Commentaire sur la traduction de la lettre aux Romains 9.13

selon qu’il est écrit : une fois de plus, Paul se réfère à l’Écriture pour appuyer son argumentation. La citation qui suit est tirée de Mal 1.2-3. Pour l’apôtre, cette citation a un poids en soi, et il ne la commente plus. Pour selon qu’il est écrit, voir Rom 1.17. On pourra aussi dire « Comme le déclare l’Écriture » (Bible en français courant) ou « Les Livres Saints le disent » (Parole de Vie).

J’ai aimé Jacob et j’ai haï Ésaü : en grec l’ordre est inverse, litt. « Jacob j’ai aimé, mais Ésaü, j’ai rejeté ». Il s’agit bien sûr des fils de Rébecca par Isaac. Le verbe aimer désigne un amour fort (ἀγαπάω agapaô) et suggère une décision. Le deuxième verbe n’est pas vraiment haïr, mais plutôt repousser, rejeter, (« j’ai repoussé Ésaü », Bible en français courant). Leenhardt (p. 143) dit à cet effet que, pour les auteurs bibliques, « aimer et haïr désignent moins le contraste de l’affection et de l’hostilité, que les attitudes concrètes de celui qui se porte vers quelqu’un et s’occupe de lui, ou qui s’en détourne. En fait, aimer : haïr sont, dans la pensée de Paul, pratiquement synonymes de choisir ou laisser de côté ». Au moins une version en anglais décide de remplacer le discours direct par le discours indirect : « C’est pourquoi l’Écriture dit que le Seigneur a aimé Jacob plus qu’Ésaü » (Contemporary English Version).

Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.