Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 4.9

Pratiquez l’hospitalité les uns envers les autres : pratiquez l’hospitalité rend l’adjectif grec « hospitaliers » avec valeur d’impératif, ainsi « Soyez hospitaliers » (Bible en français courant, Osty-Trinquet).

l’hospitalité est d’abord l’acte de recevoir avec joie chez soi des étrangers ou des visiteurs. Le mot a aussi un sens plus large de « bienveillance » ou de « générosité ». Dans plusieurs cultures du monde et surtout dans le monde ancien, l’hospitalité est une valeur de base. A l’époque où Pierre rédigeait sa lettre, l’hospitalité était particulièrement importante car les évangélistes devaient se déplacer d’un endroit à l’autre et dépendaient des chrétiens locaux pour leur logement et nourriture. D’autre part, les chrétiens étaient souvent privés de l’aide de leurs parents ou leurs amis non-croyants, car ceux-ci les rejetaient. Ils devaient compter sur leurs frères en la foi pour subvenir à leurs besoins essentiels. De plus, comme il n’y avait pas de bâtiments servant d’église, les chrétiens se réunissaient dans les maisons privées. Voir, par exemple, Rom 16.5 ; 1 Cor 16.19 ; Col 4.15. Il était alors important qu’ils soient hospitaliers les uns envers les autres. On pourra dire « Accueillez-vous les uns les autres », « Recevez-vous les uns les autres dans vos maisons » (Parole de Vie), ou plus spécifiquement, « Accueillez chez vous vos frères et sœurs (en Christ) ».

sans murmurer : la pratique de l’hospitalité est parfois une tâche exigeante et fatigante. C’est pourquoi Pierre ajoute « sans plainte » ou « murmure ». Le terme grec suggère l’idée de protestation ou de déplaisir. La La Bible du Semeur et la Parole de Vie disent « sans vous plaindre ». On pourra aussi dire « Ouvrez vos maisons les uns aux autres. Ne vous en plaignez pas ».

Une telle allusion à la situation locale fournit une transition naturelle vers les exhortations de Pierre concernant les devoirs communautaires qui suivent.

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 5.6

Humiliez-vous donc : l’exhortation à être humbles devant Dieu est en relation directe avec la citation de Prov 3.34 qui vient d’être présentée en 1 Pierre 5.5. La conjonction donc (grec : οὖν oun) établit cette relation. Puisqu’il est vrai que Dieu s’oppose aux orgueilleux et qu’il accorde sa grâce aux humbles, les croyants doivent adopter une attitude humble devant Dieu.

Humiliez-vous répète pour la troisième fois la même racine. Combiné avec l’expression sous la main puissante de Dieu, ce mot évoque la soumission à la volonté de Dieu. Il ne s’agit pas de se rabaisser ou se sous-estimer. En effet, dans cette lettre il est question de souffrances et de difficultés subies par les croyants. Pierre les exhorte à accepter leur situation, en considérant qu’elle fait partie du plan de Dieu. Ils doivent se soumettre humblement à la volonté divine. On pourra dire « soyez humbles devant Dieu » ou utiliser une expression idiomatique.

sous la main puissante de Dieu reprend une expression très fréquente dans l’AT qui se réfère surtout à la puissance avec laquelle Dieu est intervenu pour libérer Israël de l’esclavage d’Égypte. Voir Ex 3.19 ; Deut 3.24 ; 4.34 ; Dan 9.15. Il se pourrait que Pierre emploie ce langage pour évoquer la situation passée des Israélites et pour l’appliquer à l’Église, le nouvel Israël. Ailleurs dans l’AT, l’expression met en évidence le rôle de Dieu en tant que juge puissant (Ézék 20.34). Toutefois, dans l’AT, la main… de Dieu peut avoir une connotation soit négative, soit positive. Ici, les croyants ne doivent pas craindre cette main puissante de Dieu. Au contraire, l’expression doit inspirer la confiance, évoquant la protection de la présence divine et la délivrance de Dieu. Dans beaucoup de langues, une traduction littérale sera comprise, sinon on pourra dire « Soyez humbles en présence » ou « devant Dieu qui est tout-puissant ». Si l’expression la main puissante ne convient pas, on pourra dire que Dieu est « fort pour protéger » ou « toujours capable de délivrer ».

