Ce verset continue la phrase commencée dans Éph. 5.25. Comme Éph. 5.26, elle débute par la conjonction ἵνα hina : « a fin qu’il présente à lui-même la glorieuse Église, sans tache, ride ou quelque chose de tel, mais afin qu’elle soit sainte et irréprochable ». Voir aussi Éph. 5.16. La répétition de la conjonction « afin de » se voit dans la Traduction œcuménique de la Bible et la Bible en français courant par la répétition de l’expression Il a voulu.
La Traduction œcuménique de la Bible et la Bible en français courant considèrent 5.26 et Éph. 5.27 comme l’expression de deux objectifs parallèles. Mais il y a d’autres possibilités. 5.27 peut exprimer le but de la purification mentionnée dans Éph. 5.26. C’est dans ce sens que la Bible de Jérusalem propose « afin de la sanctifier en la purifiant par le bain d’eau qu’une parole accompagne ; car il voulait se la présenter à lui-même toute resplendissante ». La Good News Bible suggère la même interprétation : « Il a fait ceci pour consacrer l’Église à Dieu par sa parole, après l’avoir purifiée en la lavant dans l’eau, a fin de se présenter l’Église à lui-même dans toute sa beauté ». Dans cette dernière traduction, Éph. 5.27 décrit l’objectif de la purification.
Il a voulu se la présenter à lui-même splendide : le grec est légèrement différent, parlant ouvertement de l’Église : « afin qu’il présente à lui-même la glorieuse Église ». Pour Il a voulu, voir Éph. 5.26.
se présenter rend un verbe grec avec un sens très large qui dépend du contexte. Il peut vouloir dire « fournir » (Matt 26.53), « (faire) venir » (Marc 4.29) et très souvent, « tenir debout devant » (Marc 14.47 ; Act 1.10). Paul l’utilise souvent dans ses lettres avec le sens de « faire paraître » (Col 1.22) ou présenter devant Dieu (Rom 6.12 ; 12.1). Ici la métaphore du mariage revient, avec la présentation de la mariée à l’époux. Dans ce langage figuré, le Christ est en même temps le mari et le témoin ou le « garçon d’honneur ». Selon les coutumes juives, c’est ce dernier qui présente l’épouse à son mari. Voir, par exemple, 2 Cor 11.2, où Paul présente les chrétiens de Corinthe comme une vierge pure au Christ.
à lui-même : les formes pronominales en grec sont emphatiques : « afin que lui il présente à lui-même ». La Nouvelle Bible Segond comprend le verbe et les pronoms avec le sens : « faire paraître devant lui ».
la désigne l’Église, l’objet des actions du Christ. Dans la majorité des langues, il sera mieux de suivre le grec qui explicite ce mot. Ainsi la Bible en français courant utilise le nom défini, « l’Église ».
splendide rend un adjectif assez rare qui est apparenté au mot « gloire » en grec. Il est utilisé pour décrire des habits (Luc 7.25), des actes (Luc 13.17) ou des gens (1 Cor 4.10). A l’arrière-plan est l’image de la nouvelle mariée. Ainsi la Bible en français courant dit « dans toute sa beauté », et la Bible de Jérusalem, « toute resplendissante ». La Parole de Vie reste près du grec : « pleine de gloire », mais on pourra aussi parler de « la très belle Église ».
sans tache ni ride, ni aucun défaut : la description de l’épouse de Christ, l’Église, continue. Cette proposition commence par un participe présent négatif : « n’ayant ni tache ni ride ni pareilles (choses) ». On imagine la mariée conduite devant son mari au jour du mariage. Comme cela, l’Église est présentée devant le Christ.
sans tache ni ride : le mot tache ne se trouve ailleurs dans le NT que dans 2 Pi 2.13, tandis que le mot ride ne se trouve qu’ici. Les deux termes s’appliquent aux imperfections de la peau. Le mot tache désigne une irruption cutanée, comme l’acné, tandis que les imperfections ou rides, sont normalement un signe de vieillesse et non-désirables. L’épouse, ou l’Église, est belle et jeune. Certaines versions anticipent sur ce qui va suivre pour dire « pure » ici, mais si possible, il vaut mieux garder le vocabulaire décrivant la jeune mariée.
ni aucun défaut est une traduction qui rend explicite le grec « ni aucune autre chose semblable ». Cela veut dire qu’il n’y a « aucune autre imperfection » (Bible en français courant). Certains versions restent près du texte grec : « sans tache ni ride ni rien de tel » (Bible de Jérusalem), « sans tache, ni ride, ni rien de semblable » (Nouvelle Bible Segond). Les traducteurs opteront pour une formulation qui convient mieux dans leur langue.
il a voulu son Église sainte et irréprochable : cette proposition commence en grec par la conjonction forte de contraste introduite par « mais » (ἀλλά alla). Celle-ci est retenue dans la Bible de Jérusalem et la Nouvelle Bible Segond, mais omise dans plusieurs versions. Pourtant elle joue un rôle crucial ici et devrait, si possible, être exprimée. Le texte grec dit littéralement « mais afin qu’elle soit sainte et irréprochable ». En fait, Paul fait une transition entre la jeune mariée à l’Église en utilisant maintenant des mots qui conviennent à cette dernière. Il y a aussi une transition des qualificatifs physiques à des qualités morales.
sainte et irréprochable paraissent ensemble dans Éph. 1.4 pour décrire les intentions de Dieu pour son peuple avant la création du monde. Paul évoque une idée parallèle dans Col 1.22. Non seulement l’épouse est physiquement parfaite, elle est également parfaite du point de vue moral. Elle est sainte ou « pure » (Bible en français courant). Dans certaines langues, on dirait qu’elle est « tout propre ».
irréprochable veut dire « sans reproche » ou « sans défaut » (Nouvelle Bible Segond). Voir Éph. 1.4.
Devant les métaphores assez compliquées, dans certaines langues, il vaudra mieux d’utiliser une comparaison : « se présenter l’Église, qui est comme une épouse toute belle, sans tache ni ride qu’on présente devant son mari ». La Bible en français courant choisit de réarranger le texte, mettant « pure et sans défaut » avant « sans tache ni ride ni aucune autre imperfection ». Les traducteurs devraient présenter le texte d’une manière naturelle dans leur langue.
Source: Zogbo, Lynell. La lettre aux Éphésiens – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2011.
