Commentaire sur la traduction de Joël 1.19

Un appel au Seigneur est suivi de deux vers parallèles donnant la raison des cris du prophète.

Vers toi, SEIGNEUR, je crie : la Traduction œcuménique de la Bible suit l’ordre de hébreu, mais dans beaucoup de langues, il vaut mieux mettre le vocatif SEIGNEUR au début du verset.

Vers toi : Joël est en train de faire monter sa prière vers Dieu. Certaines langues utiliseront d’autres prépositions, disant par exemple, « à toi ». En hébreu, la deuxième personne au singulier est utilisée lorsqu’on s’adresse à une seule personne. L’utilisation de toi pour Dieu ne choque pas en français, mais dans certaines langues, il va falloir utiliser une forme de respect comme « vous ».

Pour SEIGNEUR, voir l’Introduction, Noms de Dieu.

je crie : le verbe en hébreu est « appeler ». Il ne s’agit pas de crier de colère, mais de crier au secours, de crier en suppliant. Le traducteur utilisera le mot approprié dans sa langue. Dans plusieurs langues, il sera inapproprié de dire crier vers ou « sur Dieu » ! On pourra dire alors « Seigneur, je t’en prie », « je t’en supplie », « je t’interpelle ».

le feu dévore les pâturages de la steppe : l’hébreu commence par la conjonction כִּי kî « car », non rendue dans la Traduction œcuménique de la Bible, qui introduit la raison pour laquelle le prophète crie à Dieu. La Nouvelle Bible Segond et la Bible de Jérusalem maintiennent « car ». Dans certaines langues, même si la conjonction est omise, le lecteur comprendra que la raison suit.

dévore : l’hébreu dit littéralement que le feu « mange » les pâturages. dévorer est une bonne traduction, car le feu consume tout sur son chemin.

les pâturages de la steppe : cette expression apparaît plusieurs fois dans ce livre (voir aussi Joël 1.20, Joël 1.22 ; Joël 2.3). Le mot pâturages désigne l’herbe ou les champs où les gens font paître leurs bœufs et moutons. la steppe est littéralement « le désert » (Nouvelle Version Segond). Ce mot évoque la traversée du désert par les Israélites. Dans ce contexte, il vaut mieux utiliser une expression comme « de la campagne ». Il s’agit de vastes terres en dehors des villes, utilisées pour faire paître les troupeaux. Lorsque ces terres brûlent, les animaux souffrent, car ils n’ont plus rien à manger.

La flamme consume tous les arbres des champs est parallèle au vers précédent. La flamme correspond au feu, le verbe consumer au verbe dévorer, et tous les arbres des champs aux pâturages de la steppe. Comme c’est souvent le cas dans la poésie hébraïque, ce deuxième vers est plus fort que le précédent, avec l’ajout du qualificatif tous. Tandis que les pâturages fournissent la nourriture des animaux, les arbres des champs fournissent la nourriture des êtres humains.

La flamme : si un synonyme n’existe pas pour feu, on pourra répéter le mot ici.

consume : le verbe ici est littéralement « manger ». On pourra dire « brûler » ou « dévorer complètement ».

tous les arbres des champs : cette expression ne posera pas de problèmes pour les traducteurs. Il semble s’agir des arbres plantés exprès pour donner des fruits. Dans certaines langues, il ne sera pas nécessaire de dire « arbre des champs », mais on parlera plutôt d’arbres fruitiers.

Source: Aroga Bessong, Dieudonné P.; Somé, Joachim & Zogbo, Lynell. Joël – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2010.

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