Conduisons-nous honnêtement, comme en plein jour est litt. « Comme en plein jour, conduisons-nous convenablement ». Plusieurs versions françaises intervertissent l’ordre des éléments de la proposition grecque, en mettant comme en plein jour en seconde position (Traduction œcuménique de la Bible, Bible en français courant, Segond Révisée, Nouvelle Bible Segond, La Bible du Semeur, Parole de Vie). Le verbe grec traduit par Conduisons-nous signifie « marcher », une tournure sémitique s’appliquant à l’idée de « mener sa vie », « se conduire ». Le verbe est de nouveau à l’aoriste en grec, comme les verbes en Rom 13.12. On pourrait donc dire « Commençons à nous conduire… » Dans certaines langues, ce sera, par exemple, « Nous devons commencer à vivre comme nous le devons » ou « …à nous conduire comme il le faut » ou « dignement » (Osty-Trinquet).
comme en plein jour est précisé dans la Bible en français courant (« comme il convient à la lumière du jour ») et dans la La Bible du Semeur (« comme il convient en plein jour »). On pourrait aussi dire « comme des gens qui vivent à la lumière du jour ». Dans presque toutes les langues et cultures, l’opposition entre la lumière et l’obscurité sera bien comprise, signalant la conduite morale des uns et des autres.
sans ripailles ni beuveries : ces deux mots expriment les extrêmes des pratiques immorales. ripailles (κῶμος kômos) est rendu dans plusieurs versions par « orgies » : « Gardons-nous des orgies et de l’ivrognerie » (Bible en français courant). Le mot ne se trouve ailleurs dans le NT qu’en Gal 5.21 et 1 Pi 4.3. Ce terme suggère des abus de nourriture et de boisson dans des festins, avec d’autres désordres de tout genre. Quant au second terme, beuveries (μέθη methê), il ne figure ailleurs qu’en Luc 21.34 et Gal 5.21. Il désigne clairement l’ivrognerie, qui sera exprimée de diverses manières dans les langues cibles. On pourrait parler de « toutes sortes d’excès de nourriture et de boisson », mais les mots en grec sont forts et les traducteurs devraient exprimer la force de ces notions.
sans coucheries ni débauches : le premier terme grec, κοίτη koitê, est utilisé en divers sens dans le NT, mais ici il désigne l’immoralité sexuelle. Quant au second mot, débauches (ἀσέλγεια aselgeia), il est souvent employé dans le NT en rapport avec des pratiques immorales, en particulier sexuelles. La Bible en français courant parle de « …l’immoralité et des vices ». Mais dans beaucoup de langues il sera difficile de trouver deux termes distincts, et on pourra les combiner en disant, par exemple, « toute sorte d’immoralités ».
sans querelles ni jalousies est litt. « pas de querelle et de jalousie », chaque mot en grec étant au singulier. Le mot grec pour querelle est le même qu’en Rom 1.29, où il est également au singulier, mais avec un sens collectif. Le mot jalousie est le même qu’en Rom 10.2 où il a une signification positive (« zèle pour Dieu ». Ici il a une connotation négative : « envie » ou jalousie. Les traducteurs trouveront le plus souvent des expressions idiomatiques pour rendre ces notions.
Certaines versions utilisent des expressions comme « Gardons-nous de… » pour éviter tous ces comportements.
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Leave a Reply
You must be logged in to post a comment.