afin qu’il vous élève au moment fixé : ces mots expriment la conséquence d’être humble devant Dieu. En grec, comme dans beaucoup de langues, une position inférieure exprime la pauvreté, la misère et l’humilité, et une position élevée, une position de choix ou de statut. Ainsi le verbe rendu par élever implique que la personne sera honorée et aura accès à certains privilèges, matériels ou autres. Il s’agit probablement d’une référence au triomphe final des croyants à la venue de Jésus-Christ. Pierre a déjà dit que les chrétiens vont participer à la gloire divine ( 1 Pierre 5.1). Dans certaines langues, une traduction plus ou moins littérale sera comprise : « il vous soulèvera », « afin qu’il vous place au-dessus ». Mais, dans d’autres, il va falloir traduire le sens figuré : « pour qu’il vous honore » (Parole de Vie, Contemporary English Version) ou « afin qu’il fasse grandir votre nom ».

au moment fixé est litt. « au moment », avec le même mot grec qu’en 1 Pierre 1.5. Comme là, il peut se rapporter à la fin des temps au moment du retour du Christ (Matt 8.29 ; 1 Cor 4.5). Mais il est également possible que le terme se réfère à un autre moment, laissé à la décision de Dieu. Cependant, étant donné l’accent mis dans la lettre sur la proximité de la fin du monde, la première interprétation est plus probable. En effet, la délivrance promise par Dieu n’est pas renvoyée dans un avenir incertain ; elle se réalisera au moment voulu par Dieu. Ainsi on peut parler du « moment qu’il (Dieu) a fixé » (Bible en français courant, La Bible du Semeur), « au moment qu’il a décidé », ou « au moment que Dieu jugera bon ».

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 4.10

Pierre aborde maintenant le sujet des dons spirituels des chrétiens et leur utilisation. Dans les lettres de Paul, l’apôtre explique à plusieurs reprises que Dieu dote chaque chrétien d’un ou plusieurs dons en vue du service de la communauté. Voir, par exemple, Rom 12.3-8 ; 1 Cor 12–14, et surtout 12.4-11 ; 27-31. Paul décrit ces dons comme étant accordés par le Saint-Esprit, tandis que Pierre évoque plutôt Dieu (θεός theos) comme source.

Mettez-vous, chacun selon le don qu’il a reçu, au service les uns des autres est littéralement « chacun selon le don qu’il a reçu le mettant au service les uns des autres ».

Mettez-vous … au service rend le verbe διακονέω diakoneô, qui est apparenté au mot « diacre » en français. Le but des dons spirituels, c’est d’aider ou rendre service les uns aux autres. Mais certaines versions prennent comme complément du verbe mettre le nom don, ainsi « Que chacun mette au service des autres le don qu’il a reçu… » (Nouvelle Bible Segond).

chacun est accentué en grec, se trouvant ici au début de la proposition. On pourra aussi dire « chacun de vous ».

le don rend le terme clé χάρις charis en grec, qui a parfois le sens de « grâce », mais ici désigne les dons spirituels. Au lieu de parler de « cadeaux », il vaut mieux parler de « capacités » ou de « compétences ». Pierre suggère que c’est Dieu qui est la source de ces dons et cette information peut être explicitée : « le don particulier qu’il a reçu de Dieu » (Bible en français courant), « Chacun de vous a reçu de Dieu un don particulier », (La Bible du Semeur), « les capacités que Dieu vous a accordées » (Die Gute Nachricht). Bien que certains y voient dans ce contexte d’hospitalité une référence aux dons d’argent, ce sens est peu probable. Il s’agit certainement d’un don attribué par Dieu à chaque croyant pour le service les uns des autres ou « pour le bien des autres » (Bible en français courant). Cette notion de don mis au service les uns des autres apparaît aussi en 1 Cor 12.7 : « pour le bien de tous » (Bible en français courant).

au service les uns des autres : on pourra aussi dire « utilisez les dons pour le bien des autres » « pour aider les uns les autres ». Les traducteurs devraient rendre l’idée de la réciprocité d’une manière efficace. Si ceci s’avère difficile, on pourra dire « que chacun utilise son don pour assister l’autre ».

comme de bons administrateurs de la grâce de Dieu, variée en ses effets : le mot grec pour administrateurs (οἰκονόμος oikonomos) peut être aussi traduit par « intendants » (Bible de Jérusalem, Osty-Trinquet) ou mieux, « gérant » (La Bible du Semeur). Dans la société grecque de l’époque, c’était un esclave ou un serviteur qui gérait les affaires de son maître. Voir, par exemple, Luc 12.42, où la Traduction œcuménique de la Bible parle de « l’intendant fidèle » et Luc 16.1,8 où le même mot est rendu par « gérant ». Être un bon administrateur des dons de Dieu signifie que ceux-ci s’emploient pour le bien de tous. Dieu ne donne pas les dons pour le bénéfice de celui qui les reçoit, mais plutôt pour servir les autres, c’est-à-dire, les frères et sœurs dans la foi. Le pluriel administrateurs insiste sur le fait que tous les chrétiens sont chargés d’une telle responsabilité. On peut aussi parler de « gens capables de bien administrer » ou « des gens qui utilisent bien… » La Parole de Vie est assez claire : « Soyez comme de bons serviteurs qui prennent soin des dons variés de Dieu ». Il est demandé à chaque chrétien d’être un bon administrateur, d’être responsable de son propre don.

