Commentaire sur la traduction de Joël 2.9

Ce verset souligne le fait que les soldats de cette « armée » envahissent tout le territoire des Israélites.

La traduction de la Traduction œcuménique de la Bible ne rend pas le beau parallélisme de l’hébreu où chaque vers commence par une expression avec préposition suivie d’une proposition verbale, style qui pourra être facilement imité dans beaucoup de langues :

Sur la ville – ils foncent
Sur le mur – ils courent
Sur les maisons – ils montent
Par les fenêtres – ils entrent
comme des voleurs

Souvent dans la poésie hébraïque, il y a ici une progression du singulier (ville, rempart) au pluriel (maisons, fenêtres). Le parallélisme s’arrête brusquement ici avec la comparaison comme des voleurs, qui représente la fin de cette unité.

Ils traversent la ville : la traduction de la Traduction œcuménique de la Bible ne rend pas bien l’idée du texte hébreu qui évoque la violence de l’attaque. On pourra dire « ils foncent sur la ville » ou « se précipitent sur la ville » (voir La Bible du Semeur). la ville ne représente pas une ville en particulier, mais tout endroit où les Israélites habitent. Pour rendre l’impact émotionnel de ce vers, on pourra personnaliser, en disant « ils foncent sur nos villes ».

courent sur les remparts : ce vers pose problème pour l’interprétation et la traduction. Certaines versions (Traduction œcuménique de la Bible, Bible en français courant) voient ces « soldats » en train de courir sur les murs. En effet, dans les temps bibliques les murs étaient souvent très épais, et l’on pouvait y marcher et y tenir la garde. Par contre, d’autres pensent qu’« ils montent sur les murs de défense » (Parole de Vie). Les traducteurs pourront choisir leur interprétation.

remparts : on pourra dire « les murs de la ville » ou « les murs qui protègent la ville ».

escaladent les maisons : le verbe est « monter » en hébreu, comme au Joël 1.6, mais la majorité des versions comprennent qu’« ils entrent dans les maisons » (Parole de Vie ; voir aussi Bible en français courant, Contemporary English Version).

Par les fenêtres, ils entrent comme des voleurs : la Traduction œcuménique de la Bible suit l’hébreu ici. Dans certaines cultures, les maisons n’ont pas de fenêtres. Dans ce cas, on pourra généraliser et dire « ils passent où ils peuvent pour entrer… » ou « ils passent partout pour entrer ». Dans certaines langues, il faut explicitement dire « ils entrent dans la maison ».

comme des voleurs : cette comparaison en fin de verset est accentuée en hébreu, mais peut apparaître au début de ces vers dans d’autres langues. Certains diront « on dirait des voleurs ».

Source: Aroga Bessong, Dieudonné P.; Somé, Joachim & Zogbo, Lynell. Joël – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2010.