9.6-13
Après ce qu’il vient de dire dans Rom 9.1, Paul va aborder un problème sérieux relatif à la promesse de Dieu. Il est évident que Dieu a accordé des privilèges particuliers au peuple d’Israël, mais si les membres de ce peuple ont rejeté le Christ, est-ce que Dieu va tenir ses promesses à leur égard ? C’est vers cette question que Paul se tourne maintenant.
Rom 9.6 constitue une seule phrase en grec.
Non que la parole de Dieu ait été mise en échec : cette section commence par la conjonction de transition, δέ de. Certaines versions expriment cette conjonction par « pourtant » : « Cela ne signifie pourtant pas que la promesse de Dieu a perdu sa valeur » (Bible en français courant).
la parole de Dieu rend littéralement le grec, mais il ne s’agit probablement pas des Écritures, mais plutôt de « la promesse de Dieu » (Bible en français courant, Parole de Vie). Voir Rom 9.9 qui semble rendre ceci explicite.
Par des mots très forts, non que… Paul écarte l’idée que cette promesse aurait perdu sa valeur. Le début de ce verset non que… pourra présenter quelques difficultés et si c’est le cas, on pourra dire, par exemple, « Mais je ne dis pas que la promesse de Dieu a échoué » ou « fait faillite ». Le verbe grec rendu par mis en échec veut dire « perdre son effet » ou son efficacité. Le même mot est utilisé lorsqu’un bateau échoue. La La Bible du Semeur prend une autre approche en posant une question et en mettant la négation à la fin comme réponse : « La Parole de Dieu aurait-elle échoué ? Non ! ».
en effet, tous ceux qui sont de la postérité d’Israël ne sont pas Israël : Paul révèle sa compréhension profonde du plan de Dieu. Il est clair que le terme Israël est utilisé avec deux sens différents, le premier se référant au peuple juif, ceux qui ont en commun les mêmes ancêtres, et le deuxième, ceux qui sont le « vrai peuple d’Israël » (Bible en français courant, Parole de Vie), c’est-à-dire « le peuple de Dieu ». Une version en anglais propose « Ce ne sont pas tous les descendants d’Israël qui sont le vrai peuple d’Israël » (Revised English Bible).
en effet rend la conjonction γάρ gar, qui introduit une raison (« car », Nouvelle Bible Segond, Bible de Jérusalem) ou exprime une emphase (en effet, Traduction œcuménique de la Bible, Bible en français courant, Parole de Vie). La formulation de ce verset peut poser des problèmes, et les traducteurs sont libres de le reformuler. L’idée est, par exemple, « Je ne dis pas que la promesse de Dieu ne s’est pas réalisée. Ce que Dieu a promis s’est effectivement réalisé ; en effet, le peuple de Dieu inclut plus de personnes que seulement des gens d’Israël ».
Source: Margot, Jean-Claude & Zogbo, Lynell. La lettre aux Romains – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
