Grâce soit rendue à Dieu par Jésus Christ, notre Seigneur ! : plusieurs constatent qu’« Il est surprenant de trouver cette exclamation triomphale immédiatement après le cri angoissé “Qui me délivrera ?” » (Bruce, p. 147). Ceci pousse certains biblistes à proposer de déplacer 25b avant 25a, c’est-à-dire de terminer le chapitre avec ce cri de louange. D’autres veulent même omettre cette phrase. Cependant, il n’existe aucune justification textuelle pour un tel changement. Par conséquent, il vaut mieux suivre le texte, car, avec réflexion, on peut comprendre cette exclamation. En fait, après avoir posé la question, « Qui me délivrera de ce corps qui m’entraîne à la mort ? », Paul exprime très rapidement sa conviction que c’est Dieu qui a le pouvoir d’accorder cette délivrance, de sorte qu’il le loue pour cette victoire. Pour exprimer cette idée, on pourrait dire « Dieu soit loué, qui réalise cela par notre Seigneur Jésus-Christ ! » (Good News Bible), « Dieu soit loué par Jésus-Christ, notre Seigneur ! Il a fait cela ! » (Die Gute Nachricht), « Je rends grâce à Dieu qui me libère par Jésus-Christ, notre Seigneur » (Parola del Signore).
Pour Grâce soit rendue à Dieu, voir Rom 6.17, où la même expression apparaît, rendue dans la Traduction œcuménique de la Bible par « Rendons grâce à Dieu ». Il s’agit du terme clé χάρις charis. Notons que la conjonction δέ de figure ici aussi, démontrant qu’il y a en fait un contraste entre Rom 7.24 et Rom 7.25.
Pour notre Seigneur, voir Rom 1.4. Le notre est inclusif.
Me voilà donc : cette conclusion est signalée par des conjonctions fortes, ἄρα οὖν ara oun, « ainsi donc », suivies de pronoms emphatiques, « moi-même » et une autre particule μέν men qui exprime la force de l’affirmation : « Ainsi donc, moi je… » (Osty-Trinquet) « moi-même, je suis » (La Bible du Semeur), « C’est donc bien moi qui… » (Bible de Jérusalem). Les traducteurs devront trouver des moyens de signaler cette conclusion qui évoque deux « parties » de Paul : son intelligence assujettie à la loi de Dieu, et sa chair, assujettie à la loi du péché.
à la fois assujetti par l’intelligence à la loi de Dieu : le verbe assujetti est en fait le verbe « être esclave de ». Plusieurs versions affaiblissent ce mot dans la traduction, mais dans cette lettre, Paul emploie cette image forte à travers le livre, voir Rom 1.1. S’il n’est pas possible de parler ainsi, on pourrait dire « je suis au service de la loi de Dieu par mon intelligence » (Bible en français courant). Pour intelligence, voir Rom 1.28. Pour loi de Dieu, voir Rom 7.22.
et par la chair à la loi du péché : pour chair, voir Rom 7.5. L’opposition entre la loi de Dieu et la loi du péché, ainsi qu’entre l’intelligence et la chair ou la « faiblesse humaine » (Bible en français courant), ressort à plusieurs endroits dans l’argumentation de Paul, voir aussi Rom 7.23. Cependant, il n’est pas toujours facile de trouver des termes qui rendent bien le contraste entre intelligence et chair. Pour certains ce serait « intelligence » opposé à « corps », la réflexion opposée au désir, ou peut-être, « je ne peux servir la loi de Dieu qu’avec ce que je pense, alors qu’avec mes désirs je sers la loi qui conduit au péché ».
Dans ce qui suit Paul va parler du rôle important de l’Esprit de Dieu dans la vie du chrétien.
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
