Ce verset continue la pensée de Rom 4.23, mais la Bible en français courant a décidé de commencer une nouvelle phrase ici.
mais pour nous aussi continue la pensée de Paul. Si on décide de commencer une nouvelle phrase, il va falloir reprendre ce qui précède, par exemple « Ces paroles n’ont pas été écrites pour Abraham seulement, mais pour nous aussi ». mais rend la conjonction grecque ἀλλά alla qui exprime un contraste fort. Les traducteurs peuvent aussi faire couler la phrase, mais pour nous aussi, une traduction assez proche du grec.
nous est un nous inclusif, qui inclut Paul et les lecteurs-auditeurs.
nous à qui la foi sera comptée : contrairement à la Traduction œcuménique de la Bible, le mot nous n’apparaît qu’une fois en grec. Le texte dit litt. « à qui il doit être compté ». Traduction œcuménique de la Bible ajoute le mot implicite la foi, mais il est également possible de dire, comme la Bible en français courant, « nous qui devons être considérés comme justes », avec l’allusion à la foi exprimée plus tard dans le verset. On retrouve encore une fois le terme clé compte. Ici, la tournure verbale (« il doit être compté ») semble avoir une nuance eschatologique, c’est-à-dire qu’elle renvoie au jour du Jugement plutôt qu’à une période indéfinie. L’apôtre montre clairement dans ce verset que le même Dieu qui a considéré Abraham comme juste, sera aussi celui qui accueillera les croyants comme justes. Le passif sera comptée ou « qui devons être considérés » (Bible en français courant) pourrait être tourné à l’actif, en disant, par exemple « nous que Dieu reconnaîtra comme justes ».
puisque nous croyons en Celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur : pour l’apôtre, la foi des chrétiens est semblable à celle d’Abraham. Abraham a cru que Dieu pouvait susciter la vie dans le sein de Sara malgré son âge avancé. De leur côté, les chrétiens croient « en Dieu qui a ramené d’entre les morts Jésus » (Bible en français courant). Voir aussi Rom 4.17.
Celui qui a ressuscité… renvoie à Dieu et les traducteurs peuvent le rendre explicite.
Jésus notre Seigneur : notre est inclusif renvoyant à Paul et à ses lecteurs-auditeurs. Pour l’emploi d’un possessif devant Seigneur ou Dieu, voir 1.3a. Pour Seigneur, voir Rom 1.4.
La fin du verset pourrait être rendue par « parce que nous croyons en Dieu qui a fait que Jésus, notre Seigneur, revienne de la mort à la vie » ou « …vive de nouveau ». Pour ressuscité, voir Rom 1.4.
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

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