Commentaire sur la traduction de 2 Timothée 1.18

Cette fois-ci Paul offre une deuxième prière ou bénédiction en faveur de cet individu, Onésiphore, que Timothée semble bien connaître : Que le Seigneur lui donne de trouver miséricorde… Certains comprennent ce verset comme une prière pour quelqu’un qui serait déjà mort, mais il est probable qu’Onésiphore soit toujours en vie lors de la rédaction de cette lettre.

Seigneur : dans ce verset ce nom figure deux fois et il est difficile de savoir si les deux références sont les mêmes. Certains proposent que la première renvoie à Jésus, comme c’est souvent le cas dans les écrits de Paul, tandis que la deuxième renverrait à Dieu, exerçant sa fonction de juge au dernier jour. Ainsi la Parole de Vie rend explicite en disant « Que le Seigneur Jésus lui donne de recevoir la bonté de Dieu au jour du jugement ! ». Mais il n’est pas exclu que le premier Seigneur renvoie à Dieu et le deuxième au Seigneur Jésus au jour son apparition. Pour laisser le choix au lecteur, plusieurs versions (Traduction œcuménique de la Bible, Nouvelle Bible Segond, La Bible du Semeur, Bible de Jérusalem) laissent l’ambiguïté et rendent les deux comme le Seigneur.

Le thème de miséricorde domine dans cette section de la lettre (2 Tim 1.2, 2 Tim 1.16). Voir aussi 1 Tim 1.2 et Tite 3.5. On pourrait parler de « compassion » (Nouvelle Bible Segond). La Bible en français courant et la Parole de Vie parlent de la « bonté de Dieu », mais la notion de miséricorde semble plus appropriée dans ce contexte de jugement.

ce Jour-là désigne le temps du jugement dernier. Plusieurs versions le précisent. Voir Parole de Vie, Bible en français courant, La Bible du Semeur. Voir aussi 2 Tim 1.12.

Après cette bénédiction, Paul parle de l’aide apportée par cette personne. Et tous les services qu’il m’a rendus à Éphèse… : est littéralement « et tant à Éphèse il a servi ». Pour Éphèse, voir l’Introduction aux Pastorales et 1 Tim 1.3. Onésiphore semble originaire de cette ville, où sa famille réside.

En grec le verbe « servir » est apparenté au nom « diacre ». La quasi-totalité des versions rendent explicite le pronom me qui est sous-entendu ici.

tu les connais mieux que personne est littéralement « mieux tu connais ». Les traducteurs devraient trouver une façon idiomatique d’exprimer cette idée dans leur langue. La Parole de Vie inverse l’ordre pour dire « Oui, tu sais très bien tous les services qu’il m’a rendus à Éphèse. » Il s’agit du verbe grec γινώσκω ginôskô, « connaître », qui diffère de celui en 2 Tim 1.12, mais avec le même sens.

Source: Zogbo, Lynell & Ellingworth, Paul La deuxième lettre à Timothée – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.