Paul continue sa pensée en qualifiant le mot Évangile du verset précédent. Il dit que c’est pour cette Bonne Nouvelle qu’il accepte de souffrir. Ici Paul révèle sa situation, son état de prisonnier, litt. « enchaîné » ou « lié ». C’est à partir de ce mot qu’il fait une sorte de jeu de mots, qui constitue une déclaration très forte : Mais la parole de Dieu n’est pas enchaînée.
pour lequel : plusieurs versions, dont la Bible en français courant et la Parole de Vie, coupent la phrase en répétant « cette Bonne Nouvelle ». La traduction « pour qui » ou « en qui » renvoie à l’Évangile. Une référence à « Jésus Christ » est grammaticalement possible, mais moins probable dans ce contexte.
je souffre jusqu’à être enchaîné : je souffre reprend le thème annoncé en 2 Tim 2.3, en se servant d’un verbe composé qui signifie littéralement « souffrir-le-mal ». Voir aussi 2 Tim 4.5 et Jacq 5.13.
jusqu’à être enchaîné est littéralement « jusqu’aux chaînes » ou « aux liens ». Comme partout dans le monde, les mains et les pieds des prisonniers étaient souvent liés. Plusieurs versions préfèrent parler d’être enchaîné. La Parole de Vie dit « je suis même attaché avec des chaînes ». La Nouvelle Bible Segond est plus général, parle des « souffrances, même celle d’être prisonnier… » La présence de la préposition jusqu’à exprime jusqu’où ou jusqu’à quel point Paul est prêt à aller pour souffrir pour son Maître. Plusieurs versions françaises introduisent le mot « même » pour exprimer cette idée.
comme un malfaiteur : ces mots complètent l’image. Paul est emprisonné « comme un criminel » (La Bible du Semeur) ou « un bandit » (Parole de Vie). Le mot rendu par malfaiteur, indiquant quelqu’un de condamné par la loi, se trouve aussi en Luc 23.32,33,39 pour nommer les deux bandits qui étaient crucifiés à côté de Jésus.
Mais la parole de Dieu n’est pas enchaînée : le langage figuré prend le dessus ici et met en exergue cette idée importante. Si possible les traducteurs devraient garder ce langage et ces images fortes. La traduction dépendra en partie de la possibilité de la langue cible à supporter la personnification de la parole, décrite comme une personne. Cette proposition est introduite par une conjonction forte, ἀλλά alla, qui, dans beaucoup de langues, sera rendue par Mais…
la parole de Dieu n’est pas enchaînée : au lieu de désigner la Torah ou l’Ancien Testament, ὁ λόγος τοῦ θεοῦ ho logos tou theou, la parole de Dieu, semble dans ce contexte synonyme de « l’Évangile » (2 Tim 2.8). La même expression est employée en 1 Tim 4.5. Voir aussi Rom 9.6. On pourrait parler du « message de Dieu », mais il vaudrait mieux, si possible, rendre le texte tel quel. Voir, par exemple, Bible en français courant, Parole de Vie, Bible de Jérusalem, La Bible du Semeur, Nouvelle Bible Segond.
n’est pas enchaînée : dans les langues qui évitent le passif, on peut dire « on m’a emprisonné, mais on ne peut pas emprisonner la parole de Dieu ».
Source: Zogbo, Lynell & Ellingworth, Paul La deuxième lettre à Timothée – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