la grâce de Dieu, variée en ses effets est litt. « la grâce diverse de Dieu ». Le mot pour grâce vient de la même racine que don ci-dessus. Certains le prennent au même sens, tandis que d’autres y voient un sens légèrement différent. Voir 1 Pierre 1.2. Dans ce contexte, il est plus probable qu’on doit bien gérer les divers dons de Dieu, que de bien gérer sa grâce. Toujours est-il que c’est la grâce de Dieu qui doit motiver notre service les uns des autres.

L’adjectif variée ou « diverse » est le même qu’en 1 Pierre 1.6, où il qualifie le mot « épreuves ». La Bible en français courant parle des « multiples dons divins ». On pourra aussi dire « les divers dons que Dieu accorde ».

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 4.11

Après s’être référé aux divers dons accordés par Dieu, Pierre en mentionne maintenant deux en particulier : celui de la parole et celui du service. Concernant chaque don, il donne des conseils spécifiques.

Si quelqu’un parle que ce soit pour transmettre les paroles de Dieu : le grec est beaucoup plus bref, litt. « si quelqu’un parle, comme paroles de Dieu ». Il pourrait s’agir d’un contexte plus ou moins général, mais il semble que ces recommandations s’appliquent particulièrement aux cultes ou aux assemblés.

La conjonction Si ici et plus loin n’introduit pas une hypothèse mais présente plutôt un exemple. On pourra alors dire « Lorsque quelqu’un parle, il doit… » La Bible en français courant l’exprime comme une recommandation forte : « Que celui qui a le don de la parole transmette les paroles de Dieu ».

quelqu’un pourra être un prédicateur, un enseignant, un prophète chrétien ou n’importe quel chrétien. Dans certaines langues, on pourra dire « Si l’un de vous… »

parle : il ne s’agit pas de n’importe quel discours, mais d’une parole adressée à la communauté chrétienne. Ainsi on pourra rendre explicite « Si l’un de vous parle à la communauté… »

que ce soit pour transmettre les paroles de Dieu : la Traduction œcuménique de la Bible ajoute les mots sous-entendus que ce soit pour transmettre qui ne figurent pas en grec. Dans beaucoup de langues, il sera nécessaire de répéter le verbe parle ou introduire un autre verbe comme « dire », par exemple, « Si quelqu’un parle, qu’il dise les paroles de Dieu ». La Good News Bible suggère « Quiconque prêche doit prêcher les messages de Dieu ».

les paroles de Dieu : certains commentateurs estiment que ces mots se réfèrent aux Saintes Écritures. En Rom 3.2, la même expression est employée pour désigner les révélations accordées aux Juifs par Dieu. Le sens serait alors que quiconque prêche, doit prêcher selon ce qui est dit dans les Écritures. Autrement dit, le prédicateur doit se conformer aux vérités dans les Écritures Saintes. Cependant, la plupart des biblistes considèrent que les mots paroles de Dieu désignent des messages inspirés par Dieu. Celui qui prend la parole ne doit pas communiquer ses propres idées mais celles inspirées par Dieu. Voir aussi 1 Pierre 1.23. Il est à noter que là, le mot est au singulier, alors qu’ici il est au pluriel. On pourra parler des « messages qui viennent de Dieu ».

si quelqu’un assure le service est littéralement « si quelqu’un sert ». Pour la valeur du si, voir plus haut.

assure le service : il s’agit du même verbe διακονέω diakoneô qui figure dans le verset précédent (1 Pierre 4.10). Ici il a un sens général désignant tout service ou ministère. Dans la première Église, ceci pouvait comprendre nourrir les affamés, prendre soin des malades, aider les pauvres et accueillir les étrangers. La Bible en français courant qualifie ce service de « don » : « que celui qui a le don de servir ». On pourra dire « si quelqu’un a le don d’aider » ou « si quelqu’un veut aider les autres ».

que ce soit avec la force que Dieu accorde : comme dans ce qui précède, la proposition avec si est suivi d’un conseil. Il y a encore une fois une ellipse du verbe en grec, litt. « (qu’il serve) comme avec la force que Dieu fournit ». La Parole de Vie exprime bien l’idée : « Celui qui sert doit servir avec la force que Dieu donne ». On pourra dire « que celui qui aide les autres le fasse avec la force que Dieu lui donne ».

