Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 5.7

déchargez-vous rend un participe en grec, « jetant sur », le même verbe utilisé par Luc pour décrire les disciples en train de jeter leurs habits sur l’âne que Jésus allait monter (1 Pierre 19.35). L’idée est que les croyants doivent transmettre le poids de leurs soucis à Dieu. Le participe est en rapport étroit avec l’impératif, Humiliez-vous du verset précédent. « Jeter tous ses soucis sur Dieu » et s’en remettre à lui est aussi un acte d’humilité. La plupart des versions rendent ce participe par un impératif, comme dans la Traduction œcuménique de la Bible et la Bible en français courant. On pourra ainsi dire « remettez », « confiez », ou « abandonnez tous vos soucis à Dieu ». En nous déchargeant de nos soucis, nous ne sommes plus inquiets. Beaucoup de versions gardent un langage figuré (« Mettez … vos soucis dans la main de Dieu », Parole de Vie), tandis que d’autres utilisent des expressions idiomatiques : « Confiez à Dieu toutes vos préoccupations », « Laissez Dieu s’occuper de vos soucis pour vous ». Mais si possible, il vaut mieux garder cette l’image frappante d’un poids lourd qui est transféré d’une personne à une autre, dans ce cas, à Dieu.

tous vos soucis est au singulier en grec. Cependant, l’adjectif tout suggère un pluriel. Les traducteurs devraient utiliser la forme qui convient dans leur langue. Le texte n’indique pas de quelle nature sont ces soucis, mais, d’après le contexte, il s’agit certainement des différentes épreuves et persécutions subies par les chrétiens.

car il prend soin de vous est la raison qui justifie la précédente exhortation, comme l’indique la conjonction car.

Le verbe grec traduit par prend soin implique l’idée de se soucier de, guider, soutenir et, dans le présent contexte, de ne pas rester indifférent à la situation des chrétiens. Comme le rapportent les Évangiles, Jésus exhorte ses disciples à ne pas se faire du souci, puisque Dieu sait de quoi ils ont besoin (Matt 6.25-34 ; Luc 12.22-31). Certains commentateurs y voient un trait distinctif de la tradition judéo-chrétienne. Alors que d’autres religions mettent l’accent sur d’autres qualités divines, la foi chrétienne repose d’abord sur la certitude que Dieu se soucie de la condition de chacun. prend soin de vous ne veut pas dire simplement qu’il les aime ; le verbe suggère qu’il subvient aux besoins des croyants.

Après ces exhortations importantes, dans ce qui suit, Pierre rappelle à ses auditeurs/lecteurs l’importance de la vigilance et de la fermeté dans la foi.

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 5.8

Soyez sobres : voir 1 Pierre 1.13 ; 1 Pierre 4.7. Dans certaines langues, on pourra dire « Soyez bien éveillés » (Bible en français courant) ou « Soyez constamment prêts ».

veillez exprime une idée parallèle à celle de Soyez sobres. Le sens est littéralement de « rester éveillé », comme lorsque Jésus a demandé à Pierre de veiller avec lui (Matt 26.40). Les deux verbes soyez sobres et veillez se trouvent également, mais dans l’ordre inverse, en 1 Thess 5.6, un autre passage centré sur la fin des temps. Ils sont aussi utilisés séparément dans divers autres textes du NT concernant la fin des temps : Matt 24.42-43 ; Luc 12.37 ; 2 Tim 4.5 ; Apoc 3.2-3 ; 16.15. Au vu de tous ces textes, il est fort probable que l’exhortation à la vigilance faisait partie de l’enseignement chrétien relatif à la fin du monde. Dans certaines langues, on pourra dire « restez éveillé » au sens figuré. Sinon, on pourra dire « soyez prêts quoi qu’il arrive ».

Votre adversaire, le diable … rôde : Pierre présente maintenant la raison pour laquelle les chrétiens doivent rester vigilants. Ils ne doivent pas se laisser surprendre par leur ennemi, le diable. Le texte dit littéralement « votre adversaire diabolique, comme un lion rugissant, rôde ».

Votre adversaire : le mot grec est litt. le « plaignant » ou « accusateur », c’est-à-dire l’adversaire dans un procès (Matt 5.25 . Voir aussi Prov 18.17). Mais au sens plus large, le terme est utilisé pour désigner des ennemis en général. Voir, par exemple, 1 Sam 2.10.

