afin que : ce verset indique le but des épreuves subies par les chrétiens. Certaines versions explicitent cette idée, en commençant une nouvelle phrase par « La raison pour laquelle vous souffrez est… » ou « La raison pour laquelle vous subissez des peines… » La La Bible du Semeur et la Parole de Vie expriment bien le but de ces épreuves : « celles-ci servent à éprouver la valeur de votre foi » ; « Ces difficultés servent à montrer la qualité de votre foi ».
la valeur éprouvée de votre foi : le terme grec éprouvée implique non seulement le fait de tester quelque chose, mais aussi le fait de révéler sa valeur ou son authenticité. C’est ainsi que la mise à l’épreuve de la foi des chrétiens a pour but de révéler si leur foi est authentique ou non. On pourra parler de « la preuve que votre foi au Christ est réelle » ou « la preuve que vous avez réellement confiance en Dieu ». Par la suite Pierre compare ces épreuves au processus de la purification de l’or. Il serait préférable, si possible, d’employer pour « l’épreuve de la foi » une expression semblable à celle utilisée pour l’or, par exemple, « tester ». Mais ceci ne sera pas possible dans toutes les langues. Les traducteurs pourront aussi reformuler pour faire sortir la comparaison : « l’or est chauffé très fort pour le purifier » ou « …pour voir s’il est authentique. De même, votre foi en Dieu doit subir des tests pour prouver qu’elle est authentique ».
votre foi : le mot foi (grec : πίστις pistis) peut être compris dans le sens de confiance en Dieu (ou en Jésus-Christ), ou peut-être, mieux ici, dans le sens de « fidélité à l’égard de Dieu » (Best, p. 78). Cependant, la plupart des versions modernes, dont la Traduction œcuménique de la Bible et la Bible en français courant, en restent à la traduction habituelle de foi. Voir 1 Pierre 1.5.
– beaucoup plus précieuse que l’or périssable qui pourtant est éprouvé par le feu – : la mise à l’épreuve de la foi est comparée à la façon dont l’or est purifié : l’or doit passer par le feu pour être débarrassé de ses impuretés. Ce processus est évoqué pour parler d’un test spirituel, et l’or et l’argent sont souvent utilisés comme image de la foi. Voir, par exemple, Zach 13.9 ; Mal 3.3 ; Ps 66.10 ; Prov 17.3 ; 27.21. Pierre affirme que la foi a plus de valeur et dure plus longtemps que même l’or le plus pur éprouvé par le feu.
beaucoup plus précieuse que l’or périssable : la Traduction œcuménique de la Bible met cette précision entre tirets. Pour simplifier cette phrase et pour plus de clarté, la Bible en français courant la restructure : « L’or lui-même… est pourtant éprouvé par le feu ; de même votre foi… » Mais on pourra aussi dire « votre foi a plus de valeur que l’or ». En comparant la foi à l’or, Pierre montre que la foi est précieuse. Cet adjectif décrit les choses de grande valeur comme « la perle précieuse » de la parabole en Matt 13.46 et comme le parfum que Marie, sœur de Lazare, prend pour verser sur les pieds de Jésus (Jean 12.3). La formulation de la Traduction œcuménique de la Bible, s’avérera difficile dans certaines langues. On pourra alors dire « votre confiance en Dieu a beaucoup plus de valeur que l’or ».
or : c’est l’un des métaux les plus chers du monde. Presque toutes les langues auront un mot pour désigner ce métal. Dans les cas rares où le mot n’existe pas, les traducteurs seront obligés d’utiliser un mot d’emprunt, de translittérer le mot, ou de dire « la chose la plus chère » ou « le métal le plus cher (du monde) ».
or périssable qui pourtant est éprouvé par le feu :
périssable : cette racine a souvent le sens de « détruire » ou de « perdre la vie » (Marc 8.35), mais en Luc 5.37, le verbe décrit les outres de vin qui peuvent « se gâter » en éclatant. Bien qu’il soit impossible de détruire un métal comme l’or, dans certaines cultures, l’or peut se gâter ou être souillé. Il vaudrait mieux alors adopter ce deuxième sens, comme la Parole de Vie qui dit « L’or peut s’abîmer… »
qui pourtant est éprouvé par le feu rend un participe passif « mais par le feu étant éprouvé ». Le verbe éprouvé est de la même racine que l’expression valeur éprouvée ci-dessus. On pourra parler de « purifier l’or » ou de le « rendre propre ». Dans beaucoup de langues, il faudrait tourner cette proposition à l’actif. La Parole de Vie est très claire : « L’or peut s’abîmer, pourtant on le met dans le feu, pour voir s’il est pur ».
