Ce verset est aussi marqué par la répétition de la racine venger. La structure ressemble à celle de Rom 12.17 : un ordre négatif est mis en opposition à un ordre positif et l’idée de « rembourser » réapparaît aussi.
Ne vous vengez pas vous-mêmes, mes bien-aimés : dans plusieurs langues, le vocatif bien-aimés à la fin de cette proposition sera plus approprié au début du verset, ainsi : « Mes chers amis, ne vous vengez pas vous-mêmes » (Bible en français courant). Pour bien-aimés, voir Rom 1.7.
Ne vous vengez pas vous-mêmes est litt. « NEG vous-mêmes faisant justice ». Dans plusieurs langues, il y aura une expression idiomatique pour exprimer cette notion. Sinon on pourrait dire « repayer le mal (qu’autrui vous a fait) ».
mais laissez agir la colère de Dieu est litt. « mais laissez place à la colère » (Nouvelle Bible Segond). Mais rend la conjonction ἀλλά alla, l’expression d’un contraste très fort, ce qui mène certaines versions à dire « plutôt ». Plusieurs versions rendent explicite la colère de Dieu (Traduction œcuménique de la Bible, Bible en français courant, La Bible du Semeur, Parole de Vie). Pour colère, voir Rom 1.18.
Pour car il est écrit, voir Rom 1.17.
Dans plusieurs langues, il sera peu naturel de présenter une citation au discours direct d’une double manière : car il est écrit… dit le Seigneur. Ces deux expressions devront alors être combinées, comme le fait la Parole de Vie : « En effet, dans les Livres Saints, le Seigneur Dieu dit : ».
À moi la vengeance, c’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur : il s’agit d’une citation assez libre de Deut 32.35. La traduction suit le grec de très près. À moi renvoie au Seigneur. vengeance est la forme nominale du verbe vu plus haut. Plusieurs versions ont préféré une phrase complète : « C’est moi qui fera justice » (Bible de Jérusalem), « C’est moi qui tirerai vengeance… » (Bible en français courant). Dans certaines langues, on devra expliciter « je me vengerai du mal qui a été commis ». Certains comprennent que c’est Dieu qui tire vengeance du mal fait contre lui, mais il est clair qu’ici Paul pense à la vengeance exercée à cause du mal fait contre les chrétiens. Ceux-ci ne doivent pas se venger mais laisser Dieu les venger à leur place. Certaines versions mettent un point d’exclamation : « À moi la vengeance ! » (Parole de Vie).
c’est moi qui rétribuerai : l’ordre des mots est similaire à ce qui précède. c’est moi (ἐγώ egô) est mis en relief au début de la proposition. Le verbe veut dire « payer en retour » (Bible en français courant, Nouvelle Bible Segond). Le sens est « Je paierai en retour les gens pour le mal qu’ils ont fait subir aux autres » ou « Je ferai souffrir à leur tour les gens qui ont fait souffrir les autres ». Mais comme il s’agit d’un vers poétique, les traducteurs devront essayer d’imiter ce style bref et puissant. Voir aussi « C’est moi qui donnerai à chacun ce qu’il mérite » (Parole de Vie).
dit le Seigneur. Pour Seigneur, voir Rom 1.4.
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

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