le diable : bien qu’il s’agisse d’un adjectif en grec, la majorité des versions rendent ce mot par un nom. Des allusions au diable ou Satan se trouvent déjà dans quelques livres de l’AT, par exemple Zach 3.1 ; Job 1.6-12 ; 1 Chron 21.1. Pendant les deux derniers siècles avant l’ère chrétienne, il devient courant de décrire le diable comme le prince du mal, l’ennemi de Dieu et du Messie, toutefois autorisé par Dieu à dominer le monde pour un temps déterminé. Voir Jean 14.30 ; 1 Jean 5.19. Il est dit ailleurs dans les Écritures que juste avant la fin du monde, le diable déchaînera son pouvoir afin de tromper les croyants (Matt 24.4-28 ; 2 Thess 2.3-12 ; 2 Tim 3.1-9 ; Apoc 20.7-8). Dans l’AT le mot a le sens d’« accusateur » (avec l’implication que ses accusations sont fausses). Mais le mot devient assez vite un titre ou un nom propre. C’est pourquoi quelques versions mettent une majuscule ici (Bible de Jérusalem, Good News Bible). De nombreuses langues possèdent déjà un nom propre pour le diable qui peut être employé ici. Sinon, on devra créer une expression, par exemple, « le chef des démons » ou « le patron des mauvais esprits ». La Parole de Vie parle de « l’esprit du mal ».

On pourrait combiner ou invertir les deux mots adversaire et diable pour parler du « diable, celui qui est contre vous » ou de « votre ennemi, le diable » (Bible en français courant).

comme un lion rugissant : dans l’AT le lion est un symbole de puissance, mais aussi un symbole de danger et de cruauté (Ps 22.14). Ici la base de la comparaison est la férocité du lion. Dans plusieurs cultures, les gens ont très peur d’un lion rugissant, car ils pensent qu’il est en train de chercher sa proie ou de préparer son attaque. On pourra parler d’un lion qui « crie ». Si le lion n’est pas connu, on sera obligé de parler d’« un animal féroce criant très fort » ou, à la limite « qui fait peur » ou « terrifiant ». Il faut éviter une traduction « à définition » telle que « comme un animal cruel qu’on appelle “lion” ». De telles expressions seraient inappropriées dans ce genre d’exhortation.

rôde : selon la majorité des versions, rôde est associé à diable et non à lion, même si la description convient aux deux. Le verbe en grec signifie tout simplement « marcher », comme lorsque Jésus marchait le long du lac de Galilée (Matt 4.18). Mais la traduction rôde en français convient car déjà dans le livre de Job, Satan est présenté comme « parcourant » la terre (Segond Révisée). On pourra dire qu’il « va ici et là », « il va et vient », ou « Il va partout » (Parole de Vie).

cherchant qui dévorer décrit l’activité typique d’un lion mais, dans la majorité des versions françaises, cet acte est prêté au diable (Traduction œcuménique de la Bible, Parole de Vie, Bible de Jérusalem). cherchant rend un participe, mais dans beaucoup de langues on préférera commencer une nouvelle phrase : « il cherche quelqu’un à dévorer ». Les victimes supposées ici sont, bien sûr, les chrétiens.

dévorer est littéralement « avaler » ou « engloutir ». Dans le présent contexte, il se réfère à l’activité du diable cherchant à détruire soit la foi des croyants, soit les croyants eux-mêmes. Mais ce mot est certainement utilisé ici, par rapport à l’activité des lions qui déchirent et avalent leur proie. Dans beaucoup de langues, un verbe comme « manger » peut convenir, car il a souvent plusieurs sens : « manger », mais aussi « détruire ». Notez que Pierre considère que derrière ceux qui persécutent les chrétiens, c’est le diable qui est à l’œuvre.

Deux légères variations textuelles existent. Dans quelques manuscrits, on a plutôt « qu’il puisse dévorer », tandis que d’autres omettent qui. Ces variations n’affecteront pas la traduction.

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 5.9

Résistez-lui, fermes dans la foi : cette exhortation s’impose avec urgence en raison de l’activité constante du diable. Notez, cependant que les croyants ne sont pas appelés à combattre leurs persécuteurs, mais plutôt Satan. Voir aussi 1 Pierre 3.9 et 1 Pierre 4.13. En effet, si les croyants sont exhortés à résister, c’est « en demeurant fermes dans la foi » (Bible en français courant), autrement dit, en ne trahissant pas leur foi, malgré toutes les persécutions dont ils sont victimes. Il faudra que la traduction de Résistez-lui indique clairement qu’il s’agit de résister au diable. On pourrait dire « Ne cédez pas au diable » ou « Refusez d’écouter le diable ».

fermes dans la foi : comme ailleurs (1 Pierre 1.5, 1 Pierre 1.7,1 Pierre 1.9, 1 Pierre 1.21), le mot foi se réfère soit à leur confiance en Dieu et en Jésus-Christ, soit à l’ensemble des doctrines ou des croyances auxquelles les chrétiens adhèrent. La première interprétation est sans doute la bonne. De ce point de vue, demeurer fermes dans la foi veut dire que, malgré les persécutions, les croyants devraient garder une foi inébranlable en Dieu qui leur accordera une pleine délivrance à la fin, comme le montre le verset suivant. Dans certaines langues, l’expression positive fermes dans la foi ou « en demeurant fermes dans la foi » devra être rendue sous une forme négative, par exemple, « ne laissez pas s’affaiblir votre foi en Dieu ». Mais si possible, il vaut mieux rester près du texte : « gardez (bien) votre confiance en Dieu », « restez ancré dans votre foi ».

