Commentaire sur la traduction de l'Ecclésiaste 8.9

Qohéleth semble tirer une conclusion. Il revient à certaines expressions bien connues (tout cela, j’ai vu… tout ce qui se fait sous le soleil), tout en évoquant les thèmes qui ont marqué cette section : le mot עֵת ʿét, « temps » et la racine שׁלט šlṭ, « maître ».

Tout cela renvoie aux différentes observations que Qohéleth a pu faire jusqu’ici. Ces mots sont mis en relief en début de phrase où ils fonctionnent comme complément d’objet direct du verbe voir :
Tout cela, je l’ai vu en portant mon attention
sur tout ce qui se fait sous le soleil.

Pour ces propos, voir Ecc 1.14. Le texte hébreu dit « j’ai vu et j’ai donné mon cœur… » Les traducteurs pourraient utiliser des expressions idiomatiques dans leur langue pour exprimer cette emphase. Par exemple, « j’ai beaucoup réfléchi » (La Bible du Semeur), « J’ai examiné avec soin » (Bible en français courant), ou « j’ai regardé attentivement » (Parole de Vie).

au temps où l’homme a sur l’homme le pouvoir de lui faire du mal : ceci résume ce que Qohéleth observe dans ce monde. Plusieurs termes clés y figurent : le mot temps, la racine שׁלט šlṭ, le mot אָדָם ʾâdâm (2 fois) et le mot רַע râʿ mal. La Parole de Vie rend bien le sens : « C’est un temps où les humains dominent les autres pour leur faire du mal ».

Source: Zogbo, Lynell. L’Ecclésiaste – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.