Commentaire sur la traduction de 2 Timothée 1.16

Sans transition, Paul entame une nouvelle pensée, évoquant quelqu’un qui semble de la même région, mais qui ne l’a pas abandonné. Il s’agit d’Onésiphore. Ce verset commence par une bénédiction suivie d’une explication.

Que le Seigneur répande sa miséricorde sur la famille d’Onésiphore : le texte dit litt. « que puisse donner compassion le Seigneur à la maison d’Onésiphore ». Seigneur qui paraît ici et deux fois en 2 Tim 1.18 pourrait renvoyer soit à Dieu le Père, soit au Seigneur Jésus. Mais il est probable que ce soit une référence à Dieu le Père ici. Néanmoins, si possible, les traducteurs devraient garder la référence simple au Seigneur.

Les traducteurs devraient formuler cette remarque comme une prière ou une bénédiction. Pour miséricorde, voir 1 Tim 1.2 ; 2 Tim 1.2. Certains parlent en fait de « bénédiction », par exemple, « Je prie le Seigneur pour qu’il bénisse la famille d’Onésiphore ». D’autres encore disent : « Que le Seigneur montre sa bonté… » (Parole de Vie).

En grec famille est littéralement « maison ». Voir 1 Tim 3.4. Ici le mot désigne tous ceux qui habitaient chez Onésiphore, y compris ses serviteurs ou ses esclaves. Il est à noter que dans ce verset et en 2 Tim 4.19 Paul cite la famille d’Onésiphore, sans mentionner explicitement Onésiphore lui-même. Paul parle de la même manière de la famille d’Étienne en 1 Cor 1.16. Il est possible (mais peu probable) qu’Onésiphore ne soit plus en vie au moment de la rédaction de la lettre,. Voir 2 Tim 1.18 où Paul prie pour cet homme, demandant que Dieu lui fasse miséricorde lors du dernier jugement.

car il m’a souvent réconforté est littéralement « car il m’a souvent rafraîchi ». car rend la conjonction grecque ὅτι hoti. En français les versions disent soit car, soit « en effet ». D’après le grec, on pourrait comprendre « elle (la famille d’Onésiphore) m’a souvent réconforté », mais la majorité des versions disent « il », renvoyant à Onésiphore seul.

Les traducteurs pourront utiliser une expression idiomatique pour l’attitude de bienveillance de cet homme à l’égard de Paul. Le verbe ἀναψύχω anapsuchô ne figure qu’ici dans tout le NT. On pourrait dire réconforter ou « encourager ».

et n’a pas eu honte de mes chaînes : la notion de honte revient pour la troisième fois dans cette partie de la lettre de Paul à Timothée. Voir 2 Tim 1.8, 2 Tim 1.12. Ici Paul loue le comportement d’Onésiphore qui n’a pas honte de l’apôtre qui se trouve en prison.

mes chaînes est littéralement « ma chaîne ». C’est une façon imagée pour Paul de parler de son emprisonnement. Voir aussi Éph 6.20.

Source: Zogbo, Lynell & Ellingworth, Paul La deuxième lettre à Timothée – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.