sachant que continue la première partie du verset, mais plusieurs versions préfèrent commencer une nouvelle proposition ou phrase ici : « car vous savez que… » (La Bible du Semeur), « Rappelez-vous que… » (Bible en français courant), « Vous le savez… » (Parole de Vie), « Vous savez fort bien que… »

les mêmes souffrances sont réservées à vos frères, dans le monde : pour souffrances, voir 1 Pierre 1.11.

sont réservées : comment comprendre ce verbe grec ἐπιτελέω epiteleô ? D’après son emploi dans la littérature grecque, trois possibilités se présentent :
1. « payer une taxe ». Ainsi une traduction propose « vos frères paient la même somme de souffrances ». Comp. « sont imposées » (Osty-Trinquet).
2. « réaliser un devoir religieux » qui donnera, par exemple, « le même genre de souffrance est exigé de vos frères ».
3. « supporter jusqu’au bout », « accomplir ». Spicq suggère le sens « mener à bien… accomplir à la perfection » (p. 175) et ainsi la Bible de Jérusalem propose « que la communauté des frères… supporte ».

En adoptant la dernière interprétation comme la plus probable, on peut parler des souffrances « que les frères doivent connaître/endurer jusqu’au bout » ou « par lesquels vos frères vont passer ». Plus simplement on peut dire que les frères vont « souffrir de la même manière que vous » ou « doivent affronter les mêmes souffrances que vous ».

à vos frères, dans le monde est littéralement « à votre fraternité dans le monde » (Osty-Trinquet). Le terme « fraternité » (ἀδελφότης adelphotês) désigne les frères et sœurs chrétiens. Voir 1 Pierre 1.22 ; 1 Pierre 2.17 ; 1 Pierre 3.8. La note Traduction œcuménique de la Bible dit : « Litt. à votre fraternité. Tous les chrétiens, dispersés dans le monde, ne forment qu’une seule famille ». Le mot frères n’exclut pas les femmes, d’où « vos frères et sœurs chrétiens » (Parole de Vie).

monde : certains biblistes pensent que le mot κόσμος kosmos fait référence ici à la partie de la création qui est mauvaise et s’oppose à Dieu (Jean 8.23 ; 1 Jean 5.19). Mais dans ce contexte, il vaut mieux comprendre ce terme dans son sens géographique, ainsi « dans le monde entier » (Bible en français courant, Parole de Vie), « partout dans le monde » ou « dans d’autres parties du monde ». Il se peut qu’à cette époque, les chrétiens d’Asie Mineure n’aient pas été les seuls à souffrir. La souffrance frappait les chrétiens en tous lieux. Ces propos sont donc évoqués pour encourager les destinataires de la lettre à supporter leurs souffrances en prenant conscience de leur solidarité avec les croyants de toutes les régions du monde.
Commentaire sur la traduction de l’Ecclésiaste 5.10-11

Pris littéralement, il semble s’agir d’une prière, qui finit par la particule Amen. Bien que certaines versions le présentent ainsi (notamment la Traduction œcuménique de la Bible, ainsi que la traduction en anglais New International Version), plusieurs versions en français et anglais inversent l’ordre grec pour commencer par la proposition subordonnée, « Quand vous aurez souffert un peu… » (Nouvelle Bible Segond). Même si ce changement aide dans la compréhension, il cache le caractère de ce passage. Si possible, il faudrait suivre l’ordre en grec de ce passage, ainsi que son genre.

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 5.10

Le verset débute par la conjonction δέ de, qui peut être traduite par « Et » (Osty-Trinquet) ou « Mais » (La Bible du Semeur, Good News Bible). Mais au début de cette prière il a probablement le sens de « Maintenant ». Comme expliqu’e ci-dessus, ce verset se présente comme une prière. Ainsi on pourra dire « Maintenant le Dieu de toute grâce…. »

Le Dieu de toute grâce : comme expliqué à travers ce manuel, le mot grâce a plusieurs sens selon les contextes. Ici il peut être synonyme de « don » comme en 1 Pierre 4.10, auquel cas, Le Dieu de toute grâce signifierait « Le Dieu dont les dons suffisent pour tous les besoins et toutes les situations ». Mais il peut aussi être compris comme en 1 Pierre 1.2, au sens de l’amour divin immérité par les humains. Le Dieu de toute grâce voudrait dire alors « Dieu, qui nous aime tant » (Parole de Vie). Il faut noter que la plupart des versions en restent à une traduction littérale, sans chercher à expliciter le sens de l’expression. Néanmoins le sens le plus probable serait « Le Dieu qui est bon » ou « généreux en toutes choses », « Le Dieu qui nous montre un amour sans limite ».

qui vous a appelés à sa gloire éternelle : pour appelés, voir 1 Pierre 1.15.

