchant, « mal », sage, insensé, bon, sagesse.
Dans cette section, Qohéleth utilise une combinaison d’affirmations, de conseils à l’impératif, et de questions rhétoriques. Le ton intime de la section précédente où Qohéleth s’adresse à son auditeur directement à la deuxième personne du singulier continue ici.
Source: Zogbo, Lynell. L’Ecclésiaste – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