afin que par Jésus Christ Dieu soit totalement glorifié est litt. « afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus-Christ ». afin que (grec : ἵνα hina) introduit le but formulé ici : que par Jésus-Christ Dieu soit… glorifié. Est-ce que cette proposition est en rapport seulement avec les deux dernières exhortations concernant le service et l’annonce des paroles de Dieu ou est-ce en rapport avec toute la série d’exhortations énoncées depuis 1 Pierre 4.7 ? Dans la Traduction œcuménique de la Bible, cette proposition semble être reliée uniquement à ce qui précède, mais la formulation présentée dans d’autres versions suggère que le but introduit par afin que se réfère à l’ensemble des versets 4.7b-11a. La mention de « toutes choses » suggère aussi cette dernière interprétation. Plusieurs versions l’adoptent : « il faut qu’en toutes choses gloire soit rendue à Dieu… » (Bible en français courant) ou « Agissez en toutes ces choses de manière à ce que la gloire revienne à Dieu » (La Bible du Semeur). On pourrait dire « Tout ce que vous faites par Jésus-Christ doit glorifier Dieu ».

par Jésus Christ : en grec ces mots se trouvent après Dieu soit … glorifié. Cette expression peut signifier deux choses : soit que Jésus-Christ est celui qui rend les gens capables de louer Dieu, soit c’est à cause de Jésus-Christ que les croyants doivent louer Dieu. Dans le premier cas, on pourra dire « Jésus-Christ rend cela possible ». Si la seconde interprétation est préférée, une formulation possible sera « il faut qu’en toutes choses Dieu soit glorifié parce que vous appartenez à Jésus-Christ ». Pour faire ressortir les implications de ce but, il est possible de dire « dans tout ce que vous faites, soyez sûrs que cela serve à glorifier Dieu par Jésus-Christ ».

Dieu soit totalement glorifié : la traduction du grec « en toutes choses » par l’adverbe totalement dans la Traduction œcuménique de la Bible n’est pas convaincante. Le sens n’est pas qu’il sera totalement glorifié, mais qu’« en toutes chose qu’il soit glorifié ». Cette expression rappelle « la fin de toutes choses » (1 Pierre 4.7) et « avant toutes choses » (1 Pierre 4.8) au début de cette section et semblerait être une inclusion, une répétition signalant la fin de cette section.

glorifié veut dire « louer » ou « honorer ». Voir 1 Pierre 2.12. Dans beaucoup de langues, il vaut mieux tourner à l’actif : « afin que les gens louent Dieu en toute choses ».

à qui appartiennent gloire et domination pour les siècles des siècles : à qui se rapporte très probablement à Dieu plutôt qu’à Jésus Christ. En effet, dans les formules de louange dans le NT il est plus fréquent d’attribuer gloire et domination à Dieu, bien que l’ordre des mots du texte grec puisse suggérer les deux interprétations. Comp. 1 Pierre 5.11. En fait, les versions sont divisées à ce sujet : la traduction de la Traduction œcuménique de la Bible suggère qu’il s’agit de Dieu, mais plusieurs versions (Bible en français courant, Parole de Vie, Bible de Jérusalem, Nouvelle Bible Segond) semblent opter pour Jésus Christ.

gloire et domination : pour gloire, voir ci-dessus. domination rend un mot qui veut dire « force » ou « puissance ». Voir Éph 1.19. Ainsi la Bible en français courant parle de « la gloire et la puissance ».

pour les siècles des siècles est litt. « d’âge en âge ». Dans la majorité des langues on dira simplement « pour toujours ». Dans certaines langues, un idéophone pourra exprimer cette notion. Dans d’autres langues, il sera nécessaire de formuler cette proposition dans une phrase indépendante, par exemple « Dieu possède la gloire et la puissance pour toujours ». La Parole de Vie dit « A lui [Dieu] la gloire et la puissance pour toujours ». On pourra aussi dire « il mérite l’honneur et le pouvoir pour toujours ».

Amen : beaucoup de langues ont un mot d’emprunt, par exemple, « amin », mais parfois il n’est utilisé que pour marquer la fin d’une prière. Ici il a le sens « Qu’il soit ainsi », qui peut être rendu dans la traduction.

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 4.12

4.12-19

Bonheur promis aux persécutés

Les biblistes ne sont pas tous d’accord en ce qui concerne l’emplacement de cette section dans la lettre, mais ces différences n’affectent en rien la traduction. Les traducteurs doivent suivre le texte tel qu’il se présente dans le texte canonique. On peut remarquer que les écrits ici s’accordent, quand même, avec l’objectif général de la lettre, surtout en ce qui concerne les encouragements adressés aux chrétiens qui subissent de nombreuses difficultés à cause de leur foi. Considérée dans cette perspective, la section semble récapituler les thèmes déjà présentés dans la lettre, parmi lesquels les souffrances que subissent les chrétiens ( 1 Pierre 4.12, 1 Pierre 4.19), le Christ (1 Pierre 4.13) et l’imminence du jugement ( 1 Pierre 4.17).

