En hébreu ce vers commence par la conjonction וְ we « ensuite », « et », omise dans la Traduction œcuménique de la Bible et la Bible en français courant. On peut le traduire par « après cela », car à partir du Joël 3.1, c’est le Seigneur qui parle et dit qu’il va réaliser un certain nombre de choses. C’est une description ordonnée de faits. La Parole de Vie a mis « Et je ferai ».
Je placerai des prodiges dans le ciel et sur la terre : le verbe rendu par placer est « donner » (hébreu : נתן ntn). Les traducteurs trouveront une expression qui convient. En français, la traduction de ce verbe varie beaucoup. La Bible en français courant « je susciterai » semble trop difficile. La Nouvelle Bible Segond dit « je ferai paraître ». De là on peut déduire « je ferai voir », qui est plus facile.
prodiges : il s’agit de signes qui ont pour but de montrer la grandeur et la puissance du Seigneur. Ces signes seront visibles dans le ciel et sur la terre, c’est-à-dire partout. Ainsi tout être humain pourra les voir. Le monde, étant fait de ciel et de la terre, tout ce qui existe dans le monde pourra voir ces avertissements. prodiges peut se traduire ici par « choses jamais vues auparavant », « choses très étonnantes », « choses qui étonnent », « des choses pour avertir les gens ».
dans le ciel et sur la terre : dans certaines langues, on sera obligé de dire « en haut (dans le ciel) et en bas (sur la terre) ». Sinon, on pourra dire « partout dans le monde ». Mais si possible, le traducteur devrait garder les deux expressions pour des raisons poétiques.
dans le ciel est au singulier en français, mais en hébreu il est au pluriel : שָׁמַיִם šâmayim « les cieux ». Les traducteurs devraient utiliser l’expression la plus naturelle dans leur langue.
sur la terre est en contraste avec dans le ciel. Cette expression ne signifie pas « dans le pays », mais « dans le monde ».
du sang, du feu, des colonnes de fumée : ces trois expressions proviennent d’un vocabulaire de guerre. Elles décrivent les prodiges, de façon imagée, faisant allusion à des luttes armées dans lesquelles les gens sont blessés ou tués (le sang), dans lesquelles des maisons s’enflamment et brûlent (le feu), et d’où s’échappent des nuages de fumée. En hébreu, la conjonction וְ we relie les trois éléments : « du sang et du feu et des colonnes de fumée ». Il s’agit de la poésie et ainsi ces noms sont cités sans introduction, mais dans plusieurs langues, il va falloir ajouter deux points ( : ) ou des mots de transition, par exemple, « voici » ou « tu vois… », par exemple :
Tu vois le sang. Il y a du sang.
Tu vois le feu. ou Il y a du feu.
Tu vois la fumée. Il y a des colonnes de fumée.
Les traducteurs peuvent aussi présenter ces noms comme une liste selon les normes de leur langue.
C’est la première fois que le mot sang est évoqué dans ce livre. Si nécessaire, on utilisera une expression verbale : « le sang verse (partout) ».
Le feu a été évoqué à plusieurs reprises déjà dans ce livre. Voir Joël 1.19 ; Joël 2.3.
colonnes de fumée est une expression très poétique, dont la fonction consiste à servir de « trait d’union » pour unir le ciel et la terre. En effet, la fumée quitte la terre et s’élève vers le ciel. Dans beaucoup de langues, l’image de colonne ne sera pas comprise. La Parole de Vie parle de « nuages de fumée », mais dans certain cas, il vaut mieux juste parler de fumée tout court.
Cette image confirme l’idée de totalité formée par le ciel et la terre dans ce contexte. Tout le langage figuratif évoque des scènes horribles. Ce n’est pas étonnant : l’horreur fait partie de l’image du jour du Seigneur.
Source: Aroga Bessong, Dieudonné P.; Somé, Joachim & Zogbo, Lynell. Joël – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2010.
