2.11-12
Paul passe maintenant à des instructions précises concernant le culte. Mais pour des raisons qu’on ignore, il change du pluriel « femmes » (1 Tim 2.10) et « hommes » (1 Tim 2.8) au singulier (1 Tim 2.11, 1 Tim 2.12). Néanmoins dans les deux cas, il s’agit de généralisations concernant le comportement dans les assemblées lors des cultes. Les traducteurs devraient utiliser la forme qui convient dans leur langue.
Ce verset est très court en grec, littéralement, « une femme en quiétude qu’elle apprenne en toute soumission ». Le contexte semble l’assemblée, mais le verbe μανθάνω manthanô est utilisé dans plusieurs circonstances dans les Évangiles et dans les écrits de Paul. En Jean 7.15 il semble renvoyer aux études formelles rabbiniques.
Dans la littérature séculaire en grec l’expression ἐν ἡσυχία en hêsuchia est utilisé en deux sens, renvoyant à un silence absolu ou à une attitude paisible. Dans d’autres passages dans le NT, le mot désigne le calme ou la quiétude. Voir Act 22.2 ; 1 Thess 3.12. Bien que plusieurs versions disent en silence (Traduction œcuménique de la Bible, Nouvelle Bible Segond, Bible en français courant), on pourrait dire plutôt « dans une attitude de tranquillité » (Nouvelle Français courant). La traduction de la Parole de Vie, « les femmes doivent rester tranquilles » ne doit pas être suivi car elle ajoute un ton de réprimande et insinue un comportement négatif de leur part.
« qu’elle apprenne » est un impératif que peut être rendu par une forme similaire ou une subjonctive. La Nouvelle Français courant a changé le passif « Il faut que les femmes reçoivent l’instruction en silence » en Bible en français courant à l’actif et dynamique « Qu’elles s’instruisent… dans un attitude de tranquillité ». En effet dans les premières assemblées, les hommes et les femmes étaient séparés comme dans certains synagogues juifs de nos jours. Chez les Juifs, les séances d’instruction dans les synagogues étaient réservées aux hommes et garçons, les femmes n’étant même pas admises ! Certains commentateurs pensent alors qu’au lieu de minimiser le rôle des femmes dans l’assemblée, Paul est en train de l’augmenter, en leur donnant la permission (ou l’ordre) de s’instruire. Certaines versions mettent ces informations au début de la phrase : Pendant l’instruction, « Pendant l’enseignement », mais ceci met l’emphase ailleurs.
en toute soumission : ces mots mènent les biblistes à poser bien des questions vu le rôle considérable des femmes attesté ailleurs dans le NT (Act 18.26 ; Rom 16.1), sans parler de leur place dans l’église d’aujourd’hui. Mais il faudrait se rappeler que le mot ὑποταγή hupotagê en grec a plusieurs nuances de sens de « respect » « obéissance », etc. Bien qu’en 1 Tim 2.12 les femmes ne puissent pas dominer les hommes, ici il y a une certaine ambiguïté, car Paul ne spécifie pas à qui soumission est due.
Source: Zogbo, Lynell & Ellingworth, Paul La première lettre à Timothée – Manuel de traduction – Commentaire linguistique et exégétique de la Bible. Alliance biblique universelle, 2021.