Bien-aimés : pour cette expression basée sur le mot « amour », voir 1 Pierre 2.11. Cette façon de s’adresser aux lecteurs convient bien ici pour plusieurs raisons. D’abord, c’est la façon typique pour l’auteur d’introduire une nouvelle section. Pierre est sur le point d’aborder de nouveau le problème de la souffrance et ainsi il attire l’attention de ses lecteurs. En même temps, elle réaffirme la relation étroite qui existe entre l’auteur et ses destinataires. Ici, comme en 1 Pierre 2.11, Bien-aimés est rendu en Bible en français courant et en La Bible du Semeur par « Mes chers amis », et dans la Parole de Vie par « Amis très chers ». On pourrait aussi dire « Vous, mes amis » ou « mes frères si chers ».

ne trouvez pas étrange : les lecteurs sont tout d’abord exhortés à ne pas être surpris par ce qui leur arrive. Le verbe grec traduit par trouver étrange est le même qu’au 1 Pierre 4.4. Il est possible que la persécution fasse déjà partie de l’expérience quotidienne des chrétiens ou qu’elle se soit intensifiée de façon inattendue. Dans les deux cas, on pourrait dire « ne vous étonnez pas » (Bible en français courant) ou « Ne soyez pas surpris » (Parole de Vie).

d’être dans la fournaise de l’épreuve est litt. « l’incendie (qui est) parmi vous comme épreuve ». L’image du feu est souvent utilisée pour décrire une persécution ou souffrance particulièrement forte. la fournaise rend un terme grec rarement utilisé dans la Bible. Il désigne soit la destruction par le feu (Apoc 18.9,18 et Amos 4.9, version grecque), soit la purification par le feu de métaux précieux (Prov 27.21, aussi en grec). En tenant compte de 1 Pierre 1.6 et de la mention de l’épreuve, ce second sens semble s’imposer ici. Les souffrances subies par les chrétiens sont comparées de façon imagée à la manière dont des métaux comme l’argent et l’or sont exposés au feu pour être débarrassés de toute impureté. Souligner ainsi les souffrances des chrétiens s’accorde bien avec l’accent mis par la lettre sur la proche fin des temps. En effet, la fin du monde est plusieurs fois évoquée dans le NT en relation avec un feu ardent : 1 Pierre 1.7 ; 1 Cor 3.13 ; Apoc 8.5,7.

Certains y voient une allusion aux persécutions subies par certains chrétiens condamnés à être brûlés à cause de leur foi, mais rien dans le texte ne justifie cette interprétation littérale. Dans certaines langues, on pourra garder l’image en disant, par exemple, « ne soyez pas étonnés parce que vous êtes en plein feu de l’épreuve » ou en faisant une comparaison : « ne soyez pas surpris par les épreuves qui vous font souffrir, comme un feu qui brûle ».

épreuve : il s’agit du même mot qui se trouve dans le « Notre Père », rendu souvent par « tentation ». Mais ici il se réfère aux souffrances, la mise à l’épreuve de la foi de la communauté. Si nécessaire, on pourra parler de « la façon dont votre foi est éprouvée ».

comme s’il vous arrivait quelque chose d’anormal : le mot grec rendu ici par quelque chose d’anormal est de la même racine que le verbe trouvez étrange du début du verset. Certains commentateurs pensent qu’il est possible que des chrétiens d’origine non juive devaient trouver anormal de souffrir pour leur foi. Par contre, pour des Juifs, souffrir n’avait rien de surprenant, car l’histoire de leur peuple abondait en défaites, exils et souffrances diverses. La leçon ici, c’est que la souffrance n’est pas étrangère au sort des chrétiens. On pourra dire « Ne pensez pas être les seuls à qui cela arrive ».

La Parole de Vie offre un bon modèle, même si certains la jugeront trop explicite : « Amis très chers, vous êtes dans le feu de la souffrance. Ne soyez pas surpris, ce n’est pas étonnant ! Ce feu va montrer ce que vous valez », c’est-à-dire « si votre foi est solide ».

