Commentaire sur la traduction de la lettre aux Romains 9.11

La logique de Paul est parfois difficile à suivre, car de temps en temps il s’interrompt lui-même pour communiquer certaines vérités. C’est le cas ici. La Bible en français courant choisit alors de combiner Rom 9.11 en mettant les propositions dans une suite logique pour les lecteurs. L’essentiel de ce passage est que Dieu choisit qui il veut, et son choix ne dépend pas de leurs actions. Paul cite le cas des enfants d’Isaac et Rébecca, et finira en Rom 9.13 par citer l’Ancien Testament J’ai aimé et j’ai haï Ésaü. Paul souligne le fait que Dieu a décidé à l’avance comment il allait traiter ces deux frères, bien qu’ils ne soient pas encore nés.

et pourtant, ses enfants n’étaient pas encore nés et n’avaient donc fait ni bien ni mal que déjà – pour que se perpétue le dessein de Dieu, dessein qui procède par libre choix sup 12sup* et ne dépend pas des œuvres, mais de Celui qui appelle – il lui fut dit : :

Une traduction littérale de ce texte de Traduction œcuménique de la Bible serait compliquée et ici notre discussion suivra le texte grec, qui dit litt, au Rom 9.11 « car pas encore ni faire le bien ou le mal pour que selon la sélection du but de Dieu demeure ».

et pourtant, ses enfants n’étaient pas encore nés et n’avaient donc fait ni bien ni mal : la conjonction γάρ gar peut être rendu par pourtant (voir aussi Parole de Vie), « or » (Bible de Jérusalem), ou « en effet » (Nouvelle Bible Segond). Il faut une telle expression pour montrer que cette affirmation est importante et dans ce contexte même surprenante. En grec il n’y a pas de sujet explicite, ses enfants, mais la majorité des versions ajoutent ces mots pour rendre le texte plus compréhensible. Il s’agit bien sûr de Jacob et d’Ésaü qui seront mentionnés plus tard ( Rom 9.13).

n’étaient pas encore nés : cette proposition spécifie le temps du choix de Dieu. Dans certaines langues on dira, « ils étaient encore dans le ventre de leur mère ».

et n’avaient donc fait ni bien ni mal : cette proposition souligne le fait que Dieu appelle qui il veut et ses choix ne dépendent pas forcément de ceux qui font le bien et de ceux qui font le mal. Pour bien voir Rom 2.7.

pour que se perpétue le dessein de Dieu, dessein qui procède par libre choix : Ici, Paul semble s’interrompre, mais il insiste sur une vérité importante, le noyau même de sa pensée. C’est que Dieu est libre de ses actes et de ses choix. Il dit que le cas des enfants d’Isaac et de Rébecca constitue un exemple de comment Dieu agit (et il reparlera de cet exemple plus tard).

pour que (ἵνα hina) introduit le but, c’est que le dessein de Dieu se perpétue ou demeure en vigueur. Puis il qualifie ce dessein comme un libre choix…. En grec il y a d’abord la sélection ou choix de Dieu qui est fait selon son dessein ou but.

Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

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