afin que la valeur éprouvée de la foi… obtienne louange, gloire et honneur lors de la révélation de Jésus Christ : le but des tests ou des épreuves de la foi, c’est que sa valeur soit prouvée, et qu’elle obtienne louange, gloire et honneur. Le grec a littéralement « qu’elle soit trouvée pour (en vue de) louange et gloire et honneur ». Bien que Pierre dise que la foi va obtenir louange, gloire et honneur, il s’agit sans doute de la personne avec la foi qui recevra louange, gloire et honneur au jour de la révélation de Jésus Christ. La Parole de Vie dit : « Alors, quand Jésus-Christ paraîtra, vous recevrez honneur, louange et gloire, à cause de la qualité de votre foi ».
obtienne rend un verbe passif en grec « être trouvé » et certaines versions restent près du grec : « se trouve être un sujet de louange » (Segond Révisée), « devienne un sujet de louange » (Bible de Jérusalem), « vous assure louange » (Osty-Trinquet). Mais le sens ici est que la personne « recevra » (dans certaines langues, « verra ») louange, gloire et honneur. Ainsi, la Bible en français courant coupe la phrase et dit : « C’est ainsi que vous pourrez recevoir louange… » La Parole de Vie est similaire (voir ci-dessus). On pourra aussi reformuler le verset en utilisant une comparaison explicite : « De la même façon… » ou « D’une manière semblable… » Certains rendent explicite que c’est Dieu, la source de ces louanges, ainsi « Dieu vous accordera louange » ou « Dieu vous récompensera par l’honneur… » (Die Gute Nachricht). D’autres pensent que ces trois choses deviennent apparentes aux yeux de Dieu, ainsi la La Bible du Semeur : « Elle vous vaudra louange, gloire et honneur aux yeux de Dieu ».
louange, gloire, et honneur : les trois termes ont pour but d’accentuer l’importance de la récompense promise aux fidèles. En effet, Jésus promet qu’il va partager sa gloire avec ses disciples : « vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes… » (Matt 19.28). L’apôtre Paul aussi parle de cette gloire future : « Quand le Christ, votre vie, paraîtra, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire » (Col 3.4).
louange : le mot grec ἔπαινος epainos, peut désigner la louange rendue aux hommes ou à Dieu (Rom 2.29). Dans ce contexte, on pourrait dire « Dieu va vous féliciter » ou, dans certaines langues, « saluer ».
gloire : ce terme clé δόξα doxa, décrit la gloire de Dieu mais aussi celle des hommes. Ici il désigne la grandeur ou la splendeur. Dans beaucoup de langues, on dira « votre nom sera grand ».
honneur : parfois le mot τιμή timê, désigne une somme d’argent (Matt 27.6 ; 1 Cor 6.20), mais ici, en parallèle avec louange et gloire, il désigne le respect accordé à une chose, une personne ou à Dieu (1 Tim 1.17). Dans beaucoup de langues, comme pour « gloire », on va se référer au nom, par exemple, « on va agrandir votre nom ».
La paire louange et gloire se trouve en Phil 1.11, tandis que la paire gloire et honneur se trouve en Rom 2.7,10 ; 1 Tim 1.17 ; Hébr 2.9. Si dans la langue cible, il y a des mots pour ces trois termes, il faudrait les rendre dans la traduction. Mais dans certaines langues, il faudrait réduire louange, gloire, et honneur à une ou deux expressions. Dans d’autres, il faudrait les remplacer par des verbes, ce qui donnera, par exemple, « alors Dieu vous félicitera, vous rendra glorieux et vous honorera ».
lors de la révélation de Jésus Christ est une traduction littérale du grec. L’expression peut être une allusion au jour « où Jésus-Christ reviendra » (Contemporary English Version). Mais le mot révélation semble mettre l’accent plutôt sur le fait que Jésus-Christ se manifestera à tous pour montrer ou manifester qui il est véritablement. En fait, le texte grec est ambigu, car le mot révélation peut être compris soit au sens passif, soit au sens réfléchi : le Christ sera-t-il révélé par quelqu’un d’autre ou se révélera-t-il lui-même ? Si le premier sens est retenu, le traducteur peut dire : « quand Dieu révélera Jésus-Christ » ou « fera apparaître Jésus-Christ ». Mais le sens réfléchi semble préférable, car lors de sa seconde venue, c’est Jésus-Christ lui-même qui se fera reconnaître. Ainsi la version allemande Die Gute Nachricht propose « au jour où Jésus-Christ se révélera dans sa gloire ». Dans certaines langues, on pourrait dire « quand Jésus-Christ se manifestera et se fera connaître (réellement) ».
Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

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