gloire éternelle : pour gloire, voir 1 Pierre 4.13 et 1 Pierre 5.1, où gloire est associée au Christ plutôt qu’à Dieu comme ici. Néanmoins le mot décrit la même réalité. L’adjectif éternelle (grec : αἰώνιος aiônios) marque le contraste entre les souffrances momentanées des croyants mentionnées à la fin du verset (« Vous aurez à souffrir encore un peu de temps », Bible en français courant) et la délivrance qui leur sera accordée pour toujours. On pourra rendre explicite « qui vous a appelés afin que vous puissiez participer à sa gloire éternelle », « sa grandeur qui durera toujours », ou « sa gloire qui ne cessera jamais ».

en Christ : quelques manuscrits anciens ont « en Jésus-Christ ». La version Good News Translation de l’ABU (4e édition révisée) met « Jésus Christ » dans le texte, en plaçant « Jésus » entre crochets ([…]). Ceci montre que cette variante n’est pas du tout sûre. en Christ peut être relié à appelés, ce qui signifierait « qui vous a appelés par le Christ », mais il peut aussi être en rapport avec gloire. Ainsi les chrétiens participeraient à la gloire divine, comme dans la Bible en français courant : « Dieu… vous a appelés à participer à sa gloire éternelle dans la communion avec Jésus-Christ ». En effet, Paul emploie fréquemment en Christ avec la même connotation d’union intime avec le Christ. En suivant cette deuxième interprétation on pourra commencer une nouvelle proposition ou phrase, par exemple, « Dieu vous a appelés à participer à sa gloire éternelle, ce qui est rendu possible grâce à votre union avec Jésus-Christ » ou « Cela arrivera parce que vous êtes unis à Jésus-Christ ».

vous rétablira lui-même est inséré par la Traduction œcuménique de la Bible, des mots qui seront repris dans cette versions après la prochaine proposition, après que vous aurez souffert un peu de temps. Si la répétition aide la compréhension, elle est permise, mais dans la majorité des langues il vaudrait mieux suivre le texte tel qu’il se présente.

après que vous aurez souffert un peu de temps : une fois de plus, l’apôtre assure les chrétiens que leurs souffrances ne sont que momentanées et que leur délivrance est proche (comp. 1 Pierre 1.6). Plusieurs versions placent cette proposition au début du verset, pour marquer sa relation avec le verset précédent. Voir par exemple « Vous aurez à souffrir encore un peu de temps. Mais Dieu… » (Bible en français courant), « Mais quand vous aurez souffert un peu de temps, Dieu… » (La Bible du Semeur), « Vos souffrances vont durer un certain temps. Mais Dieu… » (Parole de Vie). Mais il est préférable de maintenir l’aspect de prière de ce texte. Dans beaucoup de langues, il est possible pour de telles propositions subordonnées d’interrompre, pour ainsi dire, la phrase en cours.

un peu de temps : Pierre essaie de rassurer les chrétiens. Les souffrances qu’ils endurent ne vont pas continuer pour toujours. Elles ne dureront que peu de temps. La Bible en français courant dit « Vous aurez à souffrir encore un peu de temps ». Pour montrer l’aspect temporaire de la souffrance, on pourrait dire « Après que vous aurez souffert, et cela ne sera pas très long, il vous rétablira… »

vous rétablira lui-même est l’une des quatre actions mentionnées dans ce verset que Dieu effectuera en faveur des croyants au moment de leur délivrance. Le texte dit litt. « (vous) rétablira, affermira, fortifiera, rendra inébranlables ». Les quatre verbes correspondants sont proches en sens et soulignent de façon frappante comment Dieu prendra soin des siens.

vous rétablira : le verbe grec καταρτίζω katartizô implique l’idée d’arranger, de restaurer, de remettre dans un état normal, par exemple, il « veillera à ce que tout soit de nouveau bien ». Une telle promesse est vraiment appropriée pour des chrétiens qui ont subi des attaques diverses, verbales ou physiques. Bien que certains proposent « vous perfectionnera » (Bible en français courant, Good News Bible) ou « va vous rendre parfaits » (Parole de Vie), l’accent est mis ici sur le rétablissement de la personne.

lui-même est présent en grec et met en relief que c’est Dieu lui-même qui agira en faveur de ceux qui souffrent.

vous affermira est littéralement « vous établir fermement » ou « solidement ». Le verbe στηρίζω stêrizô indique que l’action de Dieu consiste à maintenir les croyants fermes et solides dans la foi. On peut dire « vous rendra fermes ». Certaines langues utiliseront des expressions idiomatiques avec des images comme « enracinés » ou « ancrés ».

vous fortifiera : le verbe grec correspondant ne se trouve qu’ici dans le NT. Il implique l’idée que Dieu peut accorder aux croyants la force nécessaire pour supporter leurs souffrances, et ceci, sans que leur foi soit affaiblie. Voir aussi 5.9. On peut dire « Dieu vous donnera de la force », pris au sens figuré et non pas au sens littéral et physique. Puisque l’accent porte ici sur la force ou la fermeté spirituelle, on pourra aussi dire « fera que vos cœurs » ou « vos esprits soient forts ».

