Qohéleth conclut que Dieu est en train de mettre les êtres humains à l’épreuve. Il répète la même formule, Je me suis dit en moi-même. Voir Ecc 2.1 ; Ecc 3.17. La Traduction œcuménique de la Bible laisse une ligne vide pour indiquer une nouvelle section. La Bible de Jérusalem commence un nouveau paragraphe.
Qohéleth se pose des questions au sujet des fils d’Adam, en ce qui concernent leur sort, qui sera annoncé encore une fois en Ecc 3.19. Pour fils d’Adam, voir Ecc 1.13.
Qohéleth dit que l’une des activités de Dieu, c’est d’éprouver les êtres humains. Dieu est encore une fois à la forme définie, הָאֱלֹהִים hâʾèlôhîm, mais sans conséquence dans la traduction. Le verbe ברר brr, qui n’apparaît qu’ici dans ce livre, veut dire « tester » ou même « purifier ». La racine figure par exemple en Ps 18.27, « Avec le pur, tu te montres pur ». Ainsi la La Bible du Semeur propose « Dieu veut les purger du mal », mais la majorité opte pour le sens « mettre à l’épreuve » (Bible en français courant), c’est-à-dire, « Dieu veut voir ce qu’ils valent » (Parole de Vie).
Le texte dit litt. « pour que Dieu les éprouve pour voir qu’eux bête pour eux ». En fait, ce texte présente des problèmes d’interprétation car il n’est pas difficile de savoir à qui associer l’infinitif voir. La Critique Textuelle de l’Ancien Testament donne une note de « C » à la traduction de la Traduction œcuménique de la Bible, alors on verra qu’en eux-mêmes, ils ne sont que des bêtes. La Nouvelle Bible Segond optent pour un autre sens « pour qu’ils voient eux-mêmes qu’ils ne sont que des bêtes ». Mais l’agent de voir peut être aussi Dieu, « pour leur montrer qu’ils ne valent pas mieux… » (Bible en français courant), « Dieu veut voir ce qu’ils valent et leur montrer qu’ils sont comme les animaux ».
Les derniers mots sont très répétitifs, litt. « que eux animal eux pour eux ». Pour rendre l’emphase les traducteurs devraient trouver une manière idiomatique d’exprimer cette emphase dans leur langue. Les versions françaises optent pour des expressions comme ils ne sont que, « ils ne sont pas plus que » (La Bible du Semeur), « ils ne valent pas mieux que… » (Bible en français courant).
Bien qu’ailleurs le mot בְּהֵמָה behémâh, désigne un grand animal domestique comme un bœuf, il a un sens plutôt générique en opposition à un être humain. Dans certaines langues on utilisera une forme au pluriel, « ils ne sont pas plus que des bêtes ». C’est un propos choquant, mais les traducteurs ne devraient pas atténuer ce constat. Il exprime l’émotion forte de Qohéleth face au sort lamentable des êtres humains.
Source: Zogbo, Lynell. L’Ecclésiaste – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
