Voici ce que j’ai vu est litt. « et j’ai vu moi », ce qui peut indiquer dans certaines langues le début d’un nouveau paragraphe ou d’une strophe. Le « moi » emphatique pousse certaines versions à exprimer une emphase : « Bien sûr » (Bible en français courant) ; « C’est vrai » (Parole de Vie). Néanmoins on pourrait rester proche de l’hébreu comme la Nouvelle Bible Segond, « Et moi, j’ai vu ceci : … » Le verbe ne décrit pas un acte physique mais une réflexion. On pourrait dire « j’ai constaté ».
On profite de la sagesse plus que de la sottise est litt. « il y a un profit (יִתְרוֹן yitrôn) pour la sagesse plus que (pour) la stupidité ». Ceci veut dire qu’être sage a des avantages par rapport à la sottise. Autrement dit, agir d’une manière sage profite à une personne par rapport à un comportement insensé. Pour profit, voir Introduction au commentaire de traduction de l’Ecclésiaste et Ecc 1.3. Les traducteurs devraient trouver une manière naturelle dans leur langue pour exprimer une telle comparaison, qui est, d’ailleurs un style préféré de Qohéleth. La Nouvelle Bible Segond dit que « la sagesse l’emporte sur… la folie », la La Bible du Semeur, qu’elle est « plus avantageuse que la déraison », et la Bible en français courant, « préférable à la sottise ». Mais toutes ces traductions perdent le terme clé, יִתְרוֹן yitrôn, « profit ». Si les traducteurs visent une traduction qui garde certaines caractéristiques de l’hébreu, ils pourraient trouver une manière de retenir le mot, en disant, par exemple, « la sagesse profite plus/rend plus de profit/avantage/bénéfice (à quelqu’un) que la sottise ».
La sagesse et la sottise rendent les même mots en hébreu qu’en Ecc 2.12.
comme on profite de la lumière plus que des ténèbres est litt. « comme le profit de la lumière que les ténèbres ». Cette proposition est donc parallèle à la précédente, mais dans beaucoup de langues, il vaudrait mieux inverser celles-ci. Ainsi on pourra dire « tout comme la lumière est plus avantageuse que les ténèbres, la sagesse est plus avantageuse que la folie ». La Parole de Vie dit, par exemple, « la lumière vaut mieux que l’obscurité, ainsi la sagesse vaut mieux que la bêtise ».
lumière… ténèbres (אוֹר ʾôr… חֹשֶׁךְ ḥôšèk) : les traducteurs devraient trouver une paire naturelle dans leur langue, « lumière… obscurité », etc. Dans beaucoup de langues, ces mots auront la même connotation, positive-négative. Dans certaines langues, les ténèbres seront « le noir ». Ces mots évoquent aussi l’opposition entre le jour et la nuit, mais si possible, on restera proche du texte en hébreu.
Source: Zogbo, Lynell. L’Ecclésiaste – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