vous rendra inébranlables : en grec, le verbe θεμελιόω themelioô est de même racine que le substantif signifiant la fondation d’un bâtiment. Ainsi la Bible en français courant rend bien l’idée avec « vous établira sur de solides fondations ». Le verbe se réfère donc à l’action de Dieu permettant aux croyants d’être solidement fondés ou enracinés dans la foi en lui. A cet effet, Margot note « Par sa parole prononcée en Jésus-Christ, Dieu pose le fondement que nulle tempête ne saurait ébranler [Matt 7.24-25] » (p. 88). Beaucoup de langues pourront retenir l’image de fondation. Notez que quelques manuscrits anciens omettent ce dernier verbe. Toutefois, il est suffisamment bien attesté dans de nombreux autres manuscrits pour pouvoir être gardé dans la traduction.

Face à ces quatre verbes, les traducteurs peuvent avoir de la peine à trouver quatre équivalents exacts. Dans ce cas ils peuvent combiner les idées, en disant clairement qu’il « fera que vous soyez toujours capables de tout supporter » ou « fera que vous ne soyez pas ébranlés dans votre confiance en Jésus-Christ ». Mais l’insistance de l’auteur est claire, et les traducteurs devraient tout faire pour la communiquer.

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 5.11

La section se termine de façon appropriée par la louange adressée à Dieu.

A lui la domination : le pronom renvoie à Dieu qui est nommé au début du 1 Pierre 5.10. La traduction de la Traduction œcuménique de la Bible suit le grec de très près, c’est-à-dire il n’y a pas de verbe. Mais la majorité des langues auront besoin d’en fournir un, comme la Bible en français courant : « A lui soit la puissance ».

Domination : le terme grec est le même qu’en 1 Pierre 4.11. Il comporte les idées de « force », « pouvoir », « souveraineté » et « puissance » (Bible en français courant, Bible de Jérusalem, La Bible du Semeur, Parole de Vie). La référence à la domination de Dieu signifie que Dieu règne. Si une traduction comme « A lui soit la puissance » n’est pas naturelle, on pourra évoquer un souhait : « Que Dieu règne » ou, s’il n’y a pas d’autres solutions, affirmer « Dieu règne pour toujours ».

pour les siècles ou, d’après plusieurs manuscrits anciens, « pour les siècles des siècles » (Osty-Trinquet), est la même expression qu’en 1 Pierre 4.11. Le sens est « pour toujours » ou « à jamais ». La variante « siècles des siècles » n’est pas retenue dans la version grecque de l’ABU, mais s’ils le désirent, les traducteurs peuvent la mentionner en note.

Le mot Amen est placé dans le NT en général à la fin d’une prière ou de la louange adressée à Dieu. Il évoque le désir que ce qui vient d’être dit puisse être réalisé. Il peut aussi exprimer que l’assurance est vraie et se réalisera. Il peut être rendu par « Il en est ainsi » ou « Qu’il en soit ainsi ». Voir 1 Pierre 4.11.

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 5.12

5.12-14
Conclusion et salutations

L’auteur conclut maintenant sa lettre par quelques salutations. Conformément à une pratique courante à l’époque, il se peut que Pierre ait repris la plume de son secrétaire pour écrire lui-même les derniers mots de cette lettre, bien que cela ne soit pas dit explicitement ici.

Je vous ai écrit ces quelques mots par Silvain : pour la première fois Pierre explique que pour sa lettre, il a eu recours à l’aide d’un de ses compagnons, Silvain qui servait de « secrétaire ». Silvain est la forme latine (Silvanus) de « Silas ». Comme aucun autre personnage de ce nom n’est mentionné dans le reste du NT, il semble que c’est la même personne nommée ailleurs, Silas (Act 15.22-40 ; 18.5 ; 2 Cor 1.19 ; 1 Thess 1.1 ; 2 Thess 1.1.), mais rien dans la lettre ne le confirme.

ces quelques mots est litt. ὀλίγων oligôn, « en peu ». Bien que longue, on pourrait parler de « cette courte lettre » (Bible en français courant, Good News Bible, Contemporary English Version). Les traductions de Darby et de la La Bible du Semeur disent « Je vous ai écrit (assez) brièvement ». Ceci suppose que Pierre aurait pu écrire une lettre beaucoup plus longue !

par Silvain est une tournure ambiguë en grec. Elle peut être interprétée au moins de trois façons différentes :
1. Silvain était le secrétaire qui a mis par écrit ce que Pierre lui dictait.
2. Silvain a rédigé la lettre, en y incorporant les propres idées de Pierre, mais sans que le texte lui en soit dicté.
3. Silvain est chargé de transmettre la lettre que Pierre lui-même a écrite.

