Ce verset commence en grec par les mots « comme écrit que ». Comme noté ci dessus, certaines versions relient les derniers mots à ceux-ci. Voir la fin de Rom 4.16 et le début du Rom 4.17 en Bible en français courant, Nouvelle Bible Segond, Bible de Jérusalem. Mais d’autres versions commencent une nouvelle phrase ici, en ajoutant des conjonctions de transition : En effet (Traduction œcuménique de la Bible), « Oui ». et Parole de Vie.
Pour il est écrit, voir Rom 1.17. On pourrait dire « comme le dit l’Écriture » (Bible en français courant) ou « Les Livres Saints le disent… » (Parole de Vie).
J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de peuples est une citation de Gen 17.5 : j’ai fait de toi rend un seul verbe en grec τίθημι tithêmi qui veut dire « établir » ou « désigner », ainsi « je t’ai établi » (Bible de Jérusalem).
le père d’un grand nombre de peuples est litt. « père de plusieurs peuples ». Ici le mot père veut dire « ancêtre » (Bible en français courant). Le mot grec traduit par peuples ou « nations » est celui que Paul utilise habituellement pour désigner les non-Juifs (ἔθνος ethnos).
Il est notre père devant celui en qui il a cru, le Dieu qui… est litt. « devant celui en qui il a cru… », une expression qui pose un certain nombre de problèmes. D’abord Dieu parle à Abraham, en disant toi, puis on parle d’Abraham à la troisième personne. Il est bon d’identifier à nouveau Abraham comme le font plusieurs versions (Bible en français courant, Traduction œcuménique de la Bible, Parole de Vie) qui ajoutent avant celui en qui il a cru les mots : Il / Abraham est notre père.
devant celui en qui il a cru : celui renvoie à Dieu, et certaines versions mettent « Celui » (Bible de Jérusalem). il renvoie à Abraham. Certains disent alors « devant Dieu, celui en qui il [Abraham] a cru » (Bible en français courant).
le Dieu qui fait vivre les morts et appelle à l’existence ce qui n’existe pas : Paul décrit maintenant ce Dieu en qui Abraham a cru, en évoquant deux traits de son caractère sous forme de participes présents en grec. Paul attire l’attention vers Dieu, qui est la source de tout pouvoir et de toute vie.
il fait vivre les morts, c’est-à-dire il est capable de relever les morts, rendre la vie ou « donner la vie aux morts » (Bible en français courant, Parole de Vie).
et appelle à l’existence ce qui n’existe pas est litt. « en appelant (les choses) n’existant pas comme existant ». C’est là une affirmation du pouvoir créateur de Dieu. Dans de nombreuses langues, le verbe appeler ne conviendra pas dans ce contexte, mais Paul l’a sûrement employé avec l’idée que Dieu a parlé et ainsi a créé le monde, le jour et la nuit, le soleil et la lune, etc. Si ce verbe n’est pas acceptable dans la langue cible, on pourrait dire qu’il « fait exister ce qui n’existait pas » (Bible en français courant). Bien que cette version utilise un passé « existait », la forme en grec est au présent comme dans Traduction œcuménique de la Bible, Nouvelle Bible Segond, Parole de Vie. La Bible de Jérusalem utilise une expression poétique en disant qu’il « appelle le néant à l’existence ». En rendant le sens, il serait bon, si possible, d’utiliser une expression poétique dans la langue cible. On pourrait dire « il parle et ce qui n’existe/est pas, existe/est ».
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

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