Commentaire sur la traduction de l'Ecclésiaste 7.13

Il y a un changement de thème assez brusque ici. Si ces propos sont présentés en lignes poétiques, on pourrait peut-être laisser une ligne vide entre Ecc 7.12 et Ecc 7.13. Les propos ici sont constitués d’un impératif suivi d’une question rhétorique.

Regarde l’œuvre de Dieu est litt. « vois l’œuvre de Dieu ». Pour œuvre de Dieu, voir Ecc 3.11, qui explique que les êtres humains ne peuvent jamais arriver à tout comprendre concernant cette œuvre. Pour Dieu, voir Introduction au commentaire de traduction de l’Ecclésiaste.

Qui donc pourra réparer ce qu’il a courbé ? : cette question est introduite par la conjonction כִּי kî en hébreu. Beaucoup de versions l’omettent dans la traduction, mais elle semble exprimer une emphase : « En effet ». La racine תקן tqn, a le sens ici de « redresser », un acte qui « rendra droit » un objet qui est courbé ou tordu. Il renvoie à Dieu qui pourrait être rendu explicite si nécessaire. La Traduction œcuménique de la Bible met une lettre majuscule au pronom, mais cela ne correspond à rien dans le texte hébreu.

Comme c’est souvent le cas avec les questions rhétoriques, les traducteurs sont libres de les exprimer sous une autre forme dans la langue cible. Ainsi on pourrait dire « Ce qui Dieu a courbé, personne ne peut le redresser ».

Cette maxime met en exergue la souveraineté de Dieu, son autorité sur sa création et l’impuissance de l’homme face aux actes de Dieu. Il est difficile de cerner le rôle de ces propos dans le texte plus large, mais on note que dans ce qui suit, Qohéleth utilise le même vocabulaire : regarde (« vois ») et l’expression « ce que Dieu a fait ».

Source: Zogbo, Lynell. L’Ecclésiaste – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

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