Il est difficile de trancher. Quelques traductions choisissent la troisième interprétation en disant, « Je vous envoie cette lettre par Silvain ». Une note de la Bible Osty-Trinquet combine les propositions en disant : « C’est lui [Silvain] qui doit remettre la lettre aux communautés intéressées, après avoir peut-être servi de secrétaire à Pierre ». Mais la plupart des versions optent soit pour la première interprétation, soit pour la seconde, par exemple « Je vous ai écrit… avec l’aide de Silas » (Bible en français courant). « Silvain m’a aidé à écrire cette courte lettre » (Contemporary English Version), « Par Silvain… je vous ai écrit » (La Bible du Semeur), « Je vous écris… par Silas » (Parole de Vie). En effet, cette pratique est bien connue et expliquera pourquoi le grec de cette lettre ne semble pas celui d’un ancien pêcheur. Voir Intro.

que je considère comme un frère fidèle : cette remarque ne veut pas dire que d’autres sous-estiment cette personne. En fait, cette affirmation est destinée à souligner l’estime que Pierre éprouve pour Silvain, de sorte qu’on pourra dire « que je sais être… » ou « dont je suis certain qu’il est… »

un frère fidèle est une traduction littérale, mais frère est employé dans le même sens que celui suggéré par « amour fraternel » en 1 Pierre 1.22 ou 1 Pierre 3.8. Le terme désigne un « frère dans la foi », d’où « frère chrétien » (Good News Bible).

fidèle peut être mis en relation avec Pierre (ainsi « frère en qui je peux avoir confiance ») ou avec Dieu et le Christ (ainsi « un frère dont je suis certain de la foi en Dieu » ou « en Jésus-Christ »). Cependant, il est probable que dans ce contexte l’adjectif fidèle comporte plutôt l’idée de « digne de confiance », ainsi « en qui j’ai confiance » ou « en qui on peut avoir confiance ».

pour vous exhorter : cette exhortation se réfère au contenu de la lettre qui, dans son ensemble, vise à encourager (grec : παρακαλέω parakaleô) les croyants. La Parole de Vie dit « Je vous envoie cette lettre pour vous donner du courage ». La Bible en français courant commence une nouvelle phrase ici : « Je l’ai fait pour vous encourager ». Dans certaines langues, il sera nécessaire de préciser l’objet de cet « encouragement », par exemple, « J’ai désiré vous encourager à persévérer dans la foi ».

et vous attester : le verbe grec ἐπιμαρτυρέω epimartureô signifie « confirmer par un témoignage ». Ainsi « pour vous dire » (Parole de Vie) est trop faible par rapport au grec. Il s’agit de témoigner de la vérité d’un fait ou attester qu’une chose est vraie. Le verbe peut se référer à l’autorité de Pierre en tant qu’apôtre (1 Pierre 1.1) et au fait qu’il est lui-même un témoin des souffrances du Christ (voir 1 Pierre 5.1). On pourra dire « déclarer » ou « affirmer avec force ». Cependant il ne semble pas s’agir de « jurer » comme au tribunal et cette traduction devra être évitée.

que c’est à la véritable grâce de Dieu que vous êtes attachés : voici le contenu de ce qui est attesté. Le texte grec est plus court et dit litt « celle-ci est la véritable grâce de Dieu dans laquelle vous vous tenez ».

La Bible de Jérusalem et l’Osty-Trinquet rendent les premiers mots « que telle est la vraie grâce de Dieu » Le pronom démonstratif « celle-ci » peut évoquer le contenu de l’ensemble de la lettre ou se référer seulement au contenu du 1 Pierre 5.10. Mais du moment que les verbes exhorter et attester sont mis en relation avec toute la lettre, la première interprétation semble plus probable. La note de la Traduction œcuménique de la Bible dit « Ce verset définit le contenu et le but de toute la lettre : encouragement dans la foi et exhortation à tenir bon malgré les épreuves dans la certitude que Dieu réalise son dessein de grâce ».

la véritable grâce de Dieu est une traduction littérale du grec. Le mot grâce peut être compris comme au 1 Pierre 5.10, au sens de l’amour divin immérité. Ainsi tous les actes de Dieu mentionnés au 1 Pierre 5.10 sont des expressions réelles de son amour et de sa bonté. De ce point de vue, la véritable grâce de Dieu peut être rendue par « ce que Dieu a fait pour vous est une preuve véritable de son amour » ou « prouve vraiment sa bonté à votre égard ». Selon une autre interprétation, grâce aurait ici le sens de « don » et l’expression signifierait « toutes vos souffrances et peines sont vraiment un don de Dieu », c’est-à-dire, une manière que Dieu utilise pour bénir les chrétiens. Ainsi la Parole de Vie propose « voilà le vrai don de Dieu ». Mais cette interprétation semble moins probable. Il vaut mieux opter pour la première interprétation en disant, par exemple, « tout ce que je vous ai écrit concerne vraiment la bonté de Dieu ».

