On peut rendre ce verset, comme le précédent, sous la forme de deux questions, au lieu d’une seule, ce qui donnerait par exemple « Jésus-Christ les condamnera-t-il ? Jésus-Christ qui est mort et, bien plus, qui est ressuscité, qui est à la droite de Dieu et qui prie pour nous, est-ce lui qui les condamnera ? ».
Qui condamnera ? : dans plusieurs langues, il faut insérer un complément d’objet direct comme dans la Bible en français courant et la Parole de Vie, « Qui peut les condamner ? » Il s’agit des élus de Rom 8.33. La Bible en français courant ajoute le mot « alors » : « Qui peut alors les condamner » qui n’est pas dans le texte grec, mais qui conviendra dans plusieurs langues. En effet, il s’agit d’une conséquence de ce qui vient d’être dit. Dans plusieurs langues, il faudra en expliciter la réponse sous-entendue : « Personne » (Bible en français courant, Parole de Vie). Si la question rhétorique ne convient pas, on pourrait présenter une affirmation, « Personne ne peut nous condamner ». Mais si possible, il est bon de garder le style de Paul.
Le verbe condamnera peut être rendu par « les déclarera coupables ».
« Jésus Christ est mort… » est litt. « Christ Jésus celui étant mort ». Plusieurs versions (Parole de Vie, Bible de Jérusalem, Osty-Trinquet) gardent l’ordre du grec, « Christ Jésus » ; voir Rom 1.1.
est mort rend un participe à l’aoriste, que la Bible en français courant rend par une affirmation forte : « Jésus-Christ est celui qui est mort ».
bien plus il est ressuscité : bien plus rend deux mots en grec, μᾶλλον δὲ mallon de, « plutôt/plus mais ». Les traducteurs devront chercher une manière naturelle dans leur langue pour exprimer cette expression forte. Paul fait exprès de montrer qu’on ne doit pas rester à l’affirmation, Jésus-Christ est mort. Il y a des affirmations importantes à suivre.
il est ressuscité rend une forme verbale passive, que certains explicitent en disant « Dieu l’a ramené à la vie ». Mais le verbe peut aussi être une forme « moyenne », qui indiquerait que Jésus-Christ lui-même est l’agent de l’action, ce qui donnerait « il s’est réveillé de la mort » (Parole de Vie), « il s’est réveillé » (Nouvelle Bible Segond), « c’est lui… qui est revenu à la vie » (LL). Les traducteurs choisiront la traduction qui convient le mieux dans leur langue. Pour ressusciter, voir Rom 4.24.
lui qui est à la droite de Dieu : dans l’AT et le NT, la droite indique la place d’honneur et d’autorité. Dans la majorité des langues, le sens de cette expression sera bien comprise, sinon on devra la rendre explicite d’une manière ou d’une autre, par exemple, « à la place d’honneur ».
et qui intercède pour nous : cette proposition est introduite par la conjonction καί kai, qui introduit un autre qualificatif pour Christ. Dans certaines langues, Il sera préférable de remplacer le pronom relatif par un pronom sujet : « et il prie en notre faveur » (Bible en français courant), « et il prie pour nous » (Parole de Vie). Pour le verbe intercéder, voir Rom 8.27. On pourrait dire, « où il défend notre cause » (Parola del Signore). Dans certaines langues, il faudra rendre explicite qui est « supplié », c’est-à-dire Dieu, comme « le suppliant pour nous ».
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

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