As-tu raison de te fâcher ? : la question que Dieu pose à Jonas est semblable à celle qu’il pose à Caïn en Gen 4.6 : « À quoi bon te fâcher ? » où la question est introduite par le mot interrogatif « pourquoi ». En Jonas, il s’agit de la racine יטב yṭv « être bien », litt. « est-ce bien… » Le terme réapparaîtra à travers cette partie du livre. Beaucoup de versions préfèrent utiliser d’autres expressions : as-tu raison, « fais-tu bien de… », etc. À l’infinitif en hébreu, le verbe n’est pas marqué pour la deuxième personne au singulier. Mais la phrase se termine par un suffixe pronominal (« à toi »). Ainsi la quasi-totalité des traductions disent : « est-ce bien que tu te fâches ? », « As-tu raison de… » (Bible en français courant), « Te paraît-il bien… », etc.
Pour fâcher, voir Jonas 4.1. Certaines anciennes versions (Septante, Targoum, La Version Syriaque) adoptent une autre interprétation du verbe pour comprendre « faire quelque chose à fond », mais ce sens est peu probable dans ce contexte.
lui dit le SEIGNEUR, litt. « et dit Yahweh ». Ces mots se trouvent en hébreu au début du verset, mais les traducteurs pourront le placer où cela convient dans leur langue. Plusieurs versions rendent plus spécifique le verbe « dire » en hébreu : « lui demanda » (Bible en français courant). Dans la majorité des langues, il faudrait rendre explicite lui (Jonas) qui ne figure pas en hébreu.
Source: Péter-Contesse, René & Zogbo, Lynell. Jonas – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
