Commentaire sur la traduction de 1 Timothée 4.8

Dans le verset précédent, Paul parle de s’entrainer dans la foi dans le verset précédent. Ici il continue cette image en comparant l’exercice physique à la vie spirituelle. Il vient à conclure que l’exercice de la piété vaut mieux que l’exercice physique.

L’exercice corporel, en effet, est utile à peu de choses, tandis que la piété, elle, est utile à tout. : la conjonction rendue en effet est γάρ gar, littéralement « car ». Elle lie ce verset à ce qui précède et indique un développement, comme en 1 Tim 2.5.

Le mot exercice est en grec γυμνασία gumnasia, d’où les mots français « gymnase » et « gymnastique ». Il compare cet exercice corporel à l’exercice de la piété. Si l’exercice physique en tant que tel n’est pas connu dans la culture cible, on pourrait parler de l’effort physique, qui comprend le mouvement, l’effort et même la transpiration des membres du corps.

utile à peu de choses semble assez négatif. Ailleurs Paul ne nie pas la valeur de l’exercice physique. Mais ici il compare deux choses dont la deuxième est tellement importante que la première semble inutile. Certaines versions disent alors que l’exercice « ne sert pas à grand-chose » (voir Bible de Jérusalem). Il vaudrait mieux dire peut-être « n’a qu’une certaine valeur » ou « produit des bienfaits limités ».

Le mot utile est le même utilisé dans le jeu de mots dans la lettre de Paul à Philémon où il dit que son esclave Onésime pourra lui être ωφελιμός ôphelimos, utile.

tandis que la piété, elle, est utile à tout. : encore une fois la conjonction δέ de marque un contraste, que certaines rendent par « au contraire » (Bible en français courant, Parole de Vie). On pourrait marquer le contraste par d’autres procédés stylistiques. Ainsi, comme la Traduction œcuménique de la Bible, la La Bible du Semeur utilise un pronom emphatique, en disant « L’attachement à Dieu, lui, est utile à tout… »

Pour piété, voir l’Intro, Termes clé et 1 Tim 4.7. Bien que la Bible en français courant parle ici de « l’attachement à Dieu », le mot semble englober beaucoup de concepts.

utile à tout : contrairement à l’exercice physique, la pratique de la piété est, selon Paul, utile en toutes choses. Le terme revient en 2 Tim 3.16 ; Tite 3.8.

Paul explique pourquoi la piété est utile en disant Ne possède-t-elle pas la promesse de la vie, de la vie présente comme de la vie future ? Les mots en grec sont plus brefs, littéralement « ayant promesse de la vie de maintenant et de l’avenir ». Ces mots offrent une raison, que certains rendent explicite : « parce que », « car » (Bible en français courant, Bible de Jérusalem). Plusieurs versions commencent une nouvelle phrase, tandis que la Nouvelle Bible Segond utilise un deux-points : « la piété est utile à tout : elle a la promesse de la vie… » On pourrait aussi transformer la question de la Traduction œcuménique de la Bible en affirmation forte : « Certainement, elle possède la promesse de la vie… » Le verbe posséder peut être rendu par un mot comme « comprendre », « avoir », « tenir » ou « porter en elle ».

La promesse de la vie est une expression forte qui parle de la conséquence de la piété. L’agent implicite, celui qui fait la promesse, est Dieu. Paul précise de quelle vie il s’agit : la vie présente et la vie future. Les traducteurs devraient réfléchir sur le moyen de communiquer ces idées. Certaines diront « la vie qui est maintenant et celle qui va venir ».

La notion de promesse est fréquente dans les Actes et les épîtres du NT, mais dans les Pastorales il ne figure qu’ici et en 2 Tim 1.1.

Pour vie, voir 1 Tim 1.16.

Source: Zogbo, Lynell & Ellingworth, Paul La première lettre à Timothée – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.