Il est difficile de voir un lien entre ce que Qohéleth vient de dire (Ecc 6.7) et ce qui suit. Il revient sur la question de l’avantage que pourrait avoir un homme sage par rapport à un insensé. En posant cette question, Qohéleth affirme que le sage n’a pas d’avantage sur le sot. La Traduction œcuménique de la Bible dit « qu’a de plus le sage que l’insensé ? ». Mais en hébreu le mot יוֹתֵר yôtér, pourra bien être rendu par le mot « avantage », comme dans Parole de Vie : « Quel avantage le sage a-t-il sur le sot ? »
Pour des idées similaires et les termes sage et insensé, voir Ecc 2.14.
Qohéleth considère maintenant le sort du pauvre : qu’a le pauvre qui sait aller de l’avant face à la vie ? L’hébreu dit « et quoi pour le pauvre sachant aller devant les vivants ? » Il y a une ellipse ici, et dans beaucoup de langues, il faudrait répéter le mot avantage, « quel avantage a un pauvre… ? »
« sachant pour marcher devant les vivants » signifie savoir comment se comporter dans la vie. Un pauvre peut avoir beaucoup de connaissances mais cela ne l’aide pas forcément à sortir de sa pauvreté. Encore une fois, la question rhétorique pourrait être exprimée comme une affirmation forte : « Savoir se conduire dans la vie ne profite pas (non plus) à l’homme pauvre ».
C’est la seule fois dans ce livre que Qohéleth utilise le mot עָנִי ʿanî, pauvre, l’opposé de l’homme riche, mais il emploie plusieurs synonymes ailleurs. Voir, par exemple, Ecc 4.13 ; Ecc 5.7 ; Ecc 9.15.
Source: Zogbo, Lynell. L’Ecclésiaste – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