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 4.13

Mais rend la conjonction forte de contraste ἀλλά alla en grec. Au lieu de s’étonner face à leurs souffrances, les chrétiens devraient « plutôt se réjouir » (Bible en français courant). Pour marquer le contraste, on pourra reprendre une partie du verset précédent : « Ne soyez pas étonnés, mais réjouissez-vous » ou « Au lieu d’être surpris, réjouissez-vous… » Les chrétiens doivent être heureux quand ils souffrent pour leur foi, car ils ont part aux souffrances du Christ. Cette idée de la joie au milieu de la tristesse se trouve souvent dans les Psaumes et apparaît dans cette lettre déjà en 1 Pierre 1.6.

dans la mesure où vous avez part aux souffrances du Christ, réjouissez-vous : la Traduction œcuménique de la Bible reflète le grec mais la Bible en français courant, parmi d’autres versions, intervertit les propositions : « Réjouissez-vous plutôt d’avoir part aux souffrances du Christ ». Voir aussi Segond Révisée : « Au contraire, réjouissez-vous de participer aux souffrances du Christ ».

dans la mesure où rend un seul mot en grec. Le sens pourra aussi être rendu par une conjonction comme « puisque » qui introduit un fait réel. Plusieurs versions choisissent de l’omettre, comme la La Bible du Semeur qui dit, par exemple, « Au contraire, réjouissez-vous, car vous participez aux souffrances du Christ ». Une traduction comme celle de la Parole de Vie, « Si vraiment vous participez… » sera à éviter si elle implique un doute. Ce mot grec introduit en fait une supposition partagée par le locuteur et le destinataire.

vous avez part aux souffrances du Christ est litt. « dans la mesure où vous partagez (dans) les souffrances du Christ ». Le Christ est toujours présenté en tant qu’exemple ( 1 Pierre 2.21 ; 1 Pierre 3.18). mais ici, ce qu’il y a de nouveau, c’est qu’en souffrant, les croyants ont part aux souffrances du Christ. La note de la Traduction œcuménique de la Bible dit « Le verbe employé est très fort : le chrétien n’imite pas seulement l’exemple du Christ [1 Pierre 2.21], il partage ses souffrances ». Mais avoir part aux souffrances n’implique pas que les chrétiens souffrent de la même façon que le Christ : ils ne subissent pas des souffrances identiques, c’est-à-dire la crucifixion. Mais ils peuvent quand même être mal traités à cause de leur croyance et leurs actes posés en tant que chrétien. vous avez part aux souffrances du Christ ne veut pas dire non plus que les chrétiens participent à l’œuvre salutaire que le Christ accomplit en faveur des humains par ses souffrances et sa mort. Les traducteurs devraient veiller à ne pas communiquer ces nuances incorrectes. Certains biblistes voient dans cette expression une référence au baptême, au cours duquel les chrétiens passent symboliquement par une mort et une résurrection semblables à celles du Christ. Ainsi, comme membres de l’Église, c’est-à-dire, du corps de Christ, ils s’identifient au Christ même dans ses souffrances. Mais cette interprétation, même si elle est logique, n’est pas suivie par la majorité. D’autres voient encore dans ces souffrances une référence aux malheurs à venir à la fin des temps, lorsque le Messie va venir. Voir, par exemple, Marc 13.9 et 2 Thess 2.2-3. Cette interprétation a l’avantage de se conformer à la perspective de la fin des temps dans cette lettre. Face à ces difficultés d’interprétation, il est conseillé de chercher une traduction assez générale, par exemple, « vous souffrez comme le Christ a souffert » ou « vous suivez l’exemple de Christ, qui a lui aussi, souffert ».

Pour Christ, voir 1 Pierre 1.11. Ici en grec le mot Christ est précédé de l’article défini. La présence de cet article peut insister sur la fonction de titre, « du Messie ». L’expression signifierait alors « avoir part aux souffrances associées à la venue du Messie ». Mais aucune version n’adopte une telle interprétation.

afin que (ἵνα hina) introduit un but : les chrétiens vont à l’avenir éprouver la joie malgré la persécution.

lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse : beaucoup de versions intervertissent l’ordre des éléments, pour dire « afin que vous soyez également remplis d’une grande joie quand il révélera sa gloire à tous » (Bible en français courant), « afin d’être remplis de joie quand il paraîtra dans toute sa gloire » (La Bible du Semeur), « afin de vous réjouir aussi avec allégresse, lors de la révélation de sa gloire » (Segond Révisée). Mais dans beaucoup de langues, l’ordre du grec sera préférable.

lors de la révélation de sa gloire : il s’agit sans doute d’une allusion au retour du Christ, le mot révélation rendant le terme grec qui donne en français « l’apocalypse ». Le possessif sa se rapporte au Christ. Ainsi la Bible en français courant dit « quand il [le Christ] révélera sa gloire à tous ». Voir 1 Pierre 1.7, 1 Pierre 1.13.

