Commentaire sur la traduction de l'Ecclésiaste 12.7

Qohéleth finit cette section et ce poème par une autre métaphore tirée cette fois-ci du livre de la Genèse. Cette intertextualité peut refléter une dépendance des textes écrits ou des traditions orales.

– avant que la poussière ne retourne à la terre : vers très poétique, Qohéleth parle de l’être humain comme la poussière. Pour avant que, voir Ecc 12.2. En Gen 2.7 Dieu prend עָפָר ʿâfâr, la poussière pour former Adam. En Gen 3.19 Dieu lui dit : « Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras ». Ici au lieu de retourner à la poussière, Qohéleth dit qu’il retourne à la terre, en hébreu : אֶרֶץ ʾârèç.

selon ce qu’elle était ou « comme ce qu’elle était ». L’être humain est pris de la poussière et en mourant retourne à la poussière.

et que le souffle ne retourne à Dieu qui l’avait donné : selon le récit en Genèse, c’est Dieu qui donne רוּחַ roûaḥ, le souffle de vie à l’homme. Donc quand un être humain meurt, son souffle retourne à Dieu. Pour souffle, bien des langues ont un mot spécial pour cette entité qui rentre dans une personne à la naissance et la quitte à la mort. Il s’agit de la force vitale de l’homme.

Le verbe שׁוב šoûv, « revenir », apparaît deux fois dans ce verset. Le même verbe est présent dans le premier poème du livre (Ecc 1.6, Ecc 1.7). Bien qu’ailleurs dans les Écritures Saintes ce verbe décrive le retour du peuple de l’exil, dans ce livre il évoque les cycles sans fin de la nature (Ecc 1.6, Ecc 1.7) et la nature de la vie.

Source: Zogbo, Lynell. L’Ecclésiaste – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.

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