Ce verset constitue un des points culminants du message de Joël. Il contient une structure chiastique qui est souvent utilisée pour mettre l’accent sur une idée particulière. En hébreu le texte dit :
Et vous saurez que
CH1 au milieu de Israël
CH2 moi (אֲנִי ʾanî)
CH2 Et moi (וַאֲנִי waʾanî)
CH1 YAHWEH votre Dieu
Et il n’y a pas encore
Et ils n’auront pas honte mon peuple à jamais.
Le point central de ce verset se trouve alors au milieu du chiasme : « Je serai au milieu d’Israël et je serai le Seigneur votre Dieu ».
Vous saurez que je suis au milieu d’Israël : c’est l’un des points culminants du message de Joël. Ce verset commence par la conjonction « et » qui marque le lien de continuité avec le verset précédent. Certaines versions disent « Et », « Alors » ou « Ainsi ».
Le verbe saurez ici veut dire « reconnaître », « se rendre compte ». Les gens vont reconnaître la présence de Dieu parmi eux. Le verbe savoir est fort en hébreu et ici semble sous-entendre aussi que le peuple aura confiance en Dieu.
Cette idée que Yahweh est au milieu d’Israël touche au fait que le temple est aussi au milieu d’eux, comme à l’époque où le coffre de l’alliance était transportée au milieu d’eux et servait de véritable trône pour Dieu.
Israël désigne le peuple de Juda, mais n’est mentionné par son nom qu’à partir de ce verset. Comme Dieu s’adresse à Israël ici, on peut dire « vous, Israël ». La Bible en français courant et la Parole de Vie rendent ainsi ce vers : « Alors vous comprendrez que je suis présent au milieu de vous, Israélites ». Cela exprime l’idée centrale de ce passage : Dieu recommencera à œuvrer parmi les siens pour les délivrer et les bénir.
Et que je suis le SEIGNEUR, votre Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre : ce vers réaffirme la relation entre Dieu et son peuple. Pour SEIGNEUR et Dieu, voir Introduction, Noms de Dieu.
L’expression hébraïque rendue par et qu’il n’y en a point d’autre peut vouloir dire qu’Israël n’aurait pas d’autre Dieu, même si d’autres nations peuvent en avoir. Mais du temps de Joël, après l’exil, le peuple juif considérait que les autres dieux n’existaient pas vraiment, sinon comme simples créatures de l’imagination humaine. On peut donc comprendre cette expression comme le rejet de l’existence d’autres dieux.
Mon peuple ne connaîtra plus la honte, jamais : ce vers est exactement le même que le dernier du Joël 2.26. Répéter ainsi un vers à la fin d’une section est typiquement le style de Joël (voir Joël 1.19, Joël 1.20 ; Joël 3.21 et Joël 3.17). La strophe s’arrête donc après ce verset, même si Yahweh continue de parler au prochain verset. On pourrait omettre cette répétition dans certaines langues pour raison de style, mais la répétition constitue une insistance qu’il faut exprimer dans la traduction. Dans beaucoup de cultures, les poèmes ou les chants se terminent souvent par ce genre de refrain. On pourra si nécessaire ajouter « je le répète » ou « le Seigneur l’a dit ».
Source: Aroga Bessong, Dieudonné P.; Somé, Joachim & Zogbo, Lynell. Joël – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2010.
