Ailleurs dans ce livre le fait de parler beaucoup est associé à un manque de sagesse. Cette caractéristique de l’insensé est soulignée ici.
L’insensé multiplie les paroles : ce propos commence par la conjonction וְ we, que beaucoup de versions omettent. Si cette formulation ne convient pas dans la langue cible, on pourrait dire « L’insensé n’arrête pas de parler » ou « l’insensé parle sans cesse ».
Qohéleth change légèrement de focus pour parler maintenant de אָדָם ʾâdâm, c’est-à-dire, de l’être humain en général. Il revient sur l’idée (Ecc 5.2) que « l’être humain ne sait pas ce qui sera » (Nouvelle Bible Segond). Certaines versions parlent de l’avenir. On pourrait dire que l’homme « ignore/ne sait rien de l’avenir ».
Qohéleth note souvent les limites de l’être humain et de ses connaissances. Il dit souvent que personne ne connaît l’avenir et qu’on ne peut pas savoir ce qui arrivera après la mort. Il termine ce verset avec une question rhétorique, « et ce qui sera après lui, qui racontera à lui ? », c’est-à-dire cet אָדָם ʾâdâm, cet être humain dont il est question ici. Les traducteurs pourraient garder la question, en disant, par exemple, « qui lui indiquera ce qui arrivera après lui ? » (Bible en français courant). Ils pourraient aussi la rendre par une affirmation, par exemple, « Personne ne peut lui révéler ce qui arrivera après lui » (La Bible du Semeur).
Source: Zogbo, Lynell. L’Ecclésiaste – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