En effet l’adjectif ἀληθής alêthês peut aussi être compris de plusieurs manières, soit comme adverbe, par exemple « tout ce que j’ai écrit peut vraiment vous amener à connaître la grande bonté de Dieu », soit comme un adjectif, où l’on parlera de « la vraie grâce de Dieu » (Nouvelle Bible Segond).

C’est dans cette grâce que litt. « vous tenez ferme », ou « à laquelle, en fait, vous êtes attachés ». Le verbe est le même utilisé lorsqu’on décrit quelqu’un qui se tient debout, mais ici le sens est plus fort : « demeurer ferme », etc. Ces mots peuvent constituer un simple constat ou rappel adressé aux lecteurs. Mais la forme du verbe grec est interprétée dans plusieurs versions comme un impératif. Il s’agira alors d’une exhortation : « demeurez-y » (Osty-Trinquet), « tenez-vous-y » (Bible de Jérusalem), « restez attachés à ce don » (Parole de Vie), « Demeurez fermes en elle » (c’est-à-dire, la grâce de Dieu, Good News Bible), « Demeurez fermement dans cette grâce » (Die Gute Nachricht). Il s’agit de « tenir ferme » et de persévérer jusqu’à la fin, quoi qu’il arrive. C’est au moins l’une des interprétations qui peuvent être adoptées.

Mais il y a d’autres interprétations possibles. La préposition grecque εἰς eis a comme premier le sens premier « vers » ou « vers laquelle ». Dans cette lettre, elle est souvent utilisée pour introduire l’idée d’un but ou d’une raison, ainsi « en vue de laquelle demeurez fermes ». Mais Carrez et Morel (p. 81) disent que cette préposition « remplace très souvent en (dans)… » Ainsi elle indiquerait le milieu dans lequel il faut demeurer ferme, comme dans la Nouvelle Bible Segond : « c’est bien dans la vraie grâce de Dieu que vous vous tenez ».

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 5.13

Avant d’achever sa lettre, l’auteur transmet maintenant les salutations de la communauté chrétienne de l’endroit où il se trouve.

La communauté des élus qui est à Babylone est litt. « Celle qui est à Babylone, élue comme vous » (Bible de Jérusalem, Osty-Trinquet). En qualifiant le pronom « celle » d’« élue », Pierre se réfère certainement à une communauté chrétienne (Traduction œcuménique de la Bible, Bible en français courant). La Parole de Vie parle de « L’Église qui est à Babylone ». En 2 Jean 1 et 13, l’Église est désignée sous le titre de « la Dame élue » et de « ta sœur l’élue ». À l’époque, les chrétiens et surtout les auteurs bibliques avaient l’habitude d’employer le féminin pour se référer aux congrégations chrétiennes.

des élus : Dieu est l’agent implicite du passif élue, d’où l’actif « que Dieu a choisie… » (Bible en français courant). Le verbe grec est un verbe composé συνεκλεκτός suneklektos, « choisir ensemble ». Ainsi la Bible en français courant et la Parole de Vie ajoutent « comme vous » : « Dieu l’a choisie comme vous » (Parole de Vie). Pour élue ou « choisie », voir 1 Pierre 1.1 ; 1 Pierre 2.4, 1 Pierre 2.6, 1 Pierre 2.9.

Babylone est le nom d’une ville antique de la Mésopotamie située sur le fleuve Euphrate, mais les opinions divergent quant à son sens symbolique dans ce passage et ailleurs. Depuis les temps anciens jusqu’aujourd’hui, ce nom représente l’exil, comme cela était le cas pour le peuple juif au moment de la rédaction des Psaumes (voir Ps 137.1 ; 17.5 ; 18.2). Le problème qui se pose ici, c’est que dans 1 Pierre, le nom semble neutre ou au moins non négatif. S’il s’agit de Rome, Pierre ne porte aucun préjudice à cette ville, puisque déjà en 1 Pierre 2.13, il exhorte les chrétiens à respecter les autorités là où ils se trouvent. Ainsi il pourrait regrouper tous les chrétiens dispersés à travers le monde (1 Pierre 1.1). La majorité des versions gardent le nom Babylone, mais s’ils le veulent, les traducteurs sont libres d’ajouter une note d’explication qui évoque le sens de l’exil, la référence à Rome ou à tous les endroits où la diaspora chrétien se trouve.

vous salue ou « vous adresse ses salutations » (Bible en français courant). Dans beaucoup de langues, il sera naturel de dire qu’une communauté envoie ses salutations. Si ce n’est pas le cas, on pourra dire « Les croyants (de l’Église qui est) à Babylone vous adressent leurs salutations ».

