SIL Translator’s Notes on Joel 3:16

3:16a The LORD will roar from Zion

Yahweh will roar/shout ⌊loudly⌋ from Zion.
-or-
Yahweh will give a ⌊great/mighty⌋ shout/roar from ⌊Mount⌋ Zion,

3:16b and raise His voice from Jerusalem;

⌊Yes,⌋ he will give a ⌊loud/great⌋ call/shout from Jerusalem.
-or-
his voice booming/thundering from Jerusalem ⌊city⌋ .

3:16c heaven and earth will tremble.

Heaven and earth will shake ⌊at the/his sound/voice⌋ .
-or-

⌊His voice⌋ will shake the heavens and the earth.

3:16d But the LORD will be a refuge for His people,

But Yahweh will protect his people,
-or-
But the people who belong to Yahweh will find safety in him.

3:16e a stronghold for the people of Israel.

and ⌊he will be⌋ a strong/safe fortress for the people of Israel.”
-or-

⌊Yahweh will be⌋ like a strong wall ⌊to protect⌋ the people of Israel.”

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Commentaire sur la traduction de Joël 3.16

Les deux premiers vers rappellent Amos 1.2, qui énumère les signes accompagnant la manifestation du SEIGNEUR. Comme dans le livre d’Amos, le SEIGNEUR est furieux et il va sévir par des punitions terribles.

Les deux premiers vers forment un X. Il s’agit d’une structure chiastique, qui met l’accent sur une idée importante:
CH1 Le SEIGNEUR rugit
CH2 de Sion,
CH2 de Jérusalem,
CH1 il donne de la voix

Les traducteurs devraient décider s’ils veulent maintenir l’ordre en hébreu ou si des vers parallèles seront plus appréciés, par exemple :

De Sion, le Seigneur rugit.
De Jérusalem, il donne de la voix.

Avec ces images et métaphores, il y a un langage surprenant : le SEIGNEUR rugit, alors que c’est normalement un lion qui fait ce bruit. Quand un lion rugit, c’est avec raison. Ici, c’est le SEIGNEUR est très en colère et veut faire peur. S’il n’est pas possible de dire que le Seigneur rugit, on pourra mettre les lignes en parallèles, si on voit un lien entre le lion et le Seigneur :

Le lion rugit.
Le Seigneur crie depuis Jérusalem.

On pourra aussi avoir recours à une comparaison, par exemple, « Le Seigneur crie comme un lion qui rugit ». Si le lion est inconnu, il faudrait chercher une autre manière d’exprimer cette idée, par exemple, « Le Seigneur est furieux. Il crie depuis Sion… ». Il faut surtout que le traducteur rende l’émotion forte de ce passage.

Pour Sion, voir Joël 2.1. Encore une fois le nom est en parallèle avec Jérusalem. Sion représente toute la ville de Jérusalem, un procédé par lequel une partie ou un élément est pris pour représenter le tout.

de Jérusalem, il donne de la voix : Jérusalem correspond à Sion et le pronom personnel il est parallèle au SEIGNEUR. De même donne de la voix est parallèle à rugit. Le texte hébreu dit littéralement « il donne sa voix ». Se basant sur la progression d’intensité dans la poésie biblique, on peut assumer que ce deuxième vers est assez fort. Elle peut se traduire, par exemple, par « il gronde comme un tonnerre à Jérusalem ».

alors, les cieux et la terre sont ébranlés : alors rend la conjonction simple, וְ we, « et » ou « puis ». En fait, au son de la voix du Seigneur, toute la création bouge. Les traducteurs pourront utiliser une conjonction de cette sorte, bien que plusieurs versions l’omettent (Bible en français courant, Parole de Vie, Nouvelle Bible Segond).

les cieux est une traduction littérale de l’hébreu où le ciel est normalement au pluriel. Les traducteurs devraient utiliser la forme la plus naturelle dans leur langue.

la terre est ici à l’indéfini et constitue une paire de mots « cieux et terre ». Ces deux choses tremblent (sont ébranlées) à cause du grondement du Seigneur. En effet, quand le lion rugit, on a souvent l’impression que la terre, les arbres et les maisons tremblent. On pourra dire qu’ils sont « secoués ».

mais : cette conjonction établit un contraste entre ce qui précède et ce qui suit. Elle introduit une phrase qui, face au danger, apporte l’assurance et la sécurité. Alors que toute chose (même les astres et tous les êtres aussi probablement) tremble de peur, Dieu pourvoit autre chose pour son peuple.

le SEIGNEUR est un abri pour son peuple, un refuge pour les Israélites : il s’agit de deux vers parallèles qui décrivent le SEIGNEUR. Le mot abri correspond au mot refuge, et le mot peuple aux « fils d’Israël » (Israélites en Traduction œcuménique de la Bible). Pour SEIGNEUR, voir l’Introduction.

le SEIGNEUR est un abri est une autre métaphore où la base de comparaison n’est pas rendue explicite. Yahweh est comparé à un abri qui normalement protège les gens de la pluie et peut-être aussi du soleil. A l’abri, on est en sécurité, protégé du danger. C’est le SEIGNEUR qui apporte la protection aux Israélites. Le mot parallèle, refuge, est souvent rendu par « forteresse ». Ces vers rythmiques et répétitifs seront appréciés dans la majorité des langues. Mais dans certaines langues, il vaut mieux utiliser des comparaisons « Le Seigneur est comme un abri ». Dans d’autres langues, il faut expliciter la base de la comparaison, par exemple, « Le Seigneur nous protège comme un abri. Il nous protège contre tout danger comme une forteresse ».

Source: Aroga Bessong, Dieudonné P.; Somé, Joachim & Zogbo, Lynell. Joël – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2010.