Bien que la Traduction œcuménique de la Bible groupe 10.4-7 ensemble, il y a un changement de personne et de thème : Qohéleth parle d’un autre mal qu’il a observé. En hébreu la réflexion est introduite par la particule יֵשׁ yéš : Il y a un mal que j’ai vu sous le soleil…. Pour le verbe voir, voir Ecc 5.13 ; Ecc 6.1. Pour sous le soleil, voir Introduction au commentaire de traduction de l’Ecclésiaste et Ecc 1.3.
Dans ce livre le mot רָעָה râʿâh a plusieurs sens, renvoyant à un mal moral, à un malheur, ou encore à quelque chose de pénible. Voir Introduction au commentaire de traduction de l’Ecclésiaste. Dans ce contexte, la Bible en français courant parle de « situations anormales » et la Parole de Vie de « beaucoup d’injustices ».
Qohéleth dit que ce mal est litt. « comme une erreur qui sortant de devant le gouverneur ». Il s’agit en fait d’une erreur ou d’une faute que l’on a commise sans s’en rendre compte. La personne à qui la faute a échappé est une personne importante, un souverain. Effectivement lorsqu’un dirigeant ne tient pas compte d’une faute commise (par lui-même ou quelqu’un d’autre), une injustice pourrait se produire.
Pour souverain, voir Ecc 7.19.
Qohéleth n’a pas encore révélé de quelle malheur ou « situation anormale » il s’agit. On pourrait dire « Voici un autre mal que j’ai vu dans ce monde : c’est une faute que le gouverneur a faite (malgré lui) ». Certaines versions inversent les propositions, peut-être pour rapprocher le mot mal de ce qui suit : « Un dirigeant peut se tromper. Ainsi j’ai observé bien des situations anormales ici-bas » (Bible en français courant). En effet, Ecc 10.6 semble offrir une liste de ce qui peut se passer dans un royaume ou un pays donné. La Parole de Vie commence 10.6 par « Par exemple ».
Source: Zogbo, Lynell. L’Ecclésiaste – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