gloire : voir 1 Pierre 1.21. Le mot a diverses significations dans le NT, selon les contextes. Ici gloire semble se référer au Christ lui-même manifestant sa puissance et sa grandeur lors de son retour. Ainsi on pourra dire « quand il reviendra avec puissance et grandeur », mais il est aussi possible de rendre le terme grec littéralement. La Bible en français courant dit « il révélera sa gloire » et la Contemporary English Version parle de « son glorieux retour ». Mais pour rendre l’idée explicite, on pourra dire « quand les gens verront combien il est merveilleux » ou « combien il est grand ».

vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse est litt. « vous vous réjouissiez en étant dans l’allégresse ». Les deux verbes grecs correspondants se trouvent déjà en Matt 5.12 : litt. « Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse ». L’expression suggère une joie extrême, ainsi « remplis d’une grande joie » (Bible en français courant), « heureux et pleins de joie » (Parole de Vie) ou « d’une joie extraordinaire ». Si les chrétiens demeurent joyeux malgré leurs souffrances, ils le seront d’autant plus lors du retour du Christ. S’il n’y a pas deux expressions dans la langue cible (joie et allégresse), on pourra exprimer l’intensité de cette joie : « afin que vous soyez très joyeux » ou « extrêmement content ». Une expression verbale sera aussi possible : « afin que vous vous réjouissiez beaucoup », « afin que votre bonheur abonde » ou, dans certaines langues, « dépasse ».

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 4.14

La première partie de ce verset rappelle Matt 5.11. En raison des allusions dans la lettre à différentes déclarations de Jésus rapportées dans les Évangiles, certains commentateurs pensent que l’apôtre Pierre a écrit ces paroles en se souvenant de ce qu’il a entendu Jésus enseigner de son vivant. Mais il vaut mieux y voir des références aux paroles de Jésus qui faisaient partie des enseignements de la première Église. Pour les premiers chrétiens, en effet, de telles déclarations avaient une grande autorité.

Si l’on vous outrage est litt.« Si vous êtes insultés ». La conjonction Si n’évoque pas une simple éventualité, mais un fait réel. Elle pourrait donc être rendue par « Quand ».

outrage : le verbe grec se trouve également en Matt 5.11. Dans la lettre, il n’est utilisé qu’ici, mais des termes ayant un sens similaire ont été employés précédemment, par exemple en 1 Pierre 2.23 (Lui qui, insulté, ne rendait pas l’insulte) ou 1 Pierre 4.4 (« ils vous insultent », Bible en français courant). Le verbe ici désigne une action agressive, principalement en paroles. Ainsi « si vous êtes insultés » conviendra, bien qu’une attaque d’ordre physique ne soit pas exclue. La Traduction œcuménique de la Bible et la Bible en français courant tournent le passif à l’actif avec le pronom indéfini on comme sujet. On pourra aussi dire « Quand les gens vous insultent » ou, à la limite, « si vos ennemis vous insultent ».

pour le nom du Christ est une expression idiomatique qui, dans le NT, signifie « à cause du Christ ». La La Bible du Semeur dit « parce que vous appartenez au Christ », la Bible en français courant et la Parole de Vie, « parce que vous êtes disciples du Christ », et la Contemporary English Version « parce que vous êtes chrétiens ». Il vaut mieux ne pas introduire des mots qui ne paraissent pas dans le texte (« disciple » « chrétien »), mais on pourra dire « Quand les gens vous insultent parce que vous appartenez au Christ… » Dans plusieurs langues, la notion de nom est bien compris et ces mots peuvent être rendus d’une manière assez littérale.

heureux êtes-vous : Voir 1 Pierre 3.14 où il s’agit du même terme grec.

car (grec : ὅτι hoti) introduit la raison pour laquelle les chrétiens doivent et peuvent être heureux. On pourra dire « parce que », « cela signifie que ».

l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous : si les croyants, bien qu’insultés à cause du Christ, demeurent heureux, ils montrent qu’ils sont animés par le Saint-Esprit. Les biblistes sont d’accord : Esprit de gloire et Esprit de Dieu désignent le même Esprit. Dans la construction Esprit de gloire, de gloire exprime une relation qualitative, autrement dit « l’Esprit qui est glorieux ». Pour Esprit de Dieu, il y a plusieurs possibilités : « l’Esprit qui est de Dieu », « l’Esprit qui vient de Dieu », ou tout simplement l’Esprit de Dieu. La La Bible du Semeur propose « l’Esprit glorieux, l’Esprit de Dieu », mais la Parole de Vie renverse l’ordre : « l’Esprit de Dieu, l’Esprit glorieux », une autre possibilité. Les lecteurs/auditeurs ne devraient pas comprendre qu’il s’agisse de deux Esprits différents. On pourra dire « l’Esprit de gloire, qui est l’Esprit de Dieu ».

