1.3–3.21
L’enseignement principal
Dans la première partie de sa lettre, Paul présente des enseignements concernant la situation ou le statut de ceux qui appartiennent à Jésus-Christ.
• 1.3-14 est une sorte d’hymne qui loue Dieu pour ses plans merveilleux pour son peuple.
• 1.15-23 constitue une prière de Paul pour les croyants, en insistant sur le grand pouvoir de Dieu.
• 2.1-10 décrit la transition de la mort à la vie pour ceux qui croient en Christ.
• 2.11-22 montre comment Dieu unifie les Juifs et non-Juifs dans un seul peuple.
• 3.1-13 parle du ministère confié à Paul.
• 3.14-21 : la section se termine par une prière de Paul pour les croyants dans la ville d’Éphèse.
1.3-14
Beaucoup de commentateurs voient ici un hymne ou « credo » connu par Paul et la communauté chrétienne. Récité probablement par l’ensemble de la communauté à haute voix, son but est de louer Dieu. C’est l’un des rares passages dans le Nouveau Testament où Dieu le Père, son fils, Jésus Christ, et l’Esprit Saint sont évoqués ensemble.
Dans le grec, Éph. 1.3 représente une seule phrase avec deux interruptions mineures : une vers la fin du verset 10, et l’autre à la fin du verset 12. Si ce style s’avère difficile ou lourd, cette phrase peut être découpée, comme la Traduction œcuménique de la Bible qui reformule en huit phrases, et la Bible en français courant, en douze, reparties dans quatre paragraphes. Comparant la Traduction œcuménique de la Bible et la Bible en français courant, la Bible en français courant présente un texte en prose, tandis que la Traduction œcuménique de la Bible arrange le texte en lignes courtes, tel un poème. Les traducteurs doivent décider quelle est la meilleure forme de présentation dans leur langue. Mais, si possible, il est bon de suivre la présentation en lignes poétiques comme dans la Traduction œcuménique de la Bible pour rendre le style poétique et solennel de ce passage.
La section consiste en une longue expression de louange à Dieu. Dieu est loué pour ce qu’il a fait pour les humains, à travers le Christ. Il s’agit de l’œuvre de salut que Dieu a volontairement choisi d’accomplir, sans l’intervention d’une décision humaine (1.4a, Éph. 1.5,6b, Éph. 1.7). Dieu avait comme but la création d’un peuple saint et sans faute (1.4b). Ce salut est décrit de diverses façons : tantôt comme une prédestination à être les fils adoptifs de Dieu, tantôt comme une rédemption à travers la mort du Christ et le pardon des péchés (Éph. 1.7), tantôt comme un choix divin et personnel de nous tous (Éph. 1.11), tantôt comme la marque du Saint-Esprit qui prouve que nous sommes la possession de Dieu (Éph. 1.13).
Dieu le Père est celui qui sauve (Éph. 1.3). Jésus-Christ est celui à travers qui Dieu le Père sauve son peuple (Éph. 1.3). Le Saint-Esprit est la preuve que le salut s’est réellement effectué dans la vie du croyant (Éph. 1.13) ; il est aussi la garantie que ce salut sera mené à son terme (Éph. 1.14).
L’objectif de Dieu est résumé dans le verset 10b : « réunir l’univers entier sous un seul chef, le Christ ». La conséquence ultime, là où mène le plan divin, c’est que la nouvelle humanité louera la gloire de Dieu (Éph. 1.6, Éph. 1.12, Éph. 1.14).
Dans Éph. 1.13, l’auteur s’adresse directement à ses lecteurs : vous. Dans ce passage, le pronom de la ère personne du pluriel, nous, est employé partout dans son sens inclusif, comprenant l’auteur aussi bien que les lecteurs, qui sont pour la plupart, non-Juifs. L’exception peut être 1.12 « nous qui avons été les premiers à mettre notre espoir dans le Christ » (Bible en français courant ; la Traduction œcuménique de la Bible a ceux) où « nous » peut exclure les lecteurs. Là, le pronom peut être compris soit comme une référence aux Juifs, soit comme une référence aux chrétiens de la première génération (les lecteurs seraient de la deuxième génération).
Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : le texte grec est identique à ce qui se trouve dans 2 Cor 1.3 et 1 Pi 1.3. Les traducteurs devraient s’assurer que les trois textes soient traduits de la même manière.
