1.9-10
Paul énumère une liste de personnes pour qui la loi est faite. Il s’agit de quatorze sortes de personnes, toutes aussi mauvaises les unes que les autres. Comme la Traduction œcuménique de la Bible l’indique, les huit premiers termes sont groupés en paires, les gens insoumis et rebelles, impies et pécheurs, sacrilèges et profanateurs, parricides et matricides. Ceux-ci sont suivis d’autres malfaiteurs : des meurtriers… débauchés, pédérastes, marchands d’esclaves, menteurs, parjures. Toutes ces personnes sont contre la saine doctrine. Dans la mesure du possible, on maintiendra cette structure dans la traduction, mais dans certaines langues, il peut être nécessaire de combiner deux termes synonymes pour ne présenter qu’un seul mot.
Ce passage a un certain rythme que les traducteurs pourront essayer d’imiter. Notons aussi qu’en grec beaucoup des mots utilisés en 1 Tim 1.9 commencent par le son a, qui dans plusieurs cas représente le suffixe négatif, par exemple, ἄνομος a-nomos, « sans loi », ἀσεβής a-sebês, « sans piété ». Ces effets sonores marquent ce passage et peut-être soulignent combien nombreux sont ces personnes qui s’opposent à la vérité.
En effet, comprenons bien ceci est littéralement, « sachant ceci ». Ce participe au singulier semble renvoyer à « quelqu’un », « on » ou « nous » en 1 Tim 1.8. On pourrait dire « On se rappellera » (Bible en français courant), « Comprenons une chose » (Parole de Vie), ou même « Il faut savoir ceci : » (La Bible du Semeur).
la loi n’est pas là pour le juste : Pour loi, voir 1 Tim 1.7. Dans certaines traductions, on a déjà qualifié ce mot précédemment, comme « la loi de Dieu » ou « la loi de Moïse ». On n’a donc pas besoin d’être explicite ici. La La Bible du Semeur parle de « la Loi », avec majuscule. La plupart des versions citent le nom sans qualification.
le juste : ce terme clé du NT (δίκαιος dikaios) est rendu de diverses manières selon le contexte. Il comprend plusieurs nuances, décrivant le plus souvent ceux qui sont en bonne relation avec Dieu et qui observent fidèlement ses commandements. Mais il parle aussi d’une certaine intégrité morale liée à la justice de Dieu. Notons que la traduction de la Parole de Vie « ceux qui sont fidèles à Dieu » semble mieux exprimer la notion que celle de la Bible en français courant, « ceux qui se conduisent bien », traduction qui veut peut-être évoquer un contraste avec ceux qui se comportent mal dans la liste qui suit. Voir aussi Matt 1.19 ; 2 Tim 4.8 ; Tite 1.8. En grec, il s’agit d’un singulier collectif, exprimé dans plusieurs langues par un pluriel (Parole de Vie, Bible en français courant, La Bible du Semeur).
mais pour les gens insoumis et… : la conjonction δέ de introduit le contraste mentionné au paragraphe précédent et les 14 sortes de pécheurs citées par Paul en 1 Tim 1.9. Il y a une ellipse que les traducteurs pourront rendre explicite, « mais elle [la loi] est pour… » La première paire de mots citée par Paul est les gens insoumis et rebelles. Le premier terme, en grec, est un mot composé d’un préfixe négatif a- et du nom loi, ce qui donne la forme ἄνομος anomos, signifiant donc « ceux qui n’obéissent pas à la loi ».
rebelles semble synonyme du terme précédent. Il s’agit de quelqu’un d’insubordonné, qui se révolte contre une autorité quelconque, dans ce cas-ci, probablement, mais pas forcément, Dieu. Tite 1.6 applique le terme aux enfants gâtés. Voir aussi Tite 1.10.
impies et pécheurs est la deuxième paire de malfaiteurs. impies signifie « sans révérence pour Dieu, sans religion ». Pécheurs est un terme plus général lié au mot ἁμαρτια hamartia, « péché », un mot qui paraîtra encore en 1 Tim 1.15. Dans beaucoup de langues, le mot pécheurs est rendu par « les méchants » ou « ceux qui font le mal ».
sacrilèges et profanateurs représente la troisième paire de mots. Sacrilèges désigne ceux qui déshonorent Dieu. Ils traitent comme profane ce qui est sacré. Voir aussi 2 Tim 3.2. Profanateurs est un terme très proche du mot sacrilèges. Il s’applique ici à des personnes, tandis qu’en 1 Tim 4.7, il désigne des mythes, et en 1 Tim 6.20 et 2 Tim 2.16, le bavardage. Dans plusieurs langues, il sera difficile de trouver deux termes. La Parole de Vie parle de « ceux qui ne respectent pas Dieu ni les choses de Dieu ».
parricides et matricides : ces deux mots, qui ne se trouvent qu’ici dans tout le NT, décrivent des gens coupables d’avoir tué (littéralement « frappé ») leur père et leur mère. Comme en français, dans les mots grecs, on voit les racines pour « père » et « mère ». La majorité des langues n’auront pas de mots précis pour ces gens, mais on pourrait suivre la Bible en français courant et la Parole de Vie, en parlant de « ceux qui tuent leur père ou leur mère ».
meurtriers : Paul cite ensuite les meurtriers, qui comprend ceux qui commettent des meurtres de toute sorte, y compris les parricides et matricides. La Bible de Jérusalem parle d’« assassins ». Le terme ne fait pas de distinction entre ceux qui tuent un homme et une femme, mais il exclut ceux qui tuent des ennemis au cours d’une guerre. On pourrait parler d’« autres personnes qui tuent (les autres/leurs semblables) ».
Source: Zogbo, Lynell & Ellingworth, Paul La première lettre à Timothée – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

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