ainsi que Marc : ce Marc est probablement le « Jean surnommé Marc » d’Act 12.12, qui fut le compagnon de Paul lors de son premier voyage missionnaire (Act 12.25 ; 13.4-13). Celui-ci est mentionné à plusieurs reprises dans les lettres de Paul (Col 4.10 ; 2 Tim 4.11 ; Phm 24). Selon une tradition ancienne remontant à Papias, évêque de Hiérapolis en Phrygie (vers 150 apr. J.-C.) et rapportée environ 150 ans plus tard par l’historien Eusèbe, Marc aurait été le secrétaire de Pierre à Rome et aurait composé l’Évangile qui porte son nom d’après les souvenirs de Pierre.

mon fils indique non pas une relation biologique de père à fils, mais l’affection que Pierre éprouve à l’égard de Marc. Il se peut que la personne appelée mon fils ait été amenée à la foi par l’apôtre. Ainsi pour Paul, Onésime est « devenu mon fils en Jésus-Christ » (Phm. 1.10 Bible en français courant). Dans de nombreuses langues, il est très naturel de dire Marc, mon fils sans que cela suggère que Marc est le propre fils de Pierre. Si ceci pose un problème, on pourra parler de « mon proche compagnon » ou « mon jeune assistant », mais il est préférable de garder, si possible, le terme fils. On pourra aussi parler de celui « qui est comme un fils pour moi » (Contemporary English Version).

Source: Margot, Jean-Claude. La première lettre de Pierre – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

Commentaire sur la traduction de la première lettre de Pierre 5.14

Saluez-vous les uns les autres d’un baiser fraternel : cette salutation chrétienne apparaît sous une forme semblable dans plusieurs des lettres de Paul. Voir Rom 16.16 ; 1 Cor 16.20 ; 2 Cor 13.12 ; 1 Thess 5.26. Beaucoup en déduisent qu’il s’agit d’une formule courante dans les premières églises. Selon les commentateurs, il faut y voir une pratique des chrétiens qui s’embrassaient les uns les autres lors de leurs rencontres communautaires, soit au moment de se quitter, soit lors de la lecture d’une lettre d’un apôtre. Ce geste était le signe de leur communion entre frères et sœurs en Christ, et des liens spirituels profonds qui les attachaient les uns aux autres.

d’un baiser fraternel est littéralement « d’un baiser d’amour ». L’apôtre Paul parle ailleurs d’un « saint baiser » (1 Cor 16.20). Il s’agit d’une salutation courante à l’époque dans les premières communautés chrétiennes. Pour rendre cette expression, les traducteurs devraient considérer leur contexte social et éviter de suggérer un baiser échangé par des amoureux. Dans certaines langues, baiser fraternel (Traduction œcuménique de la Bible, La Bible du Semeur) ou « affectueux » (Bible en français courant, Osty-Trinquet) conviendra mieux. Certains proposent « baiser d’amour fraternel ». Dans certaines cultures, il n’y a pas de terme pour baiser mais plutôt pour « embrasser » dans le sens de « s’étreindre » ou « s’enlacer ». Ce mot pourra être utilisé ici. Une autre solution sera de généraliser en disant, par exemple, « Saluez-vous avec amour les uns les autres en tant que frères et sœurs en Christ », « Saluez-vous les uns les autres affectueusement en amis chrétiens ». Certaines traductions proposent « se serrer la main » mais cette expression risque de déformer l’historicité du texte. Si l’expression choque, il vaut mieux ajouter une note pour expliquer cette coutume ancienne.

Paix à vous tous qui êtes en Christ est la bénédiction qui conclut la lettre. Pour Paix, voir 1 Pierre 1.2. La source de cette paix est Dieu, alors on pourra dire plus explicitement « Que Dieu vous donne la paix, vous tous qui… » ou formuler une prière comme « Je prie pour que vous tous qui appartenez au Christ connaissiez la paix ».

vous tous qui êtes en Christ est litt. « vous tous, ceux en Christ ». Pour en Christ, voir 1 Pierre 3.16. Plusieurs versions préfèrent rendre explicite : « vous tous qui appartenez au Christ » (Bible en français courant), « vous tous qui êtes unis au Christ » (La Bible du Semeur), « vous tous qui êtes unis dans le Christ » (Parole de Vie). Tous les destinataires de la lettre appartiennent au Christ et sont unis à lui. Par conséquent, il faudra veiller dans la traduction à ne pas donner l’impression que parmi ceux qui sont salués, certains n’appartiennent pas au Christ, dans le sens de « tous ceux d’entre vous qui sont unis au Christ ». Cette mention de l’appartenance au Christ apporte une conclusion appropriée à la fin de la lettre, car elle rappelle aux lecteurs que leur nouvelle sphère d’existence se situe dans la relation avec le Christ et qu’elle est déterminée par elle.

Certains manuscrits anciens ajoutent « Amen » à la fin de ce verset, mais cette variante n’est pas bien attestée. La majorité des versions modernes ne la reproduisent pas dans le texte, mais un certain nombre d’entre elles la mentionnent en note (Bible de Jérusalem, Osty-Trinquet, Contemporary English Version).