Pour gloire, voir 1 Pierre 1.7, 1 Pierre 1.8, 1 Pierre 1.11, etc. Dans ce contexte il peut s’agir de « l’Esprit puissant de Dieu » ou de « l’Esprit qui révèle la présence glorieuse de Dieu ». On peut aussi supposer que gloire concerne les chrétiens, par exemple, « l’Esprit qui procure la gloire aux croyants », mais ceci n’est pas une interprétation très probable et n’est attestée dans aucune version.

repose sur vous suggère la présence continuelle, constante, de l’Esprit dans et parmi les chrétiens. Le peuple juif croyaient et espéraient, en effet, qu’à la fin des temps, l’Esprit divin serait accordé aux membres du peuple de Dieu. Voir Joël 3.1-2 et Act 2.17-18. Or, le texte affirme ici que la présence de l’Esprit est déjà accordée aux croyants. qui les soutiendraient pendant les derniers moments du monde. A cela s’ajoute le fait que le secours de l’Esprit de Dieu a été promis aux croyants affrontant la persécution (Marc 13.11 ; Luc 12.11-12 ; Act 4.8 ; 7.55). repose sur vous ne veut pas dire « peser sur vous », mais « reste » ou « demeure avec vous ». Dans certaines langues, il y aura une expression idiomatique « sera sur vous », « sera sur votre tête » ou « sur votre dos ».

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 4.15

Que nul d’entre vous n’ait à souffrir : ce n’est pas n’importe quelle souffrance qui doit être cause de bonheur. Le présent verset et le suivant apportent une précision à cet égard, en développant une idée déjà abordée en 1 Pierre 2.20. Il faut que les chrétiens soient sûrs que leurs souffrances ne sont pas dues à leurs propres actions mauvaises. La Parole de Vie rend le début du texte par « Parmi vous, si quelqu’un souffre, il ne faut pas que cela lui arrive parce qu’il a tué… ». La Good News Bible dit aussi « Si l’un de vous souffre, cela ne doit pas être parce qu’il est un meurtrier ». Dans certaines langues, il sera difficile de passer du pluriel « (quelqu’un de) vous » au singulier « il », de sorte qu’il sera plus naturel d’employer le pluriel tout au long du verset, ainsi : « Si vous souffrez, cela ne doit pas être parce que vous seriez meurtriers… » La relation de cause devra parfois être explicitée, par exemple « Si vous souffrez, cela ne doit pas être parce que vous seriez coupables de meurtre » ou « Si vous souffrez, vous ne devez pas souffrir parce que vous seriez meurtriers ».

comme meurtrier, voleur ou malfaiteur : les deux premiers termes seront facilement rendus dans la majorité des langues, mais la série meurtrier, voleur ou malfaiteur pourra poser problème, si elle suggère que les meurtriers ou les voleurs ne sont pas des malfaiteurs. En fait, comme dit ci-dessus, malfaiteur a sans doute un sens général, englobant plusieurs façons de commettre le mal aux dépens des autres. Il sera donc possible de dire « meurtrier, voleur ou coupable de n’importe quel autre méfait ». On pourra aussi dire « Si vous souffrez, ce ne doit pas être pour un meurtre, un vol ou n’importe quel autre crime ». Cette liste rappelle en partie les dix commandements.

meurtrier : il s’agit d’une personne qui tue un autre être humain, son prochain. Dans beaucoup de langues, il s’agira d’un nom composé, par exemple « homme-tuer-personne ».

voleur : il s’agit de quelqu’un qui vole ce qui appartient à un autre.

malfaiteur rend le même terme en grec que celui utilisé en 1 Pierre 2.12, 1 Pierre 2.14 (et en 1 Pierre 3.16, dans une variante textuelle). Un substantif de même racine figure en 1 Pierre 3.17 : « en faisant le mal ». Ce mot a un sens plus large que les deux premiers, se référant à quelqu’un qui commet toutes sortes de maux. Voir 1 Pierre 2.12.

se mêlant des affaires d’autrui : ces mots rendent un seul mot en grec, qui ne se retrouve nulle part ailleurs dans le NT, ni dans la littérature grecque de l’époque. Pour cette raison, son sens est incertain, et les versions en donnent diverses traductions : « espion », « insurgé », « dénonciateur ». Dans une note, la version Osty-Trinquet donne une variante : « avide du bien d’autrui ». En fait, d’après certaines études, la racine désigne quelqu’un qui examine les affaires des autres, ce qui justifie la traduction de la Traduction œcuménique de la Bible. La Bible en français courant et la La Bible du Semeur sont similaires. Dans certaines langues, l’idée sera rendue par une expression idiomatique.

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.