Béni soit Dieu : en grec le mot béni est un adjectif. Le sens ici est « Dieu est béni » ou « que Dieu soit béni ». La plupart des traductions optent pour ce dernier avec le sens de « Louons Dieu » (Bible en français courant, Parole de Vie). Cette phrase convient surtout dans les langues où c’est Dieu seul qui bénit. Dans beaucoup de langues en Afrique, les êtres humains peuvent se bénir entre eux, mais ne peuvent jamais bénir Dieu. D’autres possibilités sont « Nous louons Dieu » ou même « Nous remercions Dieu » ou « Nous devons remercier Dieu ». Les traducteurs peuvent utiliser ces modèles ou une forme subjonctive, par exemple, « Que nous louions Dieu ». Paul met l’accent sur la notion de bénir ici, citant la racine verbale trois fois ici. Bénir est un terme clé de l’Ancien et du Nouveau Testament.
Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ est littéralement « le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ ». Ceci pourrait signifier que Dieu est en même temps le Dieu et le Père de Jésus Christ. Ainsi certains proposent « à Dieu, qui est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, et en même temps celui qu’il (Jésus) adore », mais cette traduction est lourde et cette interprétation rarement adoptée. Beaucoup de versions rendent le grec comme la Traduction œcuménique de la Bible et la Bible en français courant ici, en présentant une apposition : Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.
Pour Dieu le Père et Seigneur Jésus Christ, voir Éph. 1.1. Dans plusieurs langues, on sera amené à dire, « Béni soit Dieu notre Père et le père de notre Seigneur Jésus-Christ ». Pour la première fois dans cette lettre, le nom Jésus Christ en grec est dans l’ordre bien connu.
Il nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les cieux en Christ : Il se réfère à Dieu, non au Seigneur Jésus-Christ, et le traducteur peut rendre ceci explicite.
nous a bénis : nous est inclusif, car Paul se réfère à lui-même et à ses destinataires. bénis est le même verbe cité ci-dessus, un participe aoriste sans référence à un temps précis. « Il nous bénit » serait une traduction adéquate, caractérisant Dieu comme celui qui bénit, à n’importe quel moment : le passé, le présent ou l’avenir.
de toutes bénédictions spirituelles dans les cieux en Christ : Paul décrit les bénédictions divines comme spirituelles. Le mot en grec est utilisé pour parler de l’esprit d’une personne, mais aussi du Saint Esprit. Ainsi il est difficile de savoir de quoi il s’agit ici. La Parole de Vie parle explicitement des « dons de son Esprit », mais il sera plus correct peut-être d’être plus général : « venant de Dieu ». Il est probable que le mot spirituelles est employé ici en contraste avec ce qui seraient des bienfaits matériels de ce monde. Toute bénédiction peut être rendue par « tout genre de… »
dans les cieux ou « dans le monde céleste » (Bible en français courant), « dans les lieux célestes » (Nouvelle Bible Segond), « aux cieux » (Bible de Jérusalem). L’expression traduite par dans les cieux est particulière à cette lettre aux Éphésiens, où on la retrouve cinq fois : Éph. 1.3, Éph. 1.20 ; Éph. 2.6 ; Éph. 3.10 ; Éph. 6.12. Comme adjectif ici et ailleurs comme nom, (Jean 3.12 ; 1 Cor 15.40 ; Phil 2.10 ; 2 Tim 4.18 ; Hébr 3.1), le mot se réfère à une autre sphère, aux cieux, la résidence de Dieu. Plus tard dans Éph 1.20 le terme indique l’endroit où Jésus-Christ est assis à la droite du Père. A travers cette lettre, il désigne le monde spirituel, hors du temps et hors du monde matériel, c’est l’endroit où ont lieu les événements spirituels dont parle l’auteur ici. Dans ce contexte, l’expression indique l’endroit où les bénédictions sont données ou reçues. Elle semble désigner plus que le ciel par opposition à la terre, et il sera bon d’utiliser une autre expression, par exemple, « là où Dieu se trouve ». Peut-être que l’emploi du pluriel (les cieux) au lieu du singulier est déjà suffisant pour marquer une différence. Sinon, on pourrait trouver une autre expression : « dans le domaine du ciel », « parmi les puissances », « choses du ciel » ou « au monde céleste ».
en Christ se rapporte au verbe béni et non à l’expression dans les cieux. La Bible en français courant rapproche les deux expressions et rend l’idée plus explicite en disant : « Il nous a bénis dans notre union avec le Christ ». L’expression en Christ, tant utilisée dans les lettres de Paul, est généralement comprise comme une référence à l’union du croyant avec le Christ. Voir Éph. 1.1. Ici en Christ a une fonction instrumentale ou causale. On pourrait alors dire : « Parce que nous sommes unis au Christ, Dieu nous a bénis… »
Source: Zogbo, Lynell. La lettre aux Éphésiens – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2011.

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