Commentaire sur la traduction de la lettre aux Romains 8.18

8.18-30

Toute cette section décrit la gloire future du peuple de Dieu. Le Rom 8.18 introduit ce thème. Puis en Rom 8.19, Paul présente trois arguments en faveur de cet espoir. Paul affirme d’abord que la création entière « attend avec impatience » ( Rom 8.19) le moment où elle sera délivrée du mal qui la ravage ( Rom 8.19). Il dit que la création sera transformée lorsque Dieu « révélera ses enfants » ( Rom 8.19). Un second argument en faveur de la gloire à venir, c’est la présence du Saint-Esprit dans la vie du chrétien, cette « première part des dons de Dieu » ( Rom 8.23). Enfin, un troisième argument justifiant cette attente est l’aide du Saint-Esprit lorsque les croyants prient ( Rom 8.26). Tous ces faits fortifient leur espérance. Enfin, Rom 8.28 indique que la gloire promise est conforme au plan éternel de Dieu.

Pour Paul, l’âge ou le temps présent est dominé par la puissance du mal qui se déchaîne, entraînant le péché. Par contre, l’âge à venir est celui où le règne de Dieu sera pleinement révélé et où la puissance du mal sera anéantie. Quand cela arrivera, toute souffrance prendra fin, et les croyants bénéficieront pleinement des bienfaits de la présence divine.

Le sous-titre de la Traduction œcuménique de la Bible (et de la Bible en français courant), La gloire à venir, est abstrait. On pourrait dire plus spécifiquement « Les croyants connaîtront la gloire » ou « La grandeur est promise aux croyants ». Mais le titre de la Parole de Vie est peut-être le plus parlant : « Dieu veut faire participer les êtres humains à sa gloire ».

J’estime en effet : la conjonction grecque γάρ gar sert de transition. Paul ne semble pas apporter une conclusion logique à son argumentation, mais plutôt présenter un nouveau développement théologique à la lumière de sa propre foi et de sa propre espérance. Bien que plusieurs versions rendent la conjonction par en effet, plusieurs versions se contentent de commencer un nouveau paragraphe et omettent celle-ci (Bible en français courant, Parole de Vie).

Pour J’estime, voir Rom 3.28. Le verbe exprime ici une ferme assurance, dont tout doute est absent. C’est pourquoi, dire simplement « Je pense » ou « À mon avis » (Parole de Vie) risquerait d’affaiblir la pensée de Paul. Il vaut mieux dire « Je suis certain » ou « Je suis persuadé ».

les souffrances du temps présent sont sans proportion avec la gloire… : Paul met en opposition plusieurs éléments : souffrances et gloire et temps présent et un futur à venir.

les souffrances est au pluriel en grec et en français, mais dans certaines langues, ce sera au singulier. Plusieurs versions rendent explicite le possessif « nos » (inclusif), en rapport avec le nous de la fin du verset, ainsi, « nos souffrances » (Bible en français courant).

du temps présent rend litt. « le maintenant du moment » : les traducteurs trouveront la façon naturelle de dire cela dans leur langue. La Parole de Vie parle des « souffrances d’aujourd’hui ».

sont sans proportion avec rend l’expression « n’est pas égal avec ». On pourrait suivre la Bible de Jérusalem, « ne sont pas à comparer à », ou la Bible en français courant « ne sont pas comparables ».

la gloire qui doit être révélée en nous : Paul compare les souffrances actuelles des chrétiens avec la gloire qui leur est destinée. Pour gloire, voir Rom 1.23. L’agent sous-entendu du passif être révélée est « Dieu », d’où « que Dieu nous révélera » (Bible en français courant). Dans ce contexte, le verbe révéler suggère quelque chose dont les chrétiens vont faire l’expérience et non pas simplement quelque chose qu’ils verront de leurs yeux. en nous (εἰς ἡμᾶς eis hêmas) peut être compris au sens de « à nous » ou « pour nous », bien qu’à plusieurs reprises dans le NT elle soit l’équivalent de « en ». Ainsi à la fin des temps, Dieu révélera sa gloire « aux siens » ou « en faveur des siens » (ainsi « pour nous », Segond Révisée). La Bible en français courant dit simplement « que Dieu nous révélera ». En revanche, si le sens en nous est retenu, l’accent est mis sur la réalité à laquelle les croyants auront part et qui leur permettra de refléter la gloire de Dieu. Aucun argument décisif ne peut être invoqué à cet égard, et les traducteurs ont la liberté d’opter pour l’une ou l’autre solution. Selon cette dernière interprétation, on pourrait dire « la gloire que Dieu va nous accorder » ou « la gloire dont Dieu va nous faire jouir ».

Dans certaines langues, il sera nécessaire de rendre explicite la comparaison de ces deux éléments, par exemple, « Ce que nous souffrons dans le temps présent et la gloire qui nous sera révélée sont deux choses très différentes et j’estime qu’on ne peut même pas les comparer » ou « Considérons nos souffrances actuelles et la gloire que Dieu va révéler en nous. Je crois fermement que cette gloire dépassera de loin les souffrances que nous subissons aujourd’hui ».

Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

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