Il est difficile de savoir si Qohéleth continue ses propos ici ou s’il offre un nouvel exemple. Néanmoins l’emphase sur le nom sujet, combinant le défini et un pronom emphatique (litt. « et perdu la-richesse le-lui ») suggère qu’il s’agit de la même personne et de la même fortune citée en Ecc 5.12. La mention d’une mauvaise affaire semble confirmer cette interprétation.
Cette richesse périt dans une mauvaise affaire : pour richesse, voir Ecc 4.8 et Ecc 5.12. Le verbe אבד ʾbd signifie « mourir » (souvent d’une mort subite ou angoissante) comme en Nomb 17.27, lorsque les Israélites disent à Moïse, « nous périssons tous ». Mais ici ce sont les fonds qui « se perdent » ou « disparaissent ». On pourrait aussi reformuler pour dire « cet homme a perdu sa richesse… »
Pour richesse, voir Ecc 4.8 ; Ecc 5.12.
une mauvaise affaire : Qohéleth utilise un autre de ses mots préférés, עִנְיָן ʿinyân, « affaire ». Ici il renvoie à une « occupation » ou activité commerciale qui a apparemment « mal tournée ». Les traducteurs pourront trouver une expression idiomatique ici. L’adjectif רַע râʿ, « mauvais » n’a pas un sens moral ici, mais indique que cet homme riche n’a pas eu de chance.
s’il engendre un fils, celui-ci n’a plus rien en main : en hébreu le mot si ne figure pas. La phrase est étroitement liée à ce qui précède, et ainsi la conjonction וְ we, pourrait être comprise comme, « et en conséquence ». La conséquence de cette perte d’argent est que son propre fils (« qu’il a mis au monde ») n’aura rien comme héritage. Pour engendrer, les traducteurs utiliseront un verbe qui convient aux pères. Dans beaucoup de cultures c’est le fils aîné qui est l’héritier.
celui-ci n’a plus rien en main est litt. « et il n’y a pas dans sa main quelque chose ». Certains pensent que celui-ci (le pronom possessif en hébreu, sa main) renvoie au père qui a tout perdu (Parole de Vie, Bible en français courant, La Bible du Semeur) mais d’autres pensent qu’il s’agit du fils (Nouvelle Bible Segond). Les traducteurs pourront faire leur choix d’interprétation. Mais en choisissant, il faudrait tenir compte du verset qui suit aussi.
Source: Zogbo, Lynell. L’Ecclésiaste – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
