5.25-33
A partir du Éph. 5.25, Paul s’adresse aux maris, tout en faisant des digressions concernant Christ et son Église. Jusqu’à trois fois (Éph. 5.25, Éph. 5.28, Éph. 5.33), il insiste sur le fait que le mari doit aimer sa femme. Le modèle pour l’attitude du mari envers sa femme reste toujours les relations entre Christ et son Église. L’amour du mari chrétien pour sa femme devrait être comme l’amour du Christ pour l’Église, un amour qui s’est exprimé dans le sacrifice de soi. Voir Éph. 5.2. Paul base son argumentation sur les Écritures Saintes, et plus particulièrement l’histoire de la création où l’homme et la femme « deviennent une seule chair » (Gen 2.24 Traduction œcuménique de la Bible).
5.25-27 constitue une seule phrase en grec. Il s’agit d’une injonction (5.25a), suivie d’une comparaison (5.25b). Cette dernière est expliquée dans Éph. 5.26 à travers trois propositions subordonnées de but, introduites chacune par la conjonction, ἵνα hina, « afin que ».
Concernant les questions de la terminologie « homme – femme », « époux – épouse », voir plus haut, Éph. 5.22.
Si la directive principale adressée à la femme concerne la soumission, celle adressée au mari concerne l’amour.
Comme ailleurs Maris et femmes sont au pluriel. Voir Éph. 5.22.
aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Église : le nom amour est cité plusieurs fois dans ce livre. Voir Éph. 1.4. Ici il s’agit du verbe de la même racine : ἀγάπη agapê.
comme le Christ a aimé l’Église : le langage est semblable à celui de Éph. 5.2. Voir aussi Gal 2.20. a aimé est une forme à l’aoriste en grec. L’acte d’aimer précède et motive l’acte de se livrer. Dans Éph. 1.4, il est aussi dit que Dieu le Père a choisi ses élus, l’Église, avant la fondation du monde. L’accent est sur les actes éternels de Dieu et du Christ en faveur de ceux qu’ils ont choisis et non sur une chronologie précise. Dans certaines langues, il peut exister deux formes du verbe aimer, l’un pour les relations hommes-femmes, et l’autre pour l’amour de Dieu. Si c’est le cas, les traducteurs utiliseront le verbe qui convient dans chaque contexte.
et s’est livré lui-même pour elle est légèrement différent en grec : « et lui-même s’est livré pour elle » où l’accent est sur la volonté de Christ à se sacrifier pour sauver ceux qui croient en lui. Le verbe se livrer est le même utilisé lorsque le Fils de l’homme « est livré entre les mains des pécheurs » (Matt 26.45). Mais dans ce contexte précis, le sens est plutôt qu’il « a donné sa vie » (Bible en français courant, Parole de Vie), c’est-à-dire qu’il a accepté de mourir pour nous. Il est possible de commencer une nouvelle phrase ici, comme dans la Parole de Vie : « Il a donné sa vie pour elle, afin qu’elle… »
Source: Zogbo, Lynell. La lettre aux Éphésiens – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2011.

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