Commentaire sur la traduction de la lettre aux Romains 9.1

9–11.36

Les commentateurs considèrent cette section comme une unité importante au sein de la lettre de Paul aux Romains. Dans la première partie de la lettre ( Rom 1.1– Rom 8.39), Paul montre que le salut a sa source dans la volonté et l’œuvre de Dieu. Et maintenant, dans ce qui suit, il traite de la place d’Israël dans le plan de Dieu, en affirmant que Dieu vise le salut de toute l’humanité. Cette section peut se diviser en trois parties :
Rom 9.1 décrit la liberté de Dieu en ce qui concerne son plan et ses différents choix. Paul met en exergue l’opposition entre la miséricorde de Dieu et l’endurcissement des humains qui rejettent Dieu.
Rom 9.30– Rom 10.21 parle de la liberté et de la responsabilité des êtres humains par rapport au plan de Dieu. Cette section montre comment Israël est resté sourd à l’appel de Dieu, en cherchant à établir sa propre façon de se rendre juste aux yeux de Dieu.
Rom 11.1 révèle comment Dieu réalise son œuvre de salut malgré la révolte humaine.

En conclusion de cette partie de la lettre ( Rom 11.33), Paul loue la grandeur de Dieu.

Dans ce passage Paul traite le mystère de l’action de Dieu dans le cours de l’histoire. Malgré la portée théologique de cette section, le ton reste personnel et même émotionnel (voir Rom 9.2). Paul est lui-même un Juif et reste très attaché à son peuple. Ainsi il pose les questions suivantes : pourquoi les Juifs ont-ils refusé de réagir positivement à la venue et à l’annonce de Jésus-Christ ? Reste-t-il un espoir pour eux ou Dieu les a-t-il définitivement rejetés ?
9.1-18

Cette section se compose de plusieurs sous-sections. En fait, Rom 9.1 et Rom 9.3 constituent chacun une seule phrase. Rom 9.6 se penche sur Israël et l’exemple d’Abraham et Sara. Rom 9.10 parle de Rébecca, Isaac et leurs fils. Enfin Rom 9.14 examine certaines questions concernant la souveraineté de Dieu et sa miséricorde.

Le sous-titre de la Traduction œcuménique de la Bible, Élection et péché d’Israël, peut prêter à confusion. On pourrait alors suivre la Bible en français courant, Dieu et le peuple qu’il a choisi ou parler de « La relation que Dieu a avec son peuple Israël ».

En grec, Rom 9.1 forme une seule phrase. Pour alléger le style, certaines versions coupent le texte d’une manière ou d’une autre. Voir, par exemple, la Traduction œcuménique de la Bible qui met deux points à la fin de ce verset ou la Bible en français courant et la Parole de Vie qui divisent autrement. Paul dit en Rom 9.2 qu’il est triste pour ses frères. Il appelle à un triple témoignage pour prouver qu’il ne ment pas : son union avec le Christ, sa conscience et l’Esprit-Saint.

En Christ je dis la vérité : comme ailleurs En Christ signifie « en union / en communion avec le Christ ». La Bible en français courant et la Parole de Vie préfèrent rendre ces mots par une phrase : « j’appartiens au Christ »/« Je suis uni au Christ ». D’après le texte grec, En Christ semble se rapporter, comme dans la plupart des versions, à je dis la vérité, mais il est possible de le rattacher à je ne mens pas. La Bible en français courant dit « je ne mens pas, car j’appartiens au Christ », et la La Bible du Semeur, « j’en appelle au Christ, je ne mens pas ». Les traducteurs pourront décider où placer cette expression importante.

je dis la vérité, je ne mens pas : comme c’est souvent le cas dans les textes hébreux, deux phrases expriment la même idée. Ici une affirmation positive est suivie d’une ligne synonymique négative. C’est une façon pour Paul de renforcer sa déclaration. La Parole de Vie rend explicite les liens entre ces mots au début du verset : « Je suis uni au Christ, donc, je vais dire la vérité, je ne vais pas mentir ».

par l’Esprit Saint ma conscience m’en rend témoignage : par l’Esprit Saint indique comment la conscience de Paul est éclairée. Bible en français courant dit « ma conscience, guidée par le Saint-Esprit ». On pourrait aussi dire « le Saint-Esprit guide / éclaire ma conscience ». Pour Esprit Saint, voir Rom 1.4.

Pour conscience, voir Rom 2.15. Dans certaines langues, on parlera ici de « mon cœur », « la voix de mon cœur », « mon être le plus profond », « ma pensée », etc.

m’en rend témoignage : ce verbe a plusieurs sens en grec mais ici, il veut dire « dire », « assurer », « déclarer avec certitude ». Plusieurs versions répètent l’idée que « je dis vrai » : « ma conscience, guidée par le Saint-Esprit, témoigne que je dis vrai » (Bible en français courant). La Parole de Vie est simple mais claire : « Ma conscience guidée par l’Esprit Saint me dit aussi que c’est vrai ». En effet, certaines versions ajoutent « aussi » : « L’Esprit Saint guide ma pensée et m’assure aussi que je ne mens pas ».

Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.