Mais si notre injustice : les premiers mots de ce verset sont identiques à ceux de Rom 3.17. Le mot si introduit une condition réelle, un fait censé être vrai, par exemple, « mais si c’est vrai que… »
injustice : le mot grec figure également en Rom 1.18, Rom 1.29 et Rom 2.8 où il est toujours rendu dans la Traduction œcuménique de la Bible par injustice. Voir surtout Rom 1.18. Mais comme l’indiquent la Bible en français courant et la Parole de Vie, le mot peut être rendu par « mal ». notre injustice peut aussi être rendu par une expression verbale : « si le mal que nous commettons/faisons… »
met en relief rend un verbe qui pourrait être traduit par « démontrer », « mettre en valeur », « fait ressortir » (Bible en français courant), « contribuer à prouver » (La Bible du Semeur), « sert à montrer » (Parole de Vie).
la justice de Dieu : l’expression est la même qu’en Rom 1.17, mais Paul l’utilise ici avec un sens différent. En Rom 1.17, elle renvoie à l’intervention de Dieu qui consiste à rétablir les humains dans une relation juste avec lui. Par contre, ici elle renvoie à une qualité de Dieu, à savoir le fait que Dieu est juste et qu’il agit avec droiture. On pourrait donc dire, comme dans la Parole de Vie, « si le mal que nous faisons sert à montrer que Dieu est juste… »
que dire ? est une traduction littérale du grec qu’on peut traduire par, « qu’allons-nous dire ? » (Bible en français courant), « qu’est-ce qu’il faut faire ? » Néanmoins, il faudra éviter des expressions trop longues. Dans certaines langues, cette question figurera mieux au début de la phrase, « Qu’allons-nous dire, si le mal que nous faisons met en exergue la justice de Dieu ? » Il s’agit d’une question rhétorique, suivie d’une deuxième question du même type. Mais si la formulation du verset est difficile, on pourrait dire, « Il est vrai » ou « certains disent que, si nous faisons le mal, on voit mieux comment Dieu est juste. Mais alors quelle conclusion (pouvons-nous) en tirer ? »
Dieu n’est-il pas injuste en nous frappant de sa colère : la deuxième question rhétorique est plus compliquée car elle comporte deux expressions négatives. La question Dieu n’est-il pas injuste… pourrait être introduite par une formule telle que « Pouvons-nous dire ou affirmer que… »
L’adjectif injuste est de la même racine que le mot injustice du début du verset.
en nous frappant de sa colère ? : le verbe signifie « infliger », « imposer » et les traducteurs utiliseront le verbe qui convient.
Pour colère, voir Rom 1.18. Dans notre contexte, ce mot implique une punition, un châtiment, d’où « parce qu’il nous punit ? » (Bible en français courant), « quand il nous châtie » (La Bible du Semeur).
Je parle selon la logique humaine : litt. « Je parle selon l’humain », une expression similaire à d’autres utilisées par Paul. Voir Rom 6.19, litt. « Je parle en humain » ; 1 Cor 9.8, « Est-ce que je dis ces choses selon l’humain ? » ; Gal 3.15, « je dis selon l’humain ». Paul présente un argument fondé sur une certaine logique humaine qui n’est pas forcément vraie. La Bible en français courant met cette affirmation entre parenthèses : « (Je parle à la manière des hommes) », indiquant qu’il n’est peut-être pas convaincu par ses propres propos, mais les traducteurs doivent faire attention en utilisant les parenthèses car dans certaines langues, celles-ci indiquent que les mots ne sont pas dans le texte, mais constituent une explication ou donnent une autre connotation. Il vaut mieux suivre les autres